Échanges

Territoires et échanges au Paléolithique

Pendant tout le Paléolithique, les humains sont chasseurs-cueilleurs : ils exploitent les ressources disponibles de manière saisonnière dans la nature. Suivre des troupeaux d’herbivores, se caler sur les cycles des plantes impose une vie nomade, qui s’inscrit dans des territoires. Les préhistoriens peuvent percevoir dans le temps et dans l’espace ces nomadismes, qui occasionnent des rencontres et rendent possibles des échanges.

L’analyse de certains os, notamment des dents, permet au squelettochronologue de connaître à quel âge a été tué l’animal dont le reste a été retrouvé dans un site archéologique. Il peut même déterminer à quelle saison l’abattage a eu lieu.

L’étendue du territoire est quant à elle perceptible par l’analyse des types de roches utilisées par les hommes préhistoriques : c’est le pétroarchéologue qui détermine l’origine des matières premières. Ce travail peut être assez précis, par exemple lorsque les silex étudiés contiennent de très petits fossiles que l’on ne retrouve que dans certaines régions. La présence de coquillages ou d’os d’animaux marins dans des sites éloignés de la mer pose aussi question.

S’agit-il de ramassages au gré des déplacements saisonniers sur les gîtes ? D’échanges par contacts entre groupes proches ? Il est difficile de savoir comment un silex de la région de Poitiers se retrouve dans les Pyrénées, mais l’analyse de l’utilisation des différentes roches permet de comprendre que chacune a été récoltée pour des propriétés spécifiques.

Se dessine alors un territoire, caractérisé par des déplacements annuels. D’abord réduit au Paléolithique inférieur, il peut s’étendre sur des centaines de kilomètres au Paléolithique supérieur. Au Néolithique, l’agriculture et l’élevage imposent assez vite aux humains de devenir sédentaires. Le territoire annuel des groupes devient plus restreint tandis que la densité de la population augmente ; les réseaux d’échanges s’intensifient, avec des objets qui parcourent parfois des milliers de kilomètres.

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L'identification de la provenance des silex identifiés sur les sites archéologiques permet de reconstituer les territoires des préhistoriques. Ici l'exemple de la provenance de silex de sites du Quercy au Paléolithique moyen (Néandertal) et au Paléolithique supérieur (Homo sapiens). On peut voir les relations entre le Quercy et la Dordogne. L'analyse des saisons a permis en plus de voir que le Quercy était occupé pendant la bonne saison.