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Mis à jour le
23 juin 2016
Colloque
Archéologie du judaïsme en France et en Europe

Colloque international organisé par le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme et l'Inrap
Auditorium du Musée d'art et d'histoire du judaïsme, Paris, les 14 et 15 janvier 2010

 

Archéologie du judaïsme en France et en Europe par Thierry Massat, Inrap

En 1997, une fouille menée au coeur d'Orléans a permis l'étude d'un dépôt stratigraphique de 8 mètres d'épaisseur qui témoigne d'une utilisation privilégiée de l'espace depuis le Ier siècle avant notre ère jusqu'au XIIIe siècle. Les dernières observations archéologiques réalisées dans ce secteur en 1741 avaient mis en évidence des éléments appartenant au centre monumental de la ville gallo-romaine. Ce centre, qui pourrait tirer son origine d'un lieu de rassemblement gaulois, est à l'origine de la cathédrale actuelle. Dans le secteur fouillé les bâtiments romains sont désertés dans le courant du Ve siècle. Un regain d'activité intervient dans la seconde moitié du VIIe ou la première du VIIIe siècle. Il s'agit très certainement des restes des chantiers de construction de l'abbaye Sancta Maria Puellaris, mentionnée pour la première fois en 800 et située en face de la fouille. Un bâtiment de caractère monumental, est construit à la fin du VIIIe ou au début du IXe siècle. Il pourrait appartenir à l'abbaye voisine renommée Notre-Dame de Bonne-Nouvelle à la fin du IXe siècle. Il subit d'importantes réfections aux Xe et XIe siècles. Le site se trouve alors dans l'emprise de « la petite juiverie d'Orléans » attestée au XIIe siècle. Si la synagogue et « le puits de la circoncision » sont bien localisés, de part et d'autre de la parcelle étudiée, l'emplacement des étuves et de deux écoles talmudiques qui seront confisquées lors de l'expulsion de 1182 est inconnu. L'étude en cours de la faune rejetée dans les dépotoirs témoigne de la chute de la consommation du porc à partir du XIe siècle. Ce phénomène trahit un interdit alimentaire lié à la présence de la communauté juive dans ce quartier. On peut alors s'interroger sur l'identification de ce bâtiment. S'agit-il d'une des écoles talmudiques ? Plus largement on s'interrogera sur le parcours qui a conduit à l'installation de la communauté juive d'Orléans sur des terrains appartenant au chapitre de la cathédrale et hérités du domaine public antique.
 
Thierry Massat est archéologue à l'Inrap au centre d'Orléans. Après avoir conduit des opérations de fouilles à Tours et Chartres, il s'est spécialisé dans l'étude d'Orléans et plus spécifiquement sur le phénomène urbain.

Quelques références:
• T. Massat, A. Notter, La communauté juive aux IXe-XIe siècles, Lumières de l'an mil en Orléanais, Autour du millénaire d'Abbon de Fleury, musée des Beaux-Arts d'Orléans, 16 avril-11juillet 2004.
• T. Massat, Sondage dans le centre monumental d'Orléans antique : au n° 191, rue de Bourgogne, Revue archéologique du Loiret, n° 27, 2002.


 

Durée :
22'17''
Année :
2010