Les archéologues ont mis au jour 84 sépultures du début du Moyen Âge (Ve-VIIe siècles) qui succèdent à une occupation antique dont il subsiste quelques maçonneries et niveaux de remblais.

Chronique de site
Dernière modification
12 septembre 2017

Avant la construction d’une maison individuelle à Muron, en Charente-Maritime, à une dizaine de mètres au sud de l’église actuelle, un diagnostic archéologique prescrit par les services de l’ÉEtat (Drac Nouvelle-Aquitaine, service régional de l'Archéologie) a permis de mettre au jour, dès 2016, des sépultures en sarcophage et en pleine terre ainsi que des maçonneries. Ces résultats ont entraîné la réalisation d’une fouille préventive, menée par une équipe d’archéologues et d’anthropologues de l’Inrap du 27 février au 5 mai 2017, sur une petite parcelle de 350 m2.

84 sépultures dont 42 sarcophages au mobilier riche et abondant

Datées pour la plupart de la période mérovingienne, ces inhumations sont simples ou multiples, c’est-à-dire que deux à trois squelettes peuvent être réduits ou superposés dans une même sépulture.

Le mobilier accompagnant certains défunts se trouve le plus souvent dans les inhumations en sarcophage et se compose majoritairement de bagues et d’épingles. Retrouvées au niveau de la tête, ces dernières accompagnent des sujets adultes féminins et participent à un système de coiffe ou de coiffure qui pourrait marquer un statut personnel particulier, probablement marital. Certaines sépultures livrent des objets de parure en or ou en argent ainsi que des fragments de tissus et de fils d’or, fixés dans l’oxydation des objets métalliques d’accompagnement ou reposant directement sur le squelette, pouvant attester un statut social élevé. L’ensemble de ces informations viennent confirmer la richesse du patrimoine archéologique de Muron, déjà révélée à l’occasion de précédentes interventions.

Aux siècles suivants ce secteur semble perdre son statut funéraire. Les nouveaux indices d’occupation se traduisent alors simplement par la présence, dans la partie orientale de la zone étudiée, de creusements dont certains peuvent correspondre à de l’extraction de matériaux.

Les derniers signes d’occupation se matérialisent enfin par des maçonneries massives et une grande carrière d’extraction dont l’utilisation se situe entre la fin du Moyen Âge et le XIXe siècle.

Une opération conjuguant nouvelles méthodes et partage d’expériences

Une méthodologie spécifique pour l’ouverture et les relevés des sépultures a été mise en place durant cette opération (élingage minutieux des couvercles et de certaines cuves de sarcophage suivant un protocole particulier) pour garantir et conjuguer rapidité d’exécution et sécurité. Concernant la topographie, des relevés orthophotographiques et photogrammétriques 3D systématiques de toutes les sépultures et de certaines structures archéologiques ont été effectués, permettant une restitution précise et dynamique des résultats.
Cette opération a également été l’occasion d’accueillir des membres du service médico-légal du CHU de Poitiers qui ont ainsi pu approfondir leurs connaissances dans le domaine de la fouille des sépultures.
À la fin de l’intervention, sept sarcophages (cuve et couvercle) ont été conservés et confiés à la mairie de Muron, après accord du service régional de l’Archéologie.

Aménagement : Privé
Contrôle scientifique : Service régional de l’Archéologie – Drac Nouvelle-Aquitaine
Recherche archéologique : Inrap
Responsable scientifique : David Martins, Inrap