Les Néolithiques fabriquent de nombreux objets. Mais c’est essentiellement la céramique qui permet d’identifier et de situer les diverses cultures liées à cette période, telles le Rubané, localisé dans les plaines de l’Europe centrale et occidentale, ou le Cardial, dans le pourtour méditerranéen.

Mis à jour le
16 février 2016

Les cultures néolithiques expriment leur diversité à travers de nombreux objets : outils en silex, haches polies en pierre, parures, céramiques, etc. Mais, loin d’être un simple objet utilitaire, c’est avant tout la céramique qui nous renseigne sur ces différentes cultures et leur répartition géographique.

Les potiers, ou plus exactement les potières – car il est quasiment certain qu’il s’agissait de femmes –, portent une attention toute particulière aux motifs imprimés, gravés ou collés sur les pots. L’étude de ces décors céramiques, propres à chaque groupe culturel et à chaque époque, a notamment permis aux archéologues de distinguer les deux cultures majeures du Néolithique ancien : le Rubané (courant danubien) dont les vases sont ornés de rubans imprimés, et le Cardial, dont le décor est réalisé par l’application d’un coquillage à bord dentelé, le cardium. Par la suite, le Néolithique voit aussi se développer une multitude d’autres cultures, principalement définies par leur poterie.

Comme les chasseurs-cueilleurs du Paléolithique, les Néolithiques continuent de tailler le silex ainsi que diverses autres roches pour confectionner des outils. Certains, comme les haches, sont polis - cet instrument étant par ailleurs considéré comme l’outil emblématique du Néolithique.

Au Néolithique moyen, vers 4000 avant notre ère, le défrichement des forêts s’intensifie, et avec lui la production de haches polies : à cette période, la pression démographique est telle qu’il est impératif de trouver toujours plus d’espaces à cultiver. La matière première nécessaire à cette fabrication massive de haches fait l’objet d’une exploitation minière, pour obtenir en volume suffisant les précieux rognons de silex. Ces puits de mines, forés à la main dans la craie, se concentrent par centaines voire par milliers sur plusieurs dizaines d’hectares.

Certains produits manufacturés dans des matériaux d’exception d’origine lointaine ont parfois circulé sur de longues distances. À titre d’exemple, le silex tertiaire du Bassin parisien ou celui du Mont Ventoux, tous deux d’excellente qualité, ou encore l’obsidienne méditerranéenne, recherchée pour sa couleur et sa texture vitreuse, ont probablement été colportés en bloc par des artisans itinérants, qui taillaient des lames à la demande, de village en village. Les poignards en silex de la région du Grand-Pressigny, en Touraine, très prisés à la fin du Néolithique, étaient façonnés sur place par quelques maîtres artisans, circulant ensuite de main en main dans presque toute l’Europe.

Si le Néolithique signe également la naissance du tissage et des tissus, l’habit de tous les jours reste probablement fait de cuir et de peaux cousues ensemble. Jusqu’au milieu du Néolithique au moins, les tissus, très longs à produire, sont certainement réservés à la fabrication d’accessoires tels que ceintures, rubans, ou pièces à fixer sur le vêtement de peau. Ce n’est qu’à l’extrême fin du Néolithique que le vêtement en tissu se généralise.