Le site préhistorique de Raspide a été découvert lors du diagnostic archéologique réalisé pour l’aménagement d’une ZAC sur la commune de Blagnac. 

Chronique de site
Dernière modification
09 août 2017

La fouille, réalisée sur une surface de 2 000 m², a permis de récolter 800 pièces lithiques correspondant à une occupation très ancienne pouvant dater d’environ 200 000 ans avant notre ère. 

Outils en pierre

Les nombreux vestiges en pierre taillée ont été retrouvés piégés par les sédiments à proximité d’une ancienne rivière sur environ 1 mètre d’épaisseur. Toutefois, l’érosion naturelle a endommagé le site en éparpillant les objets, aussi la fouille a-t-elle été menée avec une pelle mécanique par décapages fins et successifs. De cette manière, 802 pièces ont été récoltées, principalement en quartzite, mais aussi en schiste et en lydienne.

Une seule pièce est en silex. Les tailleurs ont en effet utilisé les galets abondants dans les rivières à proximité de leur habitat, car les gîtes à silex n’existent pas localement. La fouille a livré toute la panoplie du tailleur, avec des percuteurs (le petit galet qui sert à frapper le deuxième galet), des gros blocs qui ont pu servir de réserve en fonction des besoins et de nombreux déchets de taille.
 

Deux méthodes de taille

Tout comme sur le site de La Rominguière, les artisans préhistoriques ont taillé les galets de deux manières différentes. Ils ont soit extrait d’un galet des éclats qu’ils ont ensuite retouchés pour fabriquer des outils diversifiés, soit ils ont réduit et modifié la forme et le volume du galet en enlevant aussi des éclats, mais jusqu’à obtenir la forme souhaitée : ce sont les bifaces et unifaces. Tous ces outils ont pu servir à découper la viande, la peau ou travailler le bois.
 

Occupation ancienne

L’occupation n’a pas pu être datée précisément par des méthodes modernes, mais le style des outils, en particulier la présence des bifaces, et son emplacement géologique permettent d’attribuer le site de Raspide 2 à une période ancienne de la Préhistoire, allant de 300 000 à 100 000 ans avant notre ère. Elle correspond aux prémices de l’homme de Neandertal et se situe chronologiquement entre le site de La Rominguière et de Bel-Soleil. Elle témoigne donc d’une occupation datant de la transition, encore mal connue, entre les porteurs de la culture acheuléenne et ceux de la culture moustérienne. Elle est attribuable à l’Acheuléen supérieur.