Couvrant près de 210 hectares sur les communes de Blagnac et Beauzelle, la ZAC Andromède a été l’objet, dès la fin de l’année 2002, de recherches archéologiques préventives

Dernière modification
22 novembre 2016

La dernière campagne de diagnostic, réalisée en 2005, est à l’origine d’une fouille de grande envergure qui s’est déroulée de juillet 2008 à juin 2009 sur une superficie globale de près de 10 hectares. Cette opération a permis la mise au jour d'importants vestiges attribuables à différentes périodes d'occupation humaine, du Néolithique au Moyen Âge.

Habitat et sépultures du Néolithique

Les premières traces d’occupation sont datées du Néolithique et correspondent à plus de 400 aménagements en creux, pour l’essentiel des fours à galets chauffés aux formes et dimensions diverses, ainsi qu’un puits à eau chasséen et quelques fosses-dépotoirs riches en mobilier archéologique. Ces vestiges ne montrent pas d’organisation évidente et sont disséminés sur deux secteurs, l’un couvrant plus de trois hectares, l’autre environ 5 000 m². Leur périodisation reste difficile à établir, mais les premiers éléments permettent de signaler une fréquentation des lieux, peut-être saisonnière, sur au moins un millénaire, du milieu du Ve au milieu du IVe millénaire avant notre ère.

La découverte la plus spectaculaire est celle d’une petite aire funéraire regroupant six sépultures datées du début du IVe millénaire avant notre ère. Installée à l’écart des zones d’habitats, cette nécropole se trouve en bordure de la terrasse qui surplombe la basse plaine de la Garonne. Dans les tombes, le défunt est toujours inhumé en position fœtale et accompagné d’objets déposés en offrandes. Chaque tombe était vraisemblablement recouverte, à l’origine, d’un petit tertre de pierre et de terre qui assurait sa protection et sa signalisation.

Une occupation de la fin du premier âge du Fer

Une petite occupation que l’on peut situer vers la fin du premier âge du Fer (fin du VIe - début du Ve siècle avant notre ère) semble correspondre à une ferme isolée. Elle est caractérisée par des traces d’au moins deux bâtiments construits sur poteaux, par des fosses-dépotoirs et par deux imposants silos. Ceux-ci ont livré une grande quantité de céramiques, parmi lesquelles a été identifié un fragment de vase tourné issu de productions ibéro-languedociennes. Autre découverte remarquable, celle d’enduits peints, vestiges rarissimes à cette période.

Des exploitations agricoles gauloise et antique

À partir du IIe siècle avant notre ère, une occupation gauloise se manifeste sous la forme de deux vastes enclos fossoyés. Ce schéma, classique pour la Gaule durant cette période, correspond à celui de grandes exploitations agricoles et de leurs dépendances (champs, enclos à bétail, zones d'habitat...). 

L'enclos principal, abritant probablement la résidence du propriétaire, est un quadrilatère d'environ 115 mètres de long sur 80 mètres de large, ceinturé par un imposant fossé. L’accès et le franchissement se faisaient par une grande porte dotée d'un édifice spécifique. Le remplissage du fossé a livré de nombreux objets de la vie quotidienne des occupants (céramiques, amphores, fragments de statuaire, mobilier métallique…). Certains aménagements internes ont également été retrouvés : puits à eau, trous de poteaux, fours et foyers domestiques…

À cette occupation, qui s’achève au Ier siècle avant notre ère, succède une présence antique continue jusqu’au IIe siècle de notre ère. Les vestiges de cette période sont plus disparates et restent essentiellement de nature agricole (fossés parcellaires, traces de chemin, fosses, bâtiments sur solins de galets...), avec, également, la découverte d’une petite aire funéraire composée de tombes à incinérations.
 

Un cimetière et une aire d’ensilage médiévaux

Le site de la ZAC Andromède a également livré des vestiges de l’époque médiévale. La période du VIIIe au XIIe siècle est particulièrement bien représentée par deux ensembles vraisemblablement liés à un habitat qui reste à découvrir : une aire de stockage de céréales comprenant une cinquantaine de silos, et un cimetière regroupant quarante-sept tombes « anthropomorphes » d’individus de tout âge.