A Peipin, Alpes de Haute-Provence, suite à des sondages mécaniques d’évaluation réalisés en février 2003, une fouille préventive a concerné deux zones sur l’emplacement d’un futur lotissement de 45 000 m2.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Le terrain concerné est un pré en faible pente au piémont de la montagne de Lure, situé en bordure immédiate du village de Peipin, en contrebas, et au sud de l’oppidum des Plaines fouillé en 1953  et daté à l’époque du premier âge du Fer.


L'Inrap a dégagé et fouillé une batterie de foyers à galets chauffés, dits, par analogie ethnographique, fours polynésiens, composée d’une vingtaine de structures de différentes dimensions. Huit grands foyers d’environ 2 m sur 1,20 m sont creusés en fosse avec des bûches (Chêne ?), carbonisées au fond, recouvertes d’un lit de galets puis d’un limon d’abandon. Une datation 14C a donné une fourchette de datation de -540 à -395 av. J.-C., soit dans la fin du premier âge du Fer. Ils étaient accompagnés d’une douzaine de foyers beaucoup plus petits, creusés en cuvette et contenant surtout du bois carbonisé.
La fonction de ces foyers reste discutée, bien qu'ils semblent avoir servi à cuire ou à fumer de la viande. Cette zone de 700 m2, bien circonscrite dans l’espace, est éloignée de zones d’habitat, certainement en raison des fumées dégagées par la combustion.
Plus haut dans la pente, une zone de fréquentation préhistorique avec des fosses, un niveau de sol, de la céramique néolithique et des traces de débitage de silex a été retrouvée. Une datation 14C est en cours. Dans la même aire que les structures néolithiques, au milieu d’une zone d’habitat très arasée datable de l’âge du Fer (lambeau de sol, quelques fosses), six tombes formées de fosses empierrées et disposées en un cercle de 10 m de diamètre ont été fouillées. Chaque tombe est creusée dans une fosse profonde de 30 à 40 cm ; l’individu est inhumé en décubitus dorsal, habillé, car des éléments de vêtements (fibules, épingles) ou de parure (colliers) ont été retrouvés. On recouvrait le corps d’abord par des planches (présence de clous et décomposition du corps en espace libre) puis la fosse était totalement comblée par des pierres qui semblaient déborder de l’arase de la tombe, certaines pierres, plus grosses, pouvant constituer une forme de signalisation.
Par contre, aucune trace n’a pu être trouvée d’un quelconque enclos, cercle, ou tumulus. La datation dans le premier âge du Fer est confirmée par un gobelet en céramique grise monochrome posé en offrande.
Élément surprenant : cinq individus étaient des jeunes adultes, le sixième, un enfant. Cette sélection est totalement atypique. L’interprétation de ce « tri » est délicate : trace d’un massacre rituel ? ou plutôt, événement violent ayant entraîné la mort de guerriers ?