En Ille-et-Vilaine, près de Rennes, les archéologues explorent un domaine rural gallo-romain. Le site sera ouvert au public le dimanche 17 septembre 2017 à l'occasion des Journées européennes du Patrimoine.

Dernière modification
14 septembre 2017

À Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine), en amont de l’aménagement des ZAC Atalante ViaSilva et Les Pierrins, une prescription de l’État (Drac Bretagne) conduit une équipe de l’Inrap à réaliser une fouille sur une surface de près de 7 hectares.
Cette intervention, démarrée le 26 juin 2017, a actuellement permis de mettre au jour une partie d’un vaste domaine rural gallo-romain, de type villa, ainsi qu’une portion du fossé ceinturant une motte castrale du Moyen Âge. Ces occupations anciennes s’inscrivent dans un espace traversé par un faisceau de voies, depuis la ville antique de Rennes et desservant Avranches, Jublains et Angers.
L’emprise de la fouille permet d’étudier la quasi-intégralité du domaine foncier antique et son insertion dans son environnement naturel. Ces découvertes contribueront ainsi à la compréhension de l’organisation des campagnes à l’époque gallo-romaine et leur mutation durant la période médiévale.

Un domaine aux portes de Condate

Distante d’environ 3 km du centre de la cité antique de Rennes (Condate), la villa de Cesson-Sévigné est installée sur un plateau en rive droite de la vallée de la Vilaine. Cette position géographique et topographique remarquable est le fruit d’un choix d’implantation permettant ainsi au maître des lieux de mettre en valeur l’ensemble des composantes de son domaine. Celui-ci est constitué d’une partie résidentielle (pars urbana) comprenant la maison du maître. Établie sur le replat du plateau, elle domine la partie économique de l’exploitation (pars rustica) qui se développe dans le versant sur près de 6 hectares. C’est ce secteur qui est actuellement fouillé par les archéologues ; le bâtiment résidentiel fera quant à lui l’objet d’une seconde phase de fouilles.  
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            À l’ouest, le domaine est délimité par une voie romaine, d’orientation nord-sud.  La fouille en a révélé les vestiges sur près de 400 m. Bordée par deux fossés parallèles, cette voie de près de 10 m de large se métamorphose au gré de la topographie et prend la forme d’un chemin creux puis d’une chaussée empierrée.
Au nord, une autre voie, orientée est-ouest, se greffe à cet axe et se projette à l’est vers la partie résidentielle. Les bâtiments de la villa s’alignent le long de ces deux chemins et permettent d’en révéler les activités principales. Ainsi, à leur intersection, les empreintes de poteaux de bois aujourd’hui disparus, restituent le plan d’un grand bâtiment, probablement une écurie de près de 100 m² avec une cour et un puits. D’autres bâtiments sont implantés le long de la voie nord-sud. Construits sur poteaux plantés, il s’agit sans doute des logements du personnel de la villa et/ou de locaux techniques en lien avec l’exploitation du domaine.

La partie thermale du domaine

La proximité de la ville permet de supposer que cette villa servait de résidence principale à une riche famille de notables de la cité. La richesse du domaine transparaît à travers ses équipements et notamment un bâtiment correspondant à un probable ensemble balnéaire. Déconnecté de la maison du maître, cette construction est installée dans un versant en contrebas, à proximité de la voie.
Ses vestiges, révélés par la fouille,  correspondent aux fondations d’un ensemble de 7 pièces couvrant une surface de 180 m². Leur architecture est soignée (chaînage de briques dans les angles des murs, joints tirés au fer), et certains aménagements, caractéristiques des bains antiques, permettent d’en déterminer la fonction. Le bain dans l’Antiquité repose sur le principe de l’alternance des espaces chauds et froids et sur la gradation de chaleur dans les salles chauffées. Les pièces découvertes illustrent pour certaines d’entre elles ce principe : la partie sud de l’édifice correspond aux salles chauffées par le sol comprenant la baignoire d’eau chaude, la partie nord aux espaces non chauffés et au bassin d’eau froide. La fonction de la partie est, dont l’étude n’est pas à ce jour achevée, reste à déterminer. Il pourrait s’agir du vestiaire et/ou vestibule. Les matériaux collectés durant la fouille et l’état de conservation de certaines pièces permettent d’apprécier la décoration intérieure des pièces où devaient prédominer les tons noir et blancs.
A partir du IVe siècle de notre ère, l’édifice est progressivement abandonné puis démantelé. La seconde phase de la fouille, qui concernera la partie résidentielle du domaine, devrait permettre de préciser la datation de tous ces ensembles et de mettre en liaison leurs évolutions successives.
 

Affiche JPO Cesson-Sévigné - JEP 2017
 

Ouverture exceptionnelle du chantier à l’occasion des Journées européennes du Patrimoine


Dimanche 17 septembre 2017, le chantier sera exceptionnellement ouvert au public. Les archéologues se mobilisent pour proposer des visites commentées ainsi que des ateliers tous publics.
Une visite en LSF (Langue des signes française) sera proposée à 15 h.
Dimanche 17 septembre, de 10 h 30 à 18 h. Gratuit.
Accès par l’avenue des Champs Blancs puis direction Le Verger.
Renseignements : 02 23 36 00 40