Au cours du XVIsiècle, l’essor du protestantisme remet en cause la suprématie catholique. Les désaccords théologiques, mêlés aux clivages politiques et aux rivalités familiales, culminent avec les guerres de religion entre 1562 et 1598. L’imbrication du politique et du religieux sera source de tensions pendant toute l’Époque moderne.

Mis à jour le
15 février 2016

Tout comme le Moyen Âge, l’Époque moderne est caractérisée par l’importance de la foi dans la vie quotidienne mais aussi dans la vie politique. Au cours du XVIsiècle, le protestantisme séduit fortement les élites françaises : nobles, mais aussi bourgeois et classes professionnelles.

Découverte de deux statues datées du XVIe siècle, ou de la fin du XVe siècle dans l'église Saint-Félix, Landos (Haute-Loire), 2003.
Découverte de deux statues datées du XVIe siècle, ou de la fin du XVe siècle dans l'église Saint-Félix, Landos (Haute-Loire), 2003.
© Loïc de Cargouët, Inrap

Si les « guerres de religion » tirent leur nom des conflits entre catholiques et protestants, elles n’en sont pas moins le miroir d’une situation politique délétère, marquée par une lutte de pouvoir dans l’entourage du roi, où se mêlent rivalités claniques et personnelles. L’archéologie apporte un autre éclairage sur cette période. Au-delà des traces des conflits eux-mêmes (fortifications, dégâts infligés aux édifices cultuels, etc.), les fouilles urbaines mettent aussi en évidence des temples ou des lieux d’inhumation protestants. Cependant, pour être appréciées au plus juste, ces découvertes doivent être mises en perspective avec la documentation écrite, un principe de la recherche qui devient incontournable pour l’Époque moderne.

Au cours du XVIIsiècle, sous l’effet de la Contre-Réforme, le tissu urbain voit éclore de multiples couvents – tout comme le renouveau du catholicisme fut marqué par la reconstruction des abbayes.

L’archéologie aborde généralement ces sites en relevant les transformations opérées sur les édifices cultuels dans le cadre des réformes de la liturgie ou de la reconstruction des bâtiments. A contrario, c’est parfois la disparition de témoignages matériels liés aux populations protestantes qui guident les pas de l’archéologue – particulièrement suite à la révocation de l’édit de Nantes en 1685. Quel fut l’impact de l’émigration des familles huguenotes sur l’économie rurale et urbaine en France ? C’est là que l’archéologie s’ouvre nécessairement à un « ailleurs », l’exil de cette population ayant eu aussi des conséquences importantes dans d’autres pays européens et dans le Nouveau Monde.