Une villa gallo-romaine à Belles-Forêts, Moselle.

Chronique de site
Dernière modification
10 mai 2016

Le site du Haut de Chauffour est localisé sur un relief culminant à 261 m qui constitue l'un des nombreux « sommets » émaillant la ligne de crête qui sépare les deux grands bassins de la Seille et de la Sarre. Sa fouille a permis la mise au jour des vestiges fortement érodés d'une petite villa gallo-romaine dont la durée d'occupation fut courte.

Implantation et développement de la villa

Le site est fondé par une population gallo-romaine à partir de la fin du Ier siècle de notre ère. Elle aménage son environnement afin de répondre à des préoccupations domestique et agropastorale.
De 90 à 150 de notre ère, la première phase d'occupation correspond à la mise en place d'un enclos fossoyé et à l'aménagement d'un puits.
Entre 150 et 180, plusieurs bâtiments maçonnés sont construits. Leur occupation est attestée jusqu'en 200.
Orientée face à la pente selon un axe ouest-est, la construction principale, de 40 m de long, présente un plan à galeries et pavillons d'angle peu courant dans la région (il est plus habituel en Gaule Belgique, soit la Belgique et le Luxembourg actuels). Le pavillon occidental est doté d'un système de chauffage par hypocauste. La surface intérieure pouvant être aménagée représente environ 172 m2.
Deux autres constructions maçonnées constituent une cave et un probable fumoir. Un système fossoyé permettant le drainage du terrain, une vaste dépression ayant pu servir de bassin, un petit four à chaux et quatre puits complètent les aménagements. Le nombre élevé de puits, dont le comblement naturel a été rapide, pourrait révéler une difficulté d'accès à l'eau. 

Pars urbana

L'ensemble de ces constructions correspond à la partie résidentielle (pars urbana) d'une villa gallo-romaine et à une occupation essentiellement domestique.
La fouille n'a, en revanche, pas révélé d'indices directs concernant la pratique agricole, si ce n'est la présence d'animaux et leur consommation, ni mis en évidence une activité artisanale.
Les nombreux vestiges de céramique, outre une datation fine des phases d'occupation du site, ont permis d'éclairer la diffusion des productions issues des ateliers de Sarre-Union. Une part significative des céramiques de Belles-Forêts semble en provenir. 

Abandon et récupération

Le début du IIIe est marqué par un abandon général du site, avant une réoccupation sommaire dans la seconde moitié du IVe siècle. Celle-ci a eu, semble-t-il, pour but de démanteler et récupérer ce qu'il restait des bâtiments. 

Une cave carolingienne

Il faut attendre le Xe siècle pour qu'une nouvelle occupation se distingue sous la forme d'une cave. Cette dernière a livré peu de vestiges, exception faite de bois carbonisés, révélateurs d'un incendie. Ces bois se sont révélés de très bons dateurs chronologiques. La cave était peut-être surmontée d'un bâtiment, mais son comblement, qui ne contenait que très peu de matériaux de construction, ne permet pas de l'affirmer.

Enora Billaudeau