A Cuperly, Marne, un habitat gallo-romain a pu être partiellement fouillé sur une superficie de 6 125 m2, sur la commune de Cuperly au lieu-dit La Perte.

Chronique de site
Dernière modification
18 octobre 2019

Plus de 1 200 structures archéologiques ont ainsi été mises au jour. Le mobilier recueilli lors de la fouille nous a tout d'abord montré qu'il existait, préalablement à l'installation gallo-romaine, une occupation de La Tène finale.

Il s'agit d'un puits, daté précisément par dendrochronologie de 113 avant notre ère, et de deux bâtiments. Avec ces vestiges, il ne fait aucun doute qu'un habitat rural de La Tène finale se positionnait à l'emplacement même où les Gallo-Romains décidèrent leur implantation, autour de 20 de notre ère, d'après le mobilier céramique récolté : la villa de Cuperly s'est donc implantée sur un terroir déjà exploité, en milieu ouvert. 


À l'intérieur d'une enceinte palissadée quadrangulaire, un grand bâtiment est construit ; à l'extérieur, on trouve plusieurs bâtiments sur poteaux avec cave et quelques caves isolées.

La construction de ces divers édifices s'est étalée sur plusieurs années, voire décennies, autour ou durant les règnes de Tibère (14-37 de notre ère) et, au plus tard, de Claude (41-54 de notre ère). Cet habitat rural prend donc, dans ses grandes lignes, la forme d'une organisation proche de celle de la villa, avec un espace dévolu à la résidence (dans l'enceinte palissadée) et une zone réservée à l'exploitation agricole (autour de l'enceinte palissadée).

Pour des raisons inconnues, le site est détruit vers la seconde moitié du Ier siècle. Puis, à la fin du Ier siècle ou au tout début du IIe siècle de notre ère, des fossés sont creusés sur les anciennes limites orientale et septentrionale, lors d'un nouvel aménagement des lieux. On constate alors que l'on conserve exactement la même dynamique spatiale que lors de la première implantation. Tout indique que le secteur positionné au nord de l'emprise est délaissé au profit d'activités agricoles. En effet, aucun des trois bâtiments connus au Ier siècle le long de la palissade nord n'est reconstruit. Seule une grande excavation est réalisée. L'habitat semble en fait se déplacer au profit de nouveaux secteurs, notamment sur la partie est de l'implantation. C'est d'ailleurs sur ce secteur qu'une petite palissade est aménagée et qu'un séchoir/fumoir est édifié.

À l'intérieur de l'enceinte palissadée, une grande cave est construite. Son remplissage nous montre qu'un grand bâtiment se trouvait dans sa périphérie directe puisque des morceaux complets de murs de gravelle avec enduits peints ont été récoltés dans son comblement. L'étude des enduits révèle qu'ils décoraient deux grandes pièces contiguës et qu'un atrium ainsi que des pièces d'étage existaient certainement dans la demeure. Le mobilier céramique indique l'abandon des lieux à la fin du IIe siècle de notre ère. Cela correspond chronologiquement à ce qui est observé sur d'autres sites du même type dans l'est de la Gaule.

Finalement, l'habitat rural mis au jour sur ce site s'est avéré être un aménagement complexe et étendu, assimilable à la villa gallo-romaine telle qu'on la définit communément, sans pour autant s'apparenter aux grandes villae méditerranéennes.