Archéologie, pillage et restitution

Publié le vendredi 25 septembre 2009 · Mis à jour le vendredi 25 septembre 2009
par George O. Abungu, Okello Abungu, Heritage Consultants, Kenya

Fouiller en quête de trésors doit avoir été une pratique courante depuis que les êtres humains ont donné de la valeur aux objets ; les pyramides d'Égypte, les tombes d'Aksoum, de nombreux sites des deux Amériques ont révélé des traces de pillages qui ont probable-ment eu lieu peu après le dépôt des objets dérobés.
L'archéologie moderne vise à développer la connaissance de nous-mêmes fondée sur l'étude de ces mêmes objets qui ont de tout temps attiré les voleurs.
L'archéologie est une discipline scientifique consacrée à l'étude du passé à partir de l'analyse des artefacts, des structures et du développement humain. Déterminer l'âge et la provenance des objets contribue sans doute à leur donner une valeur ajoutée, de sorte que les sites et les trouvailles archéologiques suscitent la convoitise des pilleurs, des trafiquants d'antiquités, voire des communautés autochtones du voisinage.
La destruction des sites archéologiques, le commerce de la culture matérielle, les vols dans des lieux publics comme les musées, les sites, les églises, les monastères, etc. vont croissant. Le trafic des antiquités a atteint un niveau tel de complexité sur une échelle mondiale qu'il rivalise, paraît-il, avec celui des drogues.
De pays aussi divers que le Cambodge, la Grèce ou le Nigeria s'élèvent des appels à l'aide en raison des déprédations subies par notre héritage culturel.
Chaque année, les pillages font disparaître des centaines de sites, situés pour certains dans des zones de conflit ou d'extrême pauvreté. Ceci en dépit du fait qu'en 1970, l'une des premières conventions de l'Unesco, visant à «interdire et à prévenir l'importation, l'exportation et le commerce illicites de la propriété culturelle », avait précisément pour objectif d'éliminer cette menace.
George Abungu abordera la destruction et le pillage mondialisés dont il donnera des exemples récents. L'Afrique et à l'Asie en sont les principales victimes. Une comparaison sera faite avec les cas exemplaires d'Europe où, il y a de nombreuses années, ont eu lieu des vols à grande échelle, suivis à présent de revendications publiques de restitution. Il abordera également la question de la restitution, avec ses implications en vue d'un changement de relations entre «propriétaires» du patrimoine - local ou national, musées nationaux ou communautés —, et les tensions et les contentieux qui lui sont associés.
George H. Okello Abungu a étudié l'archéologie à Cambridge. Il a occupé le poste de directeur général des musées nationaux du Kenya. Entre autres organismes, il est le fondateur de Chairman of Africa 2009, iscotia et du Programme for Museum Development in Africa. En mai 2005, G. Abungu a été reçu en tant que Guest Scholar par le Getty Conservation Institute de Los Angeles pour y formuler des stratégies en faveur du développement durable et de la bonne utilisation du patrimoine intangible de l'Afrique. Président du Kenya Cultural Center, il est aussi le directeur général de Okello Abungu Heritage Consultants. Outre ses travaux en faveur de la préservation du patrimoine culturel africain, G. Abungu est l'auteur de nombreux ouvrages traitant d'archéologie, de gestion du patrimoine, de muséologie, et de culture et développement.
 
Il a publié notamment:
Kenya's Heritage : the history and archeology of the Kenyan coast, en collaboration avec H. Mutoro et L. Abungu, Academic Literature, 2002;
Survey and examination of sites and monuments along the Kenyan South coast, en collaboration avec L. Abungu et J. Katana, Academic Literature, 2002;
– The destruction of archaeological Heritage: examples from Kenya and Somalia. Trade in Illicit Antiquities : the Destruction of the World archaeological Heritage, sous la direction de Neil Brodie, Jenny Doole et Colin Renfrew, McDonald Institute for Archaeological Research, University of Cambridge, 2001 ;
– City states of the East African coast and their maritime contacts. In: Transformations in Africa, sous la direction de G. Connah, Leceister University Press, 1998;
– Saving the past in East Africa: Saving Mobassa and Lamu old towns, en collaboration avec L. Abungu. Horizons, 4, National Museums of Kenya, 1998;
– Saving the past in Kenya: urban and monument conservation, en collaboration avec L. Abungu, African Archeological Review, Plennum Press, New York, 1998;
– Museums, archeology and the public. In: Museums and Archeology in West Africa, Smithsonian Institution Press, Washington, 1997 ;
Urban and monuments conservation: rethinking the way we protect our Heritage, en colla-boration avec L. Abungu, Horizons, National Museums of Kenya, 1997.

PODCAST ARCHÉOLOGIE

Inrap : podcast video colloque 2006 “L'avenir du passé – Modernité de l'archéologie“