Au cours des presque quatre longs millénaires que couvre le Néolithique, les pratiques funéraires varient considérablement : sépulture individuelle en pleine terre, sépulture collective, regroupement des morts dans un espace dédié…

Mis à jour le
15 février 2016

Au Néolithique, alors que l’homme est sédentarisé, apparaissent des « villages » pour les morts, les nécropoles, comme il en existe pour les vivants. Néanmoins, en particulier au Néolithique ancien, on trouve aussi des sépultures isolées, souvent à proximité des habitations.
Au fil des quatre millénaires du Néolithique, rites et pratiques funéraires évoluent considérablement : sépulture individuelle en pleine terre, sépulture collective, inhumations multiples ou individuelles, dans des coffres en bois ou en pierre, en fosses silos, dans des grottes, mais aussi crémations…

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Vue panoramique de la fouille montrant au premier plan les monuments funéraires 3, 4 et 8 et au second plan les monuments funéraires 1, 2, 25 et 5 de la nécropole du Néolithique moyen à Fleury-sur-Orne (Calvados), 2014.

© François Levalet, Arkéocap, Inrap

Les dépôts funéraires, à l’intérieur, au-dessus, voire aux alentours des tombes, nous renseignent sur les rites commémoratifs et sur l’univers spirituel attaché aux différentes catégories de morts – hommes, femmes, enfants, personnes âgées… On sait par exemple que vers 4500 avant notre ère, le fait de déposer un vase sur la tombe ou au pied de celle-ci est une pratique fréquente. Suivant l’âge et le sexe, les morts sont traités différemment. Les hommes relativement âgés sont parfois enterrés avec leurs carquois de flèches et leurs parures composées de dents prélevées sur des animaux sauvages : ours, sangliers, cerfs… C’est donc le monde sauvage qui est associé à l’univers masculin mais aussi à certains enfants morts en bas âge. Pour les femmes, mais aussi pour les hommes jeunes, c’est l’univers domestique et agricole qui prédomine dans les tombes : meules à grains, objets et outils du quotidien, parures ordinaires faites de coquillages, etc.

Les nombreux dolmens ou allées couvertes que l’on croise encore aujourd’hui, en Bretagne notamment, étaient à l’origine des sépultures surmontées d’amas de pierres disposées en gradins appelés cairns. Réservés à des personnages importants, les cairns sont bâtis dans des endroits surélevés, visibles de loin. Dans les pays où la pierre est moins accessible, les sépultures monumentales de ce type sont constituées d’un tertre de terre enserré dans une palissade en bois. Ces tumulus peuvent atteindre 300 m de long.

À la fin du Néolithique, les sépultures abritent plusieurs défunts. On compte jusqu’à 500 personnes inhumées dans ces tombes collectives où l’on vient régulièrement ranger les ossements, empiler les crânes, trier les tibias et les cubitus… Ces tombes sont installées dans les dolmens, mais aussi dans des fosses, des grottes, ou encore des chambres creusées dans la craie.