La construction de l'autoroute A88, reliant les villes de Caen, Falaise et Sées, fut une occasion unique de fouiller, sur 45 km, l'un des secteurs archéologiques les plus sensibles de la « plaine de Caen ». Parmi les sites découverts, une minière de silex néolithique.
 

Dernière modification
19 février 2016


Sur l'un des secteurs archéologiques les plus sensibles de Basse-Normandie, qu'il est convenu d'appeler « la plaine de Caen », 12 sites ont été fouillés, qui témoignent de la densité et de la variété des occupations : une enceinte néolithique, une nécropole et des habitats de l'âge du Fer, une villa gallo-romaine, un sanctuaire et un habitat du haut Moyen Âge... et, à la fin de l'année 2007, une minière de silex néolithique.

Les fouilles de l'autoroute A88
 

La minière de silex néolithique de Ri

Dès les années 50, la minière de silex, située sur la petite commune de Ri, dans l'Orne, entre Argentan et Falaise, fut reconnue grâce à des prospections au sol. Plus d'un millier d'ébauches de hache avait ainsi été découvert. Le site, estimé à une trentaine d'hectares, tomba ensuite dans l'oubli. Les fouilles de l'autoroute A88 ont permis à une équipe de l'Inrap de le redécouvrir et d'en fouiller 2 hectares.

Environ 650 puits d'extractions du silex ont été fouillés. Au sud, le silex affleure sous la terre végétale et les fosses sont peu profondes. Plus au nord, les puits, de deux mètres de diamètre, s'enfoncent jusqu'à <?XML:NAMESPACE PREFIX = ST1 />2 m et présentent des galeries rayonnantes. Dans cette zone, les puits se rejoignent fréquemment et témoignent de l'intense exploitation du site.
Les puits les plus vastes, au nord, peuvent atteindre une profondeur de 4 à 6 m. L'un d'entre eux dessert deux niveaux de galeries superposés.

Creusés par des hommes du Néolithique, ces puits permettaient d'extraire des blocs de silex de très bonne qualité, dont la taille pouvait s'effectuer à proximité pour produire des haches. Cet outil, emblématique des populations d'agriculteurs, servaient au défrichement des forêts et au travail du bois.

A l'intérieur des puits et des galeries, les archéologues ont découvert les objets utilisés par les hommes du Néolithique pour creuser : les bois de cerf, plus de 400, servaient de pioche ou de levier. Dans les secteurs où le calcaire était plus dur, des outils en silex pouvaient aussi être utilisés. Sept tonnes de matériel lithique a ainsi été mis à jour.

Ces puits constituent l'une des grandes originalités du Néolithique bas-normand. À la fois lieu d'exploitation et de taille du silex, la minière de Ri témoigne d'une activité intensive dont il n'existe jusqu'alors pas d'équivalent dans l'Ouest de la France. Il est probable qu'un vaste système d'échange a permis une large diffusion des haches fabriquées vers les populations du massif armoricain dépourvu de ce type de matériau.