Lors d’une visite officielle en Algérie à l’occasion du 3e Comité intergouvernemental de haut niveau franco-algérien, Audrey Azoulay, ministre de la Culture et de la Communication, a visité la fouille de la place des Martyrs à Alger dimanche 10 avril. Elle était accompagnée de Matthias Fekl, secrétaire d'État chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français à l’étranger.

Dernière modification
15 avril 2016

À cette occasion, la ministre a salué la réponse apportée par l’archéologie préventive au double objectif de préservation du patrimoine exceptionnel de cette zone historique et de modernisation du réseau de transport urbain dans la capitale algérienne. Les travaux d’infrastructure du métro d’Alger se déroulent dans le périmètre de la Casbah, inscrite au patrimoine national algérien et au Patrimoine mondial par l’UNESCO. 

Ce grand projet urbain a suscité la mise en œuvre d’une opération d’archéologie préventive, sans précédent en Algérie. Elle est assurée par le ministère de la Culture algérien en collaboration avec le ministère des Transports, en partenariat avec l’Institut national de recherches archéologiques préventives français,  l’Office de Gestion et d’Exploitation des Biens Culturels algérien et le Centre National de Recherche en Archéologie algérien, sous l’égide du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO. L’intervention est réalisée par une équipe franco-algérienne d’archéologues qui mettent en commun leurs compétences et leur savoir-faire depuis plus de deux ans sur le terrain. Les archéologues se mobilisent actuellement pour l’exploitation conjointe des données exhumées et la restitution des découvertes auprès de la communauté scientifique et du public algérois. Ces recherches renouvellent profondément la connaissance de l’histoire de la ville d’Alger dans ce quartier depuis plus de 2000 ans.

Plus de 2 000 ans d’histoire enfouis

Pour les archéologues, il s’agissait d’une occasion unique d’ouvrir une fenêtre dans le sous-sol historique d’Alger. Ainsi le site a révélé des caves de l’époque coloniale, un quartier commerçant d’époque ottomane (XVIe-XIXe siècles) dont l’origine remonte au XIIe  siècle, une nécropole d’époque byzantine,  d’importants vestiges paléochrétiens et des niveaux antiques. Bien conservés, les niveaux archéologiques atteignent plus de 7 mètres d’épaisseur.
Un quartier des souks d’époque ottomane a été mis au jour avec ses rues pavées, ses échoppes et ateliers. 
Dans les niveaux sous-jacents, un bâtiment public de plan basilical de l’époque paléochrétienne a livré ses mosaïques polychromes antiques du IVe siècle de notre ère.