Avant le Néolithique, l’homme se conçoit comme partie intégrante de son environnement. En domestiquant la nature, les Néolithiques s’en détachent et inventent un dieu à l’image de l’Homme, capable de maîtriser les forces naturelles.

Mis à jour le
11 février 2016

Au Paléolithique et au Mésolithique, l’Homme se vit et se perçoit comme immergé dans la nature, dont il n’est qu’un simple élément, au même titre que tous les autres : animaux, ciel, végétaux… Ainsi, la religion des chasseurs-cueilleurs ne fait probablement pas de différence entre l’Homme et le milieu qui l’entoure.

Mais au Néolithique, tandis qu’il affirme son emprise sur la nature, l’Homme s’en détache progressivement : il n’en est plus une simple composante, mais au contraire une entité distincte, qui interagit avec elle. Le dieu néolithique est naturellement créé à cette image : distinct des forces naturelles, et capables de les gouverner. Un tournant spirituel fondamental. 

Ce que l’on perçoit de la religion néolithique célèbre avant tout les valeurs de fécondité et de force. On peut penser que ces repères ont un lien direct avec le pouvoir acquis par l’homme sur la nature, sa capacité à la transformer pour assurer sa propre subsistance. Ainsi, il est probable que les nombreuses figurines féminines en terre cuite du Néolithique, avec leurs formes généreuses et leur petite tête, renvoient à un symbole de fertilité.

La figure du bovin est également très présente : décors de vases en forme de cornes de bovin, vases représentant des taureaux, crânes de bovins hérissant les palissades de certaines enceintes, stèles gravées de têtes de bovin… Le bovin, animal puissant et impressionnant, peut constituer un emblème de la domestication, et par là même de la maîtrise des hommes sur leur environnement.

Dans certaines régions, la seconde partie du Néolithique voit se développer l’implantation de mégalithes, imposantes structures composées de blocs de pierre. Il s’agit notamment de cairns et de dolmens abritant une chambre sépulcrale. Certains, comme ceux de Gavrinis ou de la Table des Marchand en Bretagne, sont abondamment ornés de gravures en demi-cercles emboîtés ou en crosses, de haches stylisées, de signes serpentiformes ou autres têtes de bovin dont la signification nous échappe, mais dont la fonction est sans doute symbolique. D’autres monuments prennent la forme d’alignements de pierres dressées, comme à Carnac en Bretagne, parfois implantés sur plusieurs kilomètres, ou de cercles de pierre, comme à Stonehenge en Angleterre. Certaines études montrent qu’il pourrait s’agir d’observatoires astronomiques.