A Saint-Herblain (Loire-Atlantique), la Zac Ar Mor se développe sur plus de 40 hectares. L'emprise a fait l'objet d'un diagnostic archéologique en 2005. Les 250 sondages réalisés à la pelle mécanique ont révélé des secteurs à forte densité de vestiges, illustrant différentes périodes d'occupation.

Chronique de site
Dernière modification
19 février 2016

Une opération de fouille a donc été programmée durant l'hiver 2005-2006. C'est une équipe d'une quinzaine d'archéologues de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), regroupant plusieurs spécialités, qui a étudié près de 4 hectares de vestiges en périphérie du Zénith.


Un monument funéraire de l'âge du Bronze (1900-1700 av. notre ère)

La période des premiers métallurgistes est illustrée à Saint-Herblain par un empierrement organisé, de forme ovale, composé de blocs de granit dont la disposition en « écailles » révèle une structure en dôme partiellement effondrée. Au centre, un espace vide, rectangulaire et ouvert à l'est, est interprété comme une chambre. La disposition générale de l'ensemble évoque un cairn, monument funéraire qui caractérise la période de l'âge du Bronze.
Dans le paysage, il devait apparaître sous la forme d'un petit monticule circulaire, sans doute recouvert de terre et formant une motte.

La nécropole d'un grand domaine agricole, aux débuts de la Gaule romaine (Ier - IIIe siècles)

Au Ier siècle de notre ère, la ville de Condevicnum (Nantes) est en pleine expansion et le paysage de Saint-Herblain se transforme. Une voie est-ouest, associée à un réseau de fossés parcellaires, structure désormais tout le plateau. Cette organisation planifiée de l'espace rural est sans doute à mettre en relation avec l'implantation d'un grand domaine agricole (villa), tel que celui découvert en 1979 dans le quartier voisin des Preux. Dans ce nouveau paysage est aménagé un enclos trapézoïdal, délimité par quatre fossés, qui intègre à la fois le cairn (déjà vieux de 2000 ans) et un nouvel édifice de plan rectangulaire.
À ce dernier sont associées des fosses, dont une a livré des fragments d'ossements humains brûlés. À ce stade de l'étude, cet ensemble est interprété comme un espace funéraire où était pratiquée l'incinération des défunts. Le bâtiment, dont le plan évoque celui des temples gréco-latins, pourrait ici correspondre à un mausolée destiné à recevoir les cendres d'un notable local, peut-être celles du maître de la villa, et des membres de sa famille. Des fragments de statuettes de Vénus et de déesse-mère, disposés au sommet du cairn, montrent par ailleurs que le monument de l'âge du Bronze était toujours présent dans le paysage et encore utilisé pour des dépôts d'offrandes.

De petits habitats mérovingiens (VIIe siècle)

Alors que le bâtiment principal de la villa des Preux est partiellement occupé par une nécropole à inhumations, de petits habitats sont installés sur la butte des Pellières. On distingue au moins deux constructions semi-enterrées, comblées par les blocs de granit qui constituaient initialement la base des murs. La présence de fragments de meules à bras suggère une vocation domestique. Ces constructions assez frustes sont caractéristiques de la période mérovingienne.

Un grand bâtiment à abside de la fin du Moyen Âge (XIIIe - XVe siècles)

Entre le XIIIe et le XVe siècle, un grand bâtiment sur fondation de pierres est construit près du cairn. Long de 17 mètres, l'édifice est fermé à l'ouest par une abside et à l'est par un mur-pignon ouvrant sur une cour extérieure empierrée. L'ensemble dessine une nef en forme d'ellipse. Contemporaines de cette construction, deux petites fosses disposées au nord sont interprétées comme des tombes d'enfants. À ce jour, la vocation de cet édifice dont les dimensions suggèrent une fonction collective, voire publique, n'est pas établie.