Peu développée aujourd’hui, l’archéologie des religions des XIXe et XXsiècles en France doit s’articuler avec une archéologie républicaine.

Mis à jour le
11 février 2016

À partir de la Révolution, la question religieuse occupe une place prépondérante dans les batailles politiques qui agitent la société française. Et ce, durant tout le XIXsiècle, jusqu’à la Grande Guerre et l’Union sacrée qui soude les Français face à l’ennemi.

L’enjeu est de taille, dans un pays alors profondément catholique et lié au Vatican par le Concordat signé sous le Consulat de Bonaparte. Les biens de l’Église, le statut des membres du clergé, et surtout la question de l’enseignement sont au cœur des débats, particulièrement vifs au cours de la IIIRépublique. En 1905, laïcité républicaine aidant, est promulguée la loi de séparation des églises (catholique, mais aussi protestante et juive) et de l’État.

Bien que peu développée, l’archéologie des religions de l’époque contemporaine a pour objet d’étudier les équipements du culte. Particulièrement sous la IIIRépublique, la fréquentation des églises, statuaires, calvaires, chemins de croix, et autres monuments marials (associés aux apparitions), nous renseigne sur la réalité des cultes, dont le droit canonique ne saurait à lui seul rendre compte.

Le XIXsiècle regorge de constructions religieuses en tous genres. Les églises sont le plus souvent bâties ou rebâties, et meublées dans un style néogothique (inspiré du XIIIsiècle) qui s’oppose au néo-Renaissance, surtout prisé dans les constructions municipales.

Cette archéologie bien spécifique ne peut se passer de l’étude des monuments républicains : statues de Marianne, mairies, pavoisements et autres statuaires viennent peu à peu baliser un environnement en pleine mutation (remembrements agraires, urbanisme galopant) jusque-là repérable par ses calvaires, croix de mission, clochers ou Vierge Marie.