Dimanche 6 avril 2014, les équipes d'Oc'Via et de l'Inrap accueilleront le grand public pour une visite guidée de la fouille archéologique du site de Saint-Pastour, situé sur la commune de Vergèze (Gard). Les archéologues feront découvrir ce site portant la trace d'occupations humaines dès la fin de la Préhistoire ; ils proposeront également des ateliers pour initier les plus jeunes à la fouille et à la céramologie.

Chronique de site
Dernière modification
28 juillet 2016

Dans le cadre de l'aménagement du contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier, une équipe d'archéologues de l'Inrap a investi une zone de 14 hectares, sur la commune de Vergèze. La fouille de Saint-Pastour, prescrite par l'État (Drac Languedoc-Roussillon), s'inscrit dans une vaste emprise de 14 hectares, au sein desquels six fenêtres de fouilles ont été ouvertes. Les vestiges étudiés témoignent d'un échelonnement des occupations humaines de la Préhistoire jusqu'au Moyen Âge. Au coeur de la plaine du Vistre, les archéologues s'attachent à comprendre la nature et le rythme des installations, ainsi que la manière dont les populations ont transformé leur environnement, en construisant leur habitat, en cultivant les terres et en enterrant leurs morts.

La fin de la Préhistoire

Pour la période néolithique (vers le IVe millénaire avant notre ère), des silos, destinés à la protection des récoltes de céréales, ont été mis au jour. Si ces fosses abritent des dépôts d'ossements d'animaux, l'absence de rejets domestiques (céramique, outils...) liés habituellement à un habitat pose question : ces terres seraient-elles principalement dévolues à l'agriculture et aux pâturages et les espaces habités se situeraient-ils plus loin ?
L'autre point d'interrogation concerne la présence de trois vastes fossés formant des enclos (« enclos fossoyés »), de forme ovoïde et dotés d'un accès vers l'ouest. Le plus imposant, au sud, mesure environ 45 m de diamètre. La fouille du comblement de portions du fossé permet d'envisager l'existence de constructions au sein de l'enclos associant probablement des pierres, de la terre et du bois. Ces trois enclos sont alignés, comme si un chemin reliant les garrigues à la plaine en dictait l'organisation. S'il s'agit bien d'ensembles datés du Néolithique, ce que la fouille en cours permettra de préciser, ils pourraient révéler une forme inédite de monuments dont la vocation funéraire ou cultuelle est pressentie.

À la Protohistoire

Après une longue période sans occupation reconnue, les lieux sont réinvestis à la fin de l'âge du Bronze et au tout début de l'âge du Fer (VIIe siècle avant notre ère). Sur l'ensemble des fenêtres de fouille ouvertes, les archéologues ont découvert deux pôles d'habitat matérialisés par au moins un bâtiment sur poteaux, une fosse d'extraction de matériaux destinés à construire les murs des maisons, ainsi que différentes fosses qui ont servi de dépotoir. Les nombreux fragments de céramique modelée ainsi que les restes de consommation indiquent bien qu'une population a habité un certain temps sur ce terroir. Certains vases présentent des décors excisés, c'est-à-dire réalisés dans l'argile non cuite, qui offrent de bonnes indications chronologiques pour dater cette occupation.

De l'Antiquité...

Il faut attendre près de 500 ans, à la fin de la période gauloise et à l'époque romaine (IIe siècle avant notre ère-IIe siècle de notre ère) pour retrouver les témoignages d'une occupation humaine. Un réseau de chemins est alors aménagé pour desservir les zones agricoles. De nombreux fossés organisent et structurent les campagnes. C'est au sein de ces parcelles, matérialisant peut-être les premières formes de propriétés privées, que deux ensembles funéraires ont été mis au jour.
Le premier, daté de la fin de l'époque gauloise, compte une sépulture importante et trois plus modestes, sous forme de crémations installées le long d'un fossé parallèle à un chemin. Le second ensemble se compose d'une dizaine de sépultures d'époque romaine, certaines témoignant de la pratique de la crémation, d'autres de l'inhumation des corps. Plusieurs semblent fonctionner comme des caveaux « familiaux » abritant plusieurs individus.

...au Moyen Âge

À la fin de l'Antiquité et surtout au haut Moyen Âge (VIIIe-Xe siècles), une vaste aire d'ensilage se développe au nord du prieuré de Saint-Pastour, situé à proximité de la zone étudiée. Elle compte plus de 500 silos utilisés durant plus de trois siècles. Une fois leur fonction primaire de stockage abandonnée, les silos ont servi de zones de rejets qui livrent aux archéologues des indices permettant la restitution des activités humaines qui se sont déroulées à proximité. En dehors des restes habituels liés à la consommation (céramique, faune...), plusieurs objets - peigne à carder la laine ou broche de tisserand - nous renseignent sur la vie quotidienne des occupants.
Aménagement : Oc'Via
Contrôle scientifique : Service régional de l'Archéologie (Drac Languedoc-Roussillon)
Recherche archéologique : Inrap
Coordinateur grands travaux : Jean-Yves Breuil, Inrap
Responsable scientifique : Pierre Séjalon, Inrap
Contact(s) :

Inrap, direction interrégionale Méditerranée
Cécile Martinez
chargée du développement culturel et de la communication
06 87 01 62 86
cecile.martinez [at] inrap.fr

Oc'Via
Agnès Rousseau
directrice de la communication
04 34 48 00 55 - 06 74 98 39 58
a.rousseau [at] ocvia.fr

Drac Languedoc-Roussillon
Benoît Ode - service régional de l'Archéologie
benoit.ode [at] culture.gouv.fr