Durant l’âge du Bronze, l’art est marqué par le symbolisme géométrique et la rareté du figuratif.

Mis à jour le
19 février 2016

L’art s’exprime souvent de manière discrète à travers les objets de la vie quotidienne. Généralement confectionnés dans un cadre domestique, ils se caractérisent par les contraintes techniques et les motivations fonctionnelles. La forme d’un vase ou d’une hache est toutefois le reflet de traditions. Parfois, la dimension culturelle guide la main de l’artisan – notamment le bronzier – : décor d’épingle, pendentif, char miniature cultuel… L’art lié à l’âge du Bronze est marqué par le symbolisme géométrique et la rareté du figuratif.

Traits, lignes, méandres, damiers, points, cercles concentriques, svastikas, zigzags, sont imprimés dans la pâte fraîche des poteries comme dans le métal des bracelets, épingles ou autres cônes en or. Autant de motifs qui figurent également sur les parois des maisons, la vaisselle en bois, les meubles ou les vêtements, voire même probablement sur les tatouages.

Bien qu’existantes, les représentations figuratives sont rares. Les représentations humaines ou animales (chevaux, oiseaux), toujours stylisées, se rencontrent sur quelques vases et gravures rupestres. Parfois, elles prennent également corps sous la forme de chars miniatures ou de petites statuettes.

À l’âge du Bronze, l’expression artistique se mesure tant dans la confection de biens prestigieux, destinés aux puissants (cônes en or, torques, chars miniatures, pommeau d'épée, vaisselle en bronze), que sur les vases en céramique, d’usage plus quotidien.

Les objets exceptionnels, tels que bijoux ou armes, sont un signe de prestige. Dans les sociétés de l’âge du Bronze, ces marques de distinction ne sont pas seulement synonymes d’opulence : elles sont aussi et surtout un symbole de pouvoir, et accompagnent les puissants jusque dans l’au-delà.

LES CÔNES D’OR

Les cônes d'or sont sans doute les artefacts les plus impressionnants de l'âge du Bronze.

Les quatre seuls exemplaires connus à ce jour en Europe ont été découverts, pour les plus éloignés, à plus de 1 000 km de distance. Ces grands objets coniques hauts de 30 à 88 cm, ornés de cercles concentriques alternant avec des séries de bossettes, sont composés d'une seule feuille d'or façonnée sans raccords ni soudures. Trois d'entre eux sont couronnés d'une étoile.

Le cône le plus occidental fut trouvé en 1844 à Avanton près de Poitiers (Vienne), et le plus oriental en 1953 à Ezeldorf près de Nuremberg en Bavière (Allemagne), déterré par des ouvriers qui arrachaient des souches d'arbre.

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Cette épée, datée de l’âge du Bronze moyen, a été découverte lors de dragages effectués dans la ria du Trieux, dans les Côtes-d’Armor. Les objets intacts retrouvés dans le lit des rivières sont souvent interprétés comme des dépôts.

© Hervé Paitier, Inrap

Mais c'est en 1835, à Schifferstadt en Rhénanie-Palatinat (Allemagne), que fut découvert le tout premier de la série, par un agriculteur qui retournait son champ. Un dernier cône, dont on ignore la provenance, est apparu sur le marché de l'art en 1996. Il est aujourd'hui conservé à Berlin. Ce spécimen, mieux préservé que les trois autres, est celui qui a permis de cerner au plus près la fonction de ces objets. Les cônes reposent sur une collerette ; à la jonction de ces deux parties est inséré un bandeau de bronze, d'un diamètre équivalent à celui de la tête d'un homme adulte. Sur le bandeau du cône de Berlin a été identifiée une garniture de cuir ou de feutre. Autant d’éléments qui plaident en faveur de couvre-chefs, ou de chapeaux de cérémonie.