L’archéologie étudie les civilisations à partir de leurs cultures matérielles. De l’observation à l’interprétation, en passant par la restitution et l’enregistrement, l’archéologie nécessite une somme de savoir et de savoir-faire. 

Mis à jour le
01 décembre 2016

L’archéologue est « celui qui pratique l’archéologie » nous disent les dictionnaires. L’archéologue est donc celui qui, selon la définition la plus admise et commune, étudie les civilisations à partir de leurs cultures matérielles, des équipements dont elles se dotent, des artefacts qu’elles créent, produisent, et utilisent. Du vestige au monument, même réduits à l’état de traces, c’est l’observation et l’exploitation des témoignages qui s’y rapportent, écrits, images, voire témoignage oral pour les périodes très récentes, qui alimentent et renouvellent les recherches archéologiques.

Les observations de chaque site archéologique prennent obligatoirement en compte leurs contextes chronologique et géographique, d’une part, géomorphologique, sédimentaire et stratigraphique d’autre part. Au-delà, ces observations s’insèrent dans les grandes problématiques propres aux sciences humaines, non seulement sociales, économiques et politiques, mais encore technologiques et environnementales. Ainsi l’archéologie, par son objet spécifique et ses méthodes, contribue à enrichir notre connaissance du fait humain.

Ces recherches réclament une somme de savoir et de savoir faire – tant au niveau technique que méthodologique –, distribuée en différents métiers et spécialités. Les caractéristiques de la « profession archéologue » sont donc étroitement liées à la mise en œuvre des recherches, depuis la détection des vestiges et la prise en compte d’un sujet d’étude jusqu’aux débats scientifiques qu’ils doivent susciter.

L’archéologue observe, enregistre et capitalise

La profession intègre des archéologues dont le savoir-faire s’applique à la prospection, la mise au jour et l’observation. Dans cette catégorie viennent les métiers de détection, d’évaluation des sites, de mise au jour et d’examen systématisé des vestiges. En complément, l’enregistrement des observations requiert d’autres compétences : dessin, photographie, acquisition et gestion de séries documentaires en systèmes d’information, etc. Ici prennent donc place tous les métiers propres aux fouilles qui caractérisent la profession.

Face à de multiples civilisations sur des centaines de millénaires, la diversité de l’observable induit une spécialisation des observateurs ; ainsi la profession d’archéologue se décline en spécialités selon les périodes (du Paléolithique au XXe siècle), les aires culturelles, les artefacts (lithique, verre, céramique, etc.) ou les écofacts (pollens, graines, animaux, etc.), les contextes géomorphologiques, etc.

L’archéologue comme anthropologue

Un ensemble de gestes et de compétences vise donc à « rétablir des identités » à des « choses » qui, au gré de l’Histoire, se sont dégradées, sont tombées en désuétude ou en ruine, et quelquefois ont fini par disparaître. Mais si elle s’arrêtait là, cette démarche ne caractériserait qu’incomplètement la profession d’archéologue.

En effet, le projet archéologique ne se limite pas à l’observation systématisée ou à l’exhumation raisonnée. Il s’agit également, pour l’archéologue, de donner du sens, de comprendre les « systèmes techniques », les systèmes de production, les modes d’exploitation auxquels appartenaient tous ces ensembles complexes et ces objets archéologiques, de l’éclat de silex au paysage modifié par l’homme.

Au-delà du constat de leur existence, il s’agit de mettre en relation les étapes de fabrication (du matériau au produit fini), d’utilisation et d’abandon, de réutilisation aussi, avec des processus sociaux, économiques et politiques. L’établissement de ces problématiques, variable en fonction de la pauvreté ou de la richesse des données archéologiques et de l’état de la documentation, mobilise d’autres compétences encore : croiser des sources, interpréter, expérimenter, modéliser. L’archéologue contribue alors à une large anthropologie, au même rang que l’historien, l’ethnologue, le sociologue…