Plusieurs campagnes de fouilles et de relevés de bâti se sont succédé de 2003 à 2007 dans le sol de la Vieille Église de Saint-Raphaël (Var).

Dernière modification
10 mai 2016

Elles ont pris la suite des premiers sondages réalisés par Michel Piskorz dans les années 1990. Le projet de restauration de l'architecte des Monuments Historiques, Francesco Flavigny, s'est appuyé sur la réalisation de la fouille complète du sol-sol de l'église et propose une présentation des vestiges antérieurs à l'église actuelle, dans une crypte archéologique.


La fouille du sous-sol a révélé l'existence de plusieurs édifices successifs, antérieurs à l'église romane. À un bâtiment antique de forme rectangulaire, bordé au sud par un portique, s'est superposé un édifice plus complexe comprenant une annexe au nord et un appendice en forme d'abside à l'est. Rien ne nous permet d'identifier avec certitude ses constructions élevées entre le Ier et le Ve siècle. La première église clairement identifiée, à chevet quadrangulaire, est datée du VIe siècle grâce aux 14C effectués sur les tombes sous tuiles présentes dans la nef. Elle rejoint ainsi le petit corpus des premières églises rurales provençales des Ve-VIe siècle.
 
Au cours des VIIe et VIIIe siècle, des tombes sous lauses se sont installées à l'extérieur du sanctuaire. Une abside semi-circulaire a ensuite été reconstruite au IXe ou Xe siècle sur les bases du chevet antérieur. Elle est conservée sur plus de deux mètres de hauteur et entoure une exceptionnelle base d'autel maçonnée. Le chevet carolingien, plusieurs fois voué à disparaître, a finalement été conservé au centre de la crypte du XIe siècle, sous le sol des églises romanes, avant d'être noyé sous deux mètres de remblais modernes fouillés ces dernières années.
 
À la fin du XIe siècle, une église à trois nefs, qui englobe toutes les constructions antérieures, est restée inachevée. Les cryptes déployées autour de l'abside carolingienne sont toujours visibles. Du XIIe siècle date la construction du chevet supérieur visible actuellement et de la couverture de la travée centrale. Le vaste chevet dut s'adapter ensuite à la nef plus étroite du XIe siècle, encore conservée. L'église romane ne comporta finalement qu'une seule travée.
L'histoire de l'église et de sa relation au territoire alentour commence à se percevoir au XIe siècle. Le territoire porte déjà le nom de l'église dédiée à l'archange Raphaël. Au cours du XIIe siècle, c'est à l'évêque de Fréjus que revient l'église, précédemment réclamée par l'abbaye de Lérins et les chanoines de Fréjus. L'évêque restera seigneur temporel du lieu jusqu'à la Révolution. Un castrum est mentionné en 1190, qui pourrait faire référence au château que l'évêque fît construire et aux premières maisons d'un village. De ce dernier, resserré autour de l'église, se lisent encore quelques rares vestiges médiévaux, tel que l'organisation concentrique des rues. 

Des éléments de fortifications des XIIIe et XIVe siècles sont encore visibles (tour, mur à archère au nord ouest, vestiges des fortifications du palais épiscopal dans le jardin du musée). C'est au cours des XVIe et XVIIe siècle que l'église prit son aspect actuel (comblement des niveaux inférieurs, construction de la travée occidentale actuelle et du baptistère).
Au milieu du XIXe siècle, le développement du chemin de fer et du tourisme balnéaire naissant transforma le petit bourg médiéval en station thermale florissante. L'église Saint-Raphaël fut alors désaffectée et abandonnée au profit d'une église plus vaste élevée en bord de mer dans les années 1880.
 
L'église et sa crypte archéologique, associées au musée archéologique de la ville de Saint-Raphaël, se visitent et accueillent désormais des expositions archéologiques temporaires.