En Seine-et-Marne, une fouille a révélé une vaste nécropole du second âge du Fer (450 à 50 avant notre ère) composée d'enclos funéraires et d'incinérations.

Dernière modification
03 octobre 2016

Préalablement aux aménagements du « Parc d’activités du Plateau de Voisins » par la Communauté de communes du Pays de Coulommiers à Mouroux, une équipe d’archéologues de l’Inrap effectue des recherches sur prescription de l’État (Drac Île-de-France). Entre mai et juillet 2016, 10 000 m2 sont ainsi explorés.

Durant l’âge du Fer les territoires correspondant à la France actuelle sont progressivement fréquentés par des populations qui possèdent l’écriture (les Grecs, les Romains). En revanche, les peuples locaux (Celtes, Gaulois, Ligures, Ibères…) écrivent peu, ou pas du tout. C’est donc l’archéologie qui fournit, en plus des quelques textes grecs ou latins, l’essentiel de nos connaissances sur ces groupes humains.

À l’époque gauloise la commune de Mouroux et la partie aval de la vallée du Grand Morin sont situées sur le territoire du peuple Meldes. La fouille en cours constitue donc une occasion unique d’acquérir des données relatives à l’occupation gauloise de cette portion de vallée. En particulier, les recherches menées ont pour principale problématique l’étude des pratiques funéraires gauloises dans un secteur où elles sont méconnues.

La fouille d’une nécropole

Inégaux dans la vie, les Gaulois le sont aussi dans la mort. Si certains se font enterrer dans des tombes prestigieuses, d’autres sont jetés sans soin au fond de silos et de fosses. Selon les régions et les époques, mais aussi en fonction du statut social et des croyances, les morts sont directement mis en terre ou sont d’abord brûlés sur un bûcher, tel qu’à Mouroux. Dans ce cas, leurs cendres sont placées à proximité ou à l’intérieur d’un vase (urne cinéraire), déposées ensuite dans une fosse ou sous une butte de terre.

À ce jour, 17 monuments funéraires (enclos) et cinq incinérations ont été mises au jour à Mouroux. La fouille des incinérations a révélé des ossements humains et animaux associés à des petits éléments de parure en verre et en os ornés de gravures. Ils étaient enfouis avec des récipients en céramique dont certains ont du accompagner le défunt sur le bûcher. Ces vestiges ont pu être datés notamment grâce à la forme caractéristique des enclos quadrangulaires connus à l’époque de La Tène. Les tessons non brûlés présentent également des caractéristiques propres aux productions de cette époque.

Les études « post-fouille »

La phase « terrain » sera suivie d’une phase d’analyse pour la réalisation du rapport. Elle permettra d’approfondir l’étude des structures et du mobilier archéologique. Elle consiste à décrire, analyser, inventorier et interpréter l’ensemble des découvertes. Toutes ces informations seront ensuite présentées et synthétisées dans le rapport final d’opération.

De nombreux spécialistes seront mobilisés : céramologue, archéozoologue, spécialistes des productions métalliques et de l’étude des macro-restes végétaux, géomorphologue, micromorphologue…

En particulier pour ce site, l’accent sera mis sur l’étude anthropologique appliquée aux restes incinérés. La crémation des corps nécessite une étude particulière de l’ensemble des fragments d’os (esquilles), dont le feu a détruit une partie des critères discriminants (lisibles sur l’os non brûlé) : maladies, genres.

À Mouroux, l’étude de ces sépultures repose donc plutôt sur la lecture des gestes funéraires, la crémation du corps, des modalités de la collecte des esquilles sur le bûcher jusqu’à celles de l’enfouissement.

Aménagement : Communauté de communes du Pays de Coulommiers
Contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie (Drac Île-de-France)
Recherche archéologique : Inrap
Responsable scientifique : Émilie Louesdon, Inrap