La spiritualité des hommes du Mésolithique ne peut être déterminée à partir des données archéologiques, mais les découvertes mettent en évidence une relation étroite entre l’homme et son milieu naturel.

Mis à jour le
11 février 2016

Si les données archéologiques offrent peu d’informations sur la spiritualité de ces populations, diverses observations soulignent l’importance de la relation entre l’homme et son milieu naturel. De grands bois de cerfs remontant à la fin du Mésolithique ont été trouvés aux côtés des défunts dans les cimetières bretons de Téviec et Hoëdic, et celui de Vedbaek au Danemark.

Des crânes de cerf garnis de leurs bois ont été découverts sur des sites du Mésolithique ancien, vers – 9500 environ, dans le nord de l’Angleterre et en Allemagne : ils sont assimilés à des coiffes, peut-être jadis agrémentées des peaux de ces animaux. Ces objets ont pu être portés pour faciliter l’approche de proies. Ils peuvent aussi être liés à des pratiques chamaniques comme les ethnologues en ont notamment identifié chez des peuples sibériens.

Une dépouille féminine, découverte à Bad Dürrenberg en Allemagne, est richement parée de restes animaux : bois de cerf, dents de cerf et de sanglier, coquilles, carapaces de tortue et autres vestiges… La reconstitution de son costume évoque également celui des chamanes.

Les bucranes (os frontal et chevilles osseuses) d’aurochs soigneusement déposés au fond de fosses à Auneau en Eure-et-Loir pourraient comporter une valeur spirituelle ou symbolique, tout comme les chevreuils entiers déposés dans des fosses, notamment à Etomelles dans l’Aisne.

Sur la base de ces indices, il est tentant de succomber à l’hypothèse d’« êtres intermédiaires » faisant le lien entre les hommes et les esprits de la nature. De même, on imagine volontiers que le riche mobilier mis au jour dans les tombes ait valeur de viatique, ou que les dépôts animaux découverts dans les fosses aient servi à honorer une divinité pour assurer une chasse abondante.

Cependant, la démonstration archéologique de ces points reste bien hasardeuse.

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Restes d'au moins deux individus incinérés à la fin du Mésolithique, vers 5400 avant notre ère, Concevreux (Aisne), 2006.
Un dépôt d'outils accompagne la sépulture : canines de sanglier, bois de cerf et cône en craie.
Photo publiée dans l'ouvrage La France racontée par les archéologues, par C. Marcigny et D. Bétard, coédition Gallimard - Inrap.

© Bruno Robert, Inrap