Les vestiges archéologiques dévoilent diverses catégories de sites : haltes de chasse, aires spécialisées (de dépeçage par exemple), bivouacs d’un jour ou de plus, installations durables… Leur articulation dessine parfois ce que l’on pourrait appeler des « territoires » humains.

Mis à jour le
15 février 2016

Au Paléolithique inférieur, les accumulations de vestiges de pierre et d’ossements animaux sur les sites de plein air offrent peu d’indications sur l’organisation de l’espace et les activités humaines qui s’y déroulent. Ces sites constituent des points d’étapes réguliers ou ponctuels où l’Homme vient exploiter et consommer les carcasses d’animaux abattus ou volées à d’autres prédateurs.
Dans les grottes, les occupations humaines ont alterné avec les fréquentations animales (notamment d’ours, de hyènes et de panthères), ce qui complique notre compréhension. Il s’agit d’occupations de courte durée, qui ne permettent pas de distinguer un espace « domestique ».

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Reconstitution de la vie quotidienne d'un groupe néandertalien à partir des fouilles effectuées dans l'abri moustérien de "La Folie" (Poitiers) en 2000.
La fouille de ce site a révélé la présence de deux grands amas de débitage et d'une surface d'habitation matérialisée par une organisation concentrique de blocs de calcaire. 

© Pascale Galibert, Inrap

À partir du Paléolithique moyen, il devient plus aisé d’établir une distinction entre les sites spécifiquement liés à la chasse d’espèces herbivores (bisons, rennes…) et ceux mêlant activités de chasse et activités « domestiques » – découpe, consommation du gibier, traitement des peaux. On imagine que ces sites font également office de résidence. Grottes et abris présentent parfois la trace de longues séquences d’occupation, signe que les mêmes groupes ont investi le même habitat sur plusieurs générations. Toutefois, les nombreuses activités pratiquées ne donnent pas lieu à une segmentation précise de l’ensemble du site.

Les groupes humains sont attachés à des territoires plutôt qu’à un lieu fixe. Ils y évoluent suivant les saisons pour assurer leur subsistance. Chaque « installation » peut répondre à une ou plusieurs activités spécifiques : recherche de matière première, chasse opportuniste ou spécialisée. Dans les régions karstiques, grottes et abris-sous-roche constituent des lieux d’accueil naturels très prisés. Dans les plaines alluviales et sur les plateaux dénudés, les Hommes structurent leurs habitats en campements et s’équipent de tentes pour se protéger.