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MOTS CLÉS
Picardie
Néolithique
Publication

Le site néolithique de Cuiry-lès-Chaudardes - I
De l’analyse de la faune à la structuration sociale

permanente
par Lamys Hachem, Internationale Archäologie 120, 2011

522 p., 153 ill. Broché : 71,80 €.
ISBN 978 3 89646 495 8

Cette monographie est la première d’une série sur le site du Néolithique Rubané récent du Bassin parisien (RRBP) de Cuiry-lès-Chaudardes, Les Fontinettes (Aisne, Picardie) et concerne l’étude de la faune.

Le site, entièrement fouillé, a été occupé durant une centaine d’années et totalise 33 maisons (6 maisons dans chacune des 5 phases d’habitat) et 40 fosses isolées. Avec 17 108 os déterminés pour 57 663 restes, c’est le corpus faunique le plus important pour cette période en Europe et son analyse a pu être menée en lien direct avec les bâtiments.

Le matériel détritique associé aux maisons fait apparaître, parallèlement au fond commun d’espèces consommées, une certaine autonomie des habitations avec des excédents variables. Le cheptel domestique est prédominant, mais la  faune sauvage est néanmoins une composante obligée du régime alimentaire. La proportion du grand gibier évolue au cours de l’occupation du site : la chasse est plus importante au début qu’à la fin et l’élevage du mouton prend symétriquement de l’ampleur.

Parallèlement au facteur chronologique, d’autres types de critères jouent sur les proportions d’espèces consommées, comme l’architecture de la maison et son emplacement au sein du village. Ainsi, on observe dans chaque phase d’habitat des maisons de petite taille associées à une chasse marquée, en particulier au sanglier et des maisons de grande taille associées à l’élevage des bovins ou des caprinés. L’analyse de la répartition spatiale de la faune a permis de distinguer des groupements de maisons réparties en trois secteurs dans le village : la faune sauvage au nord-ouest du site ; les  caprinés au nord-est ; et les bovins à l’est. La distribution spatiale tripartite de ces espèces dans l’espace villageois, leur lien avec la taille des maisons et leur présence sacralisée au travers de bucranes et morceaux déposés dans des sites funéraires ou dans des habitats, mène à une interprétation sociale de la société rubanée.