L'âge du Bronze se caractérise par le développement et l'essor d'une agriculture raisonnée, du commerce, et d'un artisanat spécialisé, dessinant le portrait d’une société agropastorale hiérarchisée, qui tire profit des ressources naturelles et maîtrise un large panel de techniques artisanales.

Mis à jour le
12 février 2016

Des notions aussi abstraites qu’« organisation sociale » et « vie politique » sont difficiles à appréhender par le seul biais de l’enquête archéologique. L’examen des témoins matériels ou immobiliers ainsi que l’analyse critique et comparée des sites d’habitat ou funéraires permettent néanmoins d’affiner l’interprétation de cette période.

Amorcée bien avant l’âge du Bronze, l’exploitation des ressources naturelles s’intensifie. Les méthodes agricoles se perfectionnent. De nouvelles techniques de labour façonnent le paysage autour de parcelles agricoles qui se structurent, témoignant du passage d’une agriculture post-forestière à un système fondé sur les jachères et les attelages légers pour cultiver la terre. Les labours croisés, nécessaires au travail à l’araire, exigent des parcelles régulières et quadrangulaires.

De nouveaux aliments et de nouvelles habitudes sont introduits dans leur gestion. Les céréales sont cultivées et stockées en silos ou en greniers.

Le travail des métaux (bronze ou or) nécessite une haute technicité, qui implique une transmission des savoirs et donc des artisans spécialisés : métallurgistes, orfèvres, dinandiers.

De complexes réseaux d’échanges se mettent en place, tant pour l’approvisionnement en minerais, qui entrent dans la confection des objets en bronze, que pour celui du sel, nécessaire à la conservation des aliments, ou pour d’autres matériaux comme l’ambre ou le verre ; mais aussi pour des produits alimentaires ou manufacturés (peaux, tissus) qui ne laissent pas ou peu de traces archéologiques.

Avec l'introduction du bronze et la nécessaire maîtrise des réseaux commerciaux, la hiérarchisation de la société s'accélère. L’étude des modes funéraires indique une reconnaissance du statut de l’individu selon la place qu’il occupait dans la société.