Les objets témoignant de la culture matérielle des artisans du Paléolithique découverts par les archéologues sont principalement en matière minérale, parfois en os. Les objets en matière végétale résistent rarement à l’épreuve du temps.

Mis à jour le
18 février 2016

L’instrument le plus emblématique du Paléolithique inférieur est le biface acheuléen. Façonné dans un bloc de silex ou toute autre roche propice à la taille, c’est un outil en forme d’amande, taillé sur les deux faces. Son utilisation dans les activités de boucherie est attestée. D’autres outils en pierre, produits par débitage, des éclats, sont utilisés bruts, confectionnés en racloirs, ou en denticulés.

Ensemble de quatre bifaces trouvés dans le niveau acheuléen, datant d'environ 300 000 ans, Étricourt-Manancourt (Somme), 2012.
Ces outils ont dû servir de couteaux de boucherie, hypothèse qui devra être confirmée par une étude tracéologique.

Ensemble de quatre bifaces trouvés dans le niveau acheuléen, datant d'environ 300 000 ans, Étricourt-Manancourt (Somme), 2012.
Ces outils ont dû servir de couteaux de boucherie, hypothèse qui devra être confirmée par une étude tracéologique.

© David Hérisson, Inrap

Si l’os ou la ramure de Cervidé servent de percuteur pour la taille des bifaces, l’os est rarement employé, et il n’existe pas de véritable exploitation de l’os au Paléolithique inférieur. Quelques gisements à la conservation exceptionnelle ont toutefois livré du bois travaillé. Il s’agit le plus souvent de hampes appointées et durcies au feu, formant un pieu, comme celles découvertes à Schöningen en Allemagne, sur un site vieux de 400 000 ans.

Au Paléolithique moyen, la panoplie d’outils en pierre (ce que nous appelons « industrie ») se diversifie et se standardise. De nouvelles méthodes de taille du silex, dont le débitage Levallois, permettent d’obtenir des éclats réguliers à la morphologie prédéterminée (pointes, éclats de forme ovale, lames…). Ces éclats sont utilisés bruts, ou transformés par retouches ou façonnage en racloirs de types variés, en pointes, en denticulés… Bien que l’os soit fréquemment utilisé comme percuteur dans la fabrication des outils en pierre, il ne fait pas encore l’objet d’une véritable industrie.

L’outillage en pierre taillée semble s’accompagner d’un équipement en bois, dont les témoignages sont plus sporadiques pour des raisons de conservation.

À partir du Paléolithique supérieur, de nouveaux outils en silex se développent. Ils sont le reflet d’évolutions techniques : armes composites pour la chasse associant des microlithes et une hampe en os ou en bois animal, ou perçoirs pour perforer les objets de parure (perles…). Les matières utilisées se diversifient. L’os, le bois de Cervidé et l’ivoire prennent de plus en plus d’importance ; les artisans du Paléolithique supérieur ont pu y exercer tout leur savoir-faire technique et artistique. Des objets de prestige (parures, sculptures) et de nouveaux outils domestiques apparaissent progressivement, comme les aiguilles à chas, qui permettent de coudre les peaux.