Si la poterie et les objets métalliques nous renseignent sur la culture matérielle de l’âge du Bronze, les objets confectionnés à partir de matériaux périssables, sans doute alors abondants, sont plus rarement mis au jour par les archéologues.

Mis à jour le
02 décembre 2016

Parmi les objets résistants à l’épreuve du temps, la poterie occupe sans conteste la première place, à toutes les phases de la Protohistoire : fragile, donc éphémère, mais inaltérable et fonctionnellement polyvalente, on la trouve en grande abondance sur tous les sites de l’âge du Bronze : habitats, aires d’activité artisanale, aires cultuelles…

Bien que subsistant en petit nombre, tores en argile (sortes de boudins placés sous les vases pour les caler dans le four), soles perforées, et fragments de parois de four témoignent de la cuisson des récipients. À la fin de l’âge du Bronze, avec les fours à sole perforée, apparaissent de véritables structures de cuisson pérennes. À cette période, la céramique dénote un grand savoir-faire et une parfaite maîtrise des techniques de cuisson. La peinture (rouge, noir, blanc) est utilisée de manière ponctuelle. De fines lamelles d’étain sont appliquées sur les parois de certains vases.

Petit vase daté du Bronze ancien (autour de 2000 avant notre ère), découvert déposé au fond d’une sépulture au Bono (Morbihan), 2013.  La découverte d’un ensemble funéraire est l’élément majeur de cette fouille.

Petit vase daté du Bronze ancien (autour de 2000 avant notre ère), découvert déposé au fond d’une sépulture au Bono (Morbihan), 2013.
La découverte d’un ensemble funéraire est l’élément majeur de cette fouille.

© Laurent Juhel, Inrap

Comme pour la poterie, la variation des formes et des décors des objets métalliques reflète l’évolution de l’environnement technique, des usages, et du fonds culturel. La production métallique montre une maîtrise certaine des techniques de fonte et de la science des alliages. Certains objets sont réalisés « en série », grâce au procédé de la fonte à cire perdue, qui permet de réutiliser les moules. La fin de l’âge du Bronze voit s’affirmer le travail de la tôle de bronze, qui nécessite un alliage épuré. L’usage de la balance à fléau, permettant un dosage précis, est également avéré.

Le tournage du métal, utilisé dans la réalisation des têtes d’épingle, se développe au Bronze final.

Le silex n’en est pas pour autant délaissé, et continue à faire partie de l’outillage quotidien. Mais si, au Bronze ancien, les pointes de flèche à pédoncule et ailerons prouvent encore la maîtrise de chaînes opératoires complexes, les outils en pierre ne semblent servir, par la suite, que de façon opportuniste.

Le bois, les végétaux, les cuirs, les textiles font également partie du bagage technique de l’âge du Bronze. Ces matériaux, périssables, ne nous parviennent que très rarement, lorsque les conditions de conservation le permettent : milieux humides et sans oxygène, comme les tourbières, ou matériaux corrodés par contact avec le métal. Les témoignages de fabrication des textiles sont cependant bien présents et nombreux : pesons et fusaïoles (poids servant à lester les fuseaux) attestent une activité réalisée sur le lieu même de l’habitat.