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Mis à jour le
18 décembre 2017
Colloque
Le diagnostic comme outil de recherche

Ce deuxième séminaire scientifique et technique s’est tenu à Caen, à l'auditorium du château, les 28 et 29 septembre 2017. Il a été organisé par l'Inrap (David Flotté et Cyril Marcigny) avec le soutien du département du Calvados et de la Mairie de Caen.

Nicolas Garmond, Sidonie Bündgen
Service archéologie du Grand Reims / UMR 8215 et 6249
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Reims et sa périphérie font, depuis de nombreuses années, l’objet d’un suivi archéologique particulier, avec plus de 1800 ha diagnostiqués et 160 ha fouillés (chiffres 2013, SRA Grand Est). Un type de vestige particulier, régulièrement mis au jour lors des opérations de diagnostics, mais aussi incidemment sur des fouilles, focalise ici notre attention : les pièges de chasse (fosses en I-U-V-Y et W). Il n’est pas question de discuter de la fonction, mais bien de l’intérêt de la prise en compte de ces fosses, dès le stade du diagnostic (qui constitue bien souvent la seule opération menée sur ces vestiges).

Le postulat de départ est que les pièges de chasse marquent une présence humaine ancienne (entre le début du Néolithique et la fin de l’Âge du Bronze), dans des aires peu ou pas anthropisées, éloignées des habitats. À priori isolées si l’on reste sur des échelles réduites, ces fosses participent en réalité à des complexes souvent étendus sur plusieurs dizaines d’hectares, l’échelle du diagnostic archéologique étant la plus apte à la compréhension de tels dispositifs.

L’inventaire systématique de ces fosses, dans le bassin moyen de la Vesle, offre des données spatiales intéressantes. Au Néolithique, alors que les habitats sont concentrés très près de la rivière, les indices de présence humaine peuvent être suivis jusqu’à 4 km en retrait, ce sur les deux versants. À la fin de l’Âge du Bronze, l’occupation humaine s’est un peu enfoncée en retrait de la rivière. À l’échelle du territoire, les aires de chasse restent cependant peu ou prou les mêmes qu’au Néolithique, indiquant une colonisation très partielle de la vallée jusqu’à la fin de l’âge du Bronze.

Les quelques études environnementales menées sur ces fosses, notamment malacologiques, offrent des résultats intéressants pour comprendre le cadre général de ces aires de chasse. Contrairement aux idées reçues, il semblerait, là où les études ont été menées, qu’au Néolithique les « aires sauvages », où se trouvent les pièges, en retrait des habitats, soient constituées de prairies ouvertes, peu boisées, ponctuées de mares. À la fin de l’Âge du Bronze, un assèchement et un reboisement de forêts secondaires parfois denses peut être constaté sur ces mêmes aires. Cependant, ces résultats sont encore trop ponctuels, tant du point de vue chronologique que géographique, pour pouvoirs être généralisés à l’ensemble de la vallée sur la période concernée.

Pour conclure, la prise en compte globale des pièges de chasse, essentiellement retrouvés « isolés » lors des diagnostics archéologiques (ou incidemment sur des fouilles), offre des données enrichissant notre compréhension des occupations humaines néolithiques et protohistoriques. Les diagnostics archéologiques constituent en ce cadre des outils d’analyse efficaces pour appréhender les occupations humaines hors habitats, s’ils sont combinés à des études précises et complètes de certains contextes bien datés.

Bibliographie

ACHARD-COROMPT (N.)  dir., RIQUIER (V.) dir. —  Chasse, culte ou artisanat ? Les fosses « à profil en Y-V-W ». Structures énigmatiques et récurrentes du Néolithique aux âges de Métaux en France et alentour : actes de la table ronde de Châlons-en-Champagne, 15-16 nov. 2010. Dijon : Société archéologique de l’Est, 2013. 344 p. (Revue archéologique de l’Est ; suppl. 33). URL : http://journals.openedition.org/rae/7420

GARMOND (Nicolas), BÜNDGEN (Sidonie). — Diagnostics des aires sauvages néolithiques et protohistoriques dans la moyenne vallée de la Vesle (Marne, Grand Est). In : Flotté (David), Marcigny (Cyril).  — Le diagnostic comme outil de recherche : séminaires scientifiques et techniques de l’Inrap. Caen, Musée de Normandie, 28-29 sept. 2017.

Année :
2017
Contact :

nicolas.garmond [at] grandreims.fr
sidonie.bundgen [at] grandreims.fr

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