Colloque ATEG VIII : Les villes de l’Antiquité tardive en Gaule : des sites multipolaires ?

Participer - Appel à communication
Propositions jusqu'au 10 février 2023
Bordeaux, Bordeaux (Nouvelle Aquitaine)
Mis à jour le
09 décembre 2022

Le colloque ATEG VIII, qui se tiendra à Bordeaux du 7 au 9 décembre 2023, interrogera le caractère multipolaire des villes de Gaule durant l’Antiquité tardive. Il fait suite à une journée d’étude tenue le 10 juin 2022, qui a permis de cerner les attendus du colloque. Organisé par Vanessa Elizagoyen (Inrap) et Michel Kasprzyk (Inrap).

Informations pratiques

Les propositions de communication ou de poster, sont à présenter sous la forme d’un résumé d’une page, avant le vendredi 10 février 2023, à l’adresse suivante : ateg.association [at] gmail.com

Pour en savoir plus : https://ateg.hypotheses.org/1275


Problématique du colloque

Dans la plupart des cités des provinces des Gaules, la construction d’enceintes entre la fin du IIIe et le début du Ve siècle redessine le tissu urbain. L’historiographie, fondée sur une lecture souvent littérale des textes de la fin de l’époque romaine et du haut Moyen Âge et sur les vestiges parfois impressionnants de ces fortifications, mais aussi de la difficulté d’étudier les niveaux d’occupation de l’Antiquité tardive, en a longtemps fait une limite urbaine. A vrai dire, pour les IVe-VIe siècles, l’image transmise par les sources littéraires est tout d’abord celle d’une ville qui ne change pas « dans l’imaginaire de ses contemporains », dont la description est la plupart du temps réduite à son enceinte et aux édifices chrétiens qui y sont progressivement érigés. Les sources concernant l’espace qui s’étend dans et autour des aires fortifiées sont très limitées et loin de s’accorder avec les découvertes archéologiques. Or les données de terrain récentes révèlent une réalité plus complexe. Si l’on observe dans la plupart des cas une rétraction de l’assiette urbaine à la fin de l’Antiquité et un mitage progressif de l’espace occupé (voir par exemple à Reims, Mathelart, Florent 2016), il semble exister de véritables occupations des IVe-VIe siècles en dehors de l’aire fortifiée comme à Reims, Bordeaux, Metz, Augst, Arles ou Autun. Le phénomène est d’autant plus remarquable à Reims, Bordeaux ou Metz que leurs enceintes tardives sont parmi les plus vastes des provinces gauloises. Parmi les cas évoqués, ces occupations extra-muros présentent régulièrement une vocation artisanale ou économique, ou, comme à Metz, des sites au mobilier particulièrement riche et diversifié témoignant de la présence d’élites.

Ces exemples suggèrent l’existence de villes qui associent, à une aire délimitée par une enceinte, des occupations ou des quartiers extra-muros dont on peut se demander s’il s’agit d’espaces « suburbains » ou « périurbains » ou d’une véritable composante de la ville. L’enceinte ne délimiterait alors qu’un « quartier fortifié » abritant des équipements publics et / ou collectifs, ou encore des occupations domestiques d’une nature différente de celles situées hors les murs, voire les deux. Il semble en tout cas se dégager l’impression de villes au caractère « multipolaire », somme toute similaires à ce qui a récemment été proposé pour certaines agglomérations secondaires des Gaules durant l’Antiquité tardive (Kasprzyk, Monteil 2017) ou des sites urbains de l’aire balkanique (Caricin Grad, Serbie, par exemple : Ivasinevic 2017). Dans le sud de la Gaule, la situation est différente. De nombreuses capitales de cité restent délimitées par une enceinte du Haut-Empire, dans laquelle on observe cependant un « mitage » progressif de l’aire habitée, qui conduit lui aussi à conférer un caractère multipolaire à ces agglomérations (à Aix par exemple : Heijmans 2013).

Outre les questions de terminologie, bien des interrogations demeurent quant à ces occupations situées à l’extérieur de l’espace fortifié : quelles dynamiques transparaissent dans ces noyaux urbains ? Constituent-ils des pendants des quartiers fortifiés ? En sont-ils complémentaires ? Comment s’inscrivent-ils dans le tissu urbain organisé - si ce n’est structuré - par les axes de circulation. Comment le parcellaire antérieur se recompose-t-il ? Des facteurs d’implantation à l’intérieur/à l’extérieur peuvent-ils être discriminés ? La construction de monuments chrétiens est-elle le seul facteur d’apparition de quartiers extra-muros ?

Entre les évolutions générales qui s’opèrent à cette époque en Gaule et en Occident et les réalités locales, une autre question, qui n’est pas des moindres, se pose : est-on en mesure d’introduire suffisamment de finesse dans la restitution des différentes phases topographiques à l’échelle urbaine pour saisir des processus à l’œuvre ? Quelle est la dynamique de ce phénomène : s’observe-t-il durant toute l’Antiquité tardive ou est-il limité à des périodes particulières ?

Ces quelques questions montrent tout l’enjeu de saisir ce qui se joue dans et en dehors de l’enceinte pour aborder la définition ou plutôt la réalité de la ville dans l’Antiquité tardive en Gaule, entre des entités cohérentes qui ont chacune leur propre histoire et un espace urbain qui devient plus multipolaire. Pour y répondre, la nécessité de sortir d’une grille fondée sur les notions d’intra- et extra-muros ne doit toutefois pas occulter les multiples ressorts de la recomposition de l’espace urbain à cette époque. Ils semblent multiples, relevant autant des sphères militaires, juridiques, foncières, démographiques, économiques, religieuses ou politiques, voire des manières de faire, paramètres que la documentation textuelle et archéologique ne permet d’apercevoir que de manière lacunaire.

Comité scientifique

  • Brigitte Boissavit-Camus (Université Paris-Nanterre)
  • Alain Bouet (Université Bordeaux-Montaigne)
  • Simon Esmonde-Cleary (Université de Birmingham)
  • Cédric Grezet (Augusta Raurica, Leiter Ausgrabungen, Monumente & Sammlung)
  • Anne Michel (Université Bordeaux-Montaigne)
  • Martial Monteil (Nantes Université)
  • Dominic Moreau (Université de Lille)
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