Déjà appréhendée par Diderot au XVIIIsiècle, l’étude de la culture matérielle montre comment objets et personnes s’influencent mutuellement. La multiplicité des objets fabriqués pendant l’Époque moderne offre un large potentiel pour examiner la vie quotidienne des différentes catégories de la population.

Mis à jour le
19 février 2016

Le mobilier archéologique, témoin de la culture matérielle, devient plus abondant avec le développement de l’économie de production dès le XVIIsiècle. La difficulté pour l’archéologue n’est donc plus dans la rareté, mais dans le choix d’un échantillonnage judicieux. C’est notamment le cas pour les sites d’extraction de matières premières (mines) et les sites de production tels que les ateliers de faïenciers, de pipiers ou de tuiliers, qui livrent des milliers de rejets à trier.

L’approche archéologique des mécanismes de production est déterminante pour comprendre les processus d’industrialisation : sélection des matières premières, étapes de leur transformation, production en série.

Les fouilles d’habitats révèlent par ailleurs le comportement des utilisateurs. Elles permettent de cerner les conditions de remplacement de certains produits par d’autres, ou soulignent les difficultés à s’approprier certaines innovations. L’arrivée de nouveaux produits d’importation lointaine, ou leur banalisation, jouent aussi sur les façons de consommer et de produire.

La fouille des sépultures livre également de nombreux objets, conçus spécifiquement ou non pour l’inhumation (objets déposés à côté du défunt, fragments de vêtements), ainsi que des aménagements funéraires, comme les pierres tombales. C’est encore dans les tombes que l’archéologue trouve des indices relatifs à la vie des classes sociales les plus modestes, souvent moins bien documentée par les archives écrites.