Dans la perspective du millénaire des fondations de la cathédrale de Strasbourg, une équipe de recherche pluridisciplinaire a procédé en 2014 à l'étude architecturale des maçonneries romaines et médiévales mises au jour entre 1966 et 1972 sous la chapelle Saint Laurent.

Dernière modification
29 août 2016

Il s'agit du seul endroit on l'on peut encore voir un tronçon de l'édifice érigé par l'évêque Werner en 1015. Ces recherches ont montré l'intérêt à réaliser un sondage complémentaire. Il a été confié à l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), après autorisation par la direction régionale des Affaires culturelles d'Alsace (Drac Alsace), qui en a également assuré le suivi scientifique. Les données recueillies apportent un nouvel éclairage sur l'histoire de ce lieu saint.

Une découverte inattendue : un bassin de la fin de l'Antiquité (IV e-V e siècles)

Les recherches effectuées en 2014 révèlent un bassin - dont seule une partie est conservée - au coeur d'un massif de maçonnerie découvert en 1968. Les archéologues décèlent trois phases d'aménagement. Le premier bassin est modifié : s'y ajoutent une banquette extérieure et une maçonnerie intérieure qui réduit sa superficie. L'enduit étanche qui recouvre le sol et les parois internes prouve qu'il s'agit d'un bassin à eau, d'une profondeur conservée de 50 cm. Enfin, un nouveau sol rehausse le fond du bassin d'une dizaine de centimètres. L'absence de fondations sous les trois maçonneries et les parements extérieurs enduits font de la construction un élément édifié à même le sol. Ce « podium » était situé au milieu d'une pièce ou d'un espace ouvert et abrité, pourvu d'un sol en terre battue.

L'interprétation la plus probable : une piscine baptismale paléochrétienne

En comparant le bassin aux centaines de baptistères répertoriés dans le monde paléochrétien, les archéologues pensent identifier une piscine baptismale. Il s'agirait là d'un lieu de culte paléochrétien à l'emplacement de la future cathédrale ottonienne, construite en 1015, laquelle précède la cathédrale actuelle. Cette cuve baptismale, si toutefois l'hypothèse en était confirmée, serait le signe de l'emplacement du premier lieu de culte chrétien à Strasbourg.
 
Contrôle scientifique : Service régional de l'Archéologie - Drac Alsace
Frédéric Séara, conservateur régional de l'archéologie,
Marie-Dominique Waton, ingénieur d'étude
Recherche archéologique : Inrap
Groupe de recherche pluridisciplinaire dirigé par Gertrud Kuhnle, archéologue
Contact(s) :

Stéphanie Hollocou
chargée de développement culturel et de communication
Inrap, direction interrégionale Grand Est sud
06 72 56 28 51
stephanie.hollocou [at] inrap.fr

Clara Nieden
chargée de communication
Drac Alsace
03 88 15 57 41
clara.nieden [at] culture.gouv.fr%20" target="_self">clara.nieden [at] culture.gouv.fr