Vers une archéologie des plantations

À l’époque de sa colonisation, le territoire réunionnais a été dédié à la production de denrées destinées à l’exportation et à la consommation sur le marché métropolitain. Les aspects matériels et patrimoniaux de cette économie de plantation restent mal connus.

Quelle place pour l’archéologie ?

Que reste-t-il des caféries et des anciennes exploitations vivrières ? Que peut nous apprendre l’étude de ces structures, parfois très étendues, qui pouvaient employer des centaines d’individus ? Ou bien l’étude des exploitations sucrières qui leur succèdent ? Que reste-t-il des engins et des structures de débarquement que manœuvraient les « Noirs du Roi » ? Comment documenter la familiarité des populations, y compris celle des esclaves, avec ces techniques et ces mécaniques, qui fonctionnaient, le plus souvent, par leur travail ? Enfin, que reste-t-il de ces compétences techniciennes qui pénétrèrent de bonne heure la population esclave ? Autant de questions auxquelles l’archéologie serait susceptible d’apporter des réponses…

Un développement progressif

Un développement progressif

Fouille d’un bâtiment de la zone nord, site de Grand Fond, à Saint-Paul

La DRAC, puis l’actuelle DACOI ont eu le mérite, depuis une dizaine d’années, de lancer un certain nombre d’inventaires. Quelques associations se penchent sur des projets de restauration, comme ceux des moulins de Boiscourt (Sainte-Marie) et du Chaudron (Saint-Denis). L’histoire de l’économie de plantation bénéficie désormais d’études historiques et archivistiques sérieuses. En revanche, rares sont les sites ayant fait l’objet d’une prospection ou d’une étude archéologique systématique, mises à part la fouille de Grand-Fond, à Pierrefonds, par l’Inrap, et celle de La Roseraye, à Sainte-Rose.
L’archéologie réunionnaise, comme nous avons pu le voir dans le chapitre précédent, ne se limite plus à la seule exploitation de découvertes fortuites. Mais, en matière d’archéologie industrielle (structures et modes de production), l’île accuse un retard considérable. Tout reste encore à faire : il apparaît donc prématuré d’évaluer les apports de l’archéologie à la connaissance de l’histoire des sociétés et des économies de plantation.

Découvrir le reportage sur la fouille de la sucrerie de Grand Fond à Saint-Paul