La prospérité de la cité gallo-romaine se lit dans l’architecture et les objets du quotidien. Monuments originaux et créations architecturales se développent durant toute la période. Architectes, artistes et ouvriers spécialisés sont probablement venus d'Italie pour former une main-d'œuvre locale.

Mis à jour le
26 février 2016

Les Gallo-Romains adoptent très vite le style de vie romain. L’expression artisanale et artistique se développe naturellement sur la base des modèles italiens, mais s’ouvre également à des créations originales mêlant traditions et influences.
La profusion de biens de prestige, dans des domaines aussi variés que l’architecture et l’art de bâtir, la sculpture, la peinture, et même la confection d’objets du quotidien, induit une diversification des techniques artisanales et artistiques.
L’archéologie découvre sans cesse des objets indiquant que certains « artisans » sont aussi des artistes, des architectes ou des orfèvres de premier plan.
En ville comme à la campagne, le luxe est présent et s’affiche : dans l’espace public, la sphère privée des riches propriétaires ou marchands, mais aussi chez les plus modestes (ouvriers, artisans, journaliers…), ainsi que l’archéologie nous le révèle.

Le théâtre « gallo-romain »

La Gaule romaine a la particularité d'avoir construit des édifices mêlant les caractéristiques du théâtre et celles de l'amphithéâtre. Une soixantaine de ces « théâtres-amphithéâtres » ou « théâtres mixtes » ont été répertoriés à ce jour, en Gaule romaine du nord (comme celui de Lutèce par exemple).

Théâtres et amphithéâtres sont habituellement des monuments distincts : destinés aux comédies, tragédies, mimes et réunions politiques pour les premiers, et aux spectacles violents (combats, exécutions, fauves) pour les seconds. Spécificité du nord et du centre de la Gaule, de nombreux édifices combinent des éléments propres à ces deux types d’ouvrages : une arène de forme elliptique, parfois tronquée, caractéristique de l’amphithéâtre, sur laquelle s’ouvrent des carceres (cages pour fauves et animaux sauvages), jouxte une scène comme on en trouve au théâtre.

Une innovation peut-être liée à un souci d’économie, mais qui illustre avec éclat l’inventivité des Gallo-Romains, et nous renseigne sur la vitalité de leurs pratiques culturelles jusque dans les cités les plus excentrées.

La peinture murale

L’art des peintures murales se manifeste partout en Gaule romaine, dans tous les types de bâtiments : maisons et villae, mais aussi bâtiments publics, temples, thermes et boutiques. Suivant le statut de l’édifice ou la richesse du propriétaire, les décors vont du simple panneau coloré au somptueux décor végétal, en passant par les scènes de personnages, les portraits…

Ces motifs sont l’œuvre de peintres peut-être venus d’Italie pour certains, mais très probablement Gallo-Romains pour la majorité d’entre eux – artisans et artistes formés aux techniques italiques.

Dans les riches maisons gallo-romaines, murs et plafonds sont ornés de décors. Les peintures se répartissent en trois panneaux, du bas vers le haut : la plinthe, le panneau médian et la frise supérieure. Plafonds et voûtes peuvent aussi comporter des frises en stuc pour compléter le décor peint. Les couleurs, vives, sont appliquées selon la technique de la fresque, à savoir sur un enduit de chaux et de sable fin encore humide. La fresque se fixe définitivement en séchant. Les couleurs sont issues de pigments naturels (terres et minéraux) : les terres ocres fournissent une large gamme de jaunes et de rouges, le bois et les os calcinés donnent le noir, et la craie le blanc. Les décors sont tracés sur les murs à l’aide de règles et de fils à plomb.

Si la peinture murale suit l'influence de l’esthétique italienne, les Gallo-Romains n’en créent pas moins des factures et des styles originaux, comme le décor à candélabres.

Revêtir le sol

Les sols des riches demeures et de certains bâtiments publics sont dallés de marbre, de calcaire ou d’autres matériaux souvent venus de très loin. Les pièces d’apparat sont pavées de mosaïques, parfois très simples, bicolores (généralement en noir et blanc) et géométriques. Mais on trouve aussi de grandes compositions en couleur, représentant des scènes mythologiques, de chasse ou de la vie quotidienne, comme celle de Lillebonne en Normandie, qui illustre les différentes étapes de la chasse. Un autre pavement, conservé au Musée d'archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, décrit les activités agricoles et les fêtes saisonnières. Ses différents tableaux s’articulent autour de quatre médaillons centraux où sont personnifiées les saisons : une femme emmitouflée sur un sanglier (hiver), un Amour nu sur un taureau (printemps), un Amour nu sur un lion (été), et un Amour nu sur un tigre (Automne).

De la vaisselle en bronze et en argent trouvée à Reims

En 2009, les fouilles menées à Reims dans le cadre des travaux de construction du tramway ont permis la découverte d’une cave antique qui recelait un ensemble d'argenterie gallo-romaine des IIe-IIIe siècles de notre ère.

Composé de vaisselle de bronze revêtue d'une tôle d'argent, ce « trésor » comprend deux plats ronds dont un à décor perlé, deux plats ovales à marli (bordure) horizontal et décor gravé, une coupe à collerette, un plat rond contenant une coupelle retournée et quatre cuillers d'argent et de bronze. Les vestiges de deux œnochoés (pichet utilisé pour puiser le vin avant de le servir) en bronze, ainsi que des gobelets en terre cuite et de nombreux objets métalliques ont également été retrouvés dans cette même cave.

Une partie du dépôt d'argenterie découvert dans une cave gallo-romaine, IIe-IIIe s. de notre ère, fouille du tramway à Reims (Marne), 2009.  Composé de vaisselle de bronze revêtue d'une tôle d'argent, le dépôt comprend deux plats ronds dont un à décor per