Les archéologues analysent les états médiévaux et les modalités de son implantation sur les vestiges antiques.

Dernière modification
29 septembre 2016

Rue Saint-Faron, préalablement à la construction d’un immeuble d’habitations, l’État (Drac Île-de-France) a prescrit des recherches archéologiques menées par l’Inrap de juillet à décembre 2016, sur 1570 m2. Les archéologues étudient les vestiges de l’Abbaye Saint-Faron (VIIe-XIXe siècles) établie sur un quartier antique. Fondé au VIIe siècle par Faron, évêque de Meaux, le monastère est d’abord dédié à Sainte Croix. Il prit ensuite le nom de son fondateur canonisé. Disparue du paysage urbain meldois avec la Révolution française, l’abbaye a fait l’objet de deux interventions archéologiques. L’une, en 1990-1991, a permis de repérer l’église abbatiale (Danielle Magnan, SRAIF), l’autre en 2012  de dégager une portion du cloître (Erwan Bergot, Inrap).

La fouille actuelle, porte sur la partie sud de l’établissement monastique qui, d’après les sources historiques, est réservée à l’abbé. Son objectif est de pouvoir appréhender les états médiévaux de l’abbaye et d’analyser les modalités de son implantation sur les vestiges antiques.

Un carrefour de rues antiques

La fouille actuelle a permis de découvrir un nouveau carrefour de rues antiques. L’église de l’abbaye semble avoir été installée au croisement de ces axes de circulation, elle s’inscrit donc dans un îlot de ville antique.
Malgré l’impact des aménagements postérieurs qui ont perturbé voire détruit les vestiges antiques, cette première fouille d’un carrefour de rues de la ville de Ia(n)tinum devrait apporter de précieuses informations quant au mode d’occupation gallo-romain (habitat et/ou artisanat ?).
Les traces d'un incendie ont été repérées sur une large partie de l’emprise, et renseignent, comme la fouille du site du 23 boulevard Jean-Rose, sur l’importance de ce risque pour des constructions dans lesquelles le bois associé à la terre crue est largement présent. L’utilisation de la pierre ne se généralise que tardivement (au IIe siècle).

Un cimetière paroissial

La présence de sépultures dans un contexte monastique est courante. La fouille actuelle révèle une zone funéraire dense située au nord de l’emprise. Elle contient des dizaines de sépultures, orientées est-ouest et disposées en rangées. La présence d’enfants et de femmes atteste qu’il s’agit d’un cimetière médiéval paroissial et non réservé aux moines. Sa datation est délicate en l’absence de mobilier associé aux sépultures. Il pourrait néanmoins s’agir de celui la paroisse du faubourg Saint-Faron, appelé aussi « bourg Saint-Thibault », du nom de l’église paroissiale située, selon les dernières analyses documentaires, au nord de l’église abbatiale de Saint-Faron. Sur la partie fouillée en 2012, 11 sépultures avaient été découvertes. Elles se répartissaient en deux ensembles : VIIe-VIIIe siècle et XVIIe siècle.

Portes ouvertes à l’occasion des Journées européennes du Patrimoine
À l'occasion des Journées européennes du Patrimoine, venez découvrir, avec les archéologues, les vestiges archéologiques.
Dimanche 18 septembre 2016, 10 h - 12 h et 14 h - 17 h
Entrée par la rue de la visitation
NB. : prévoir des chaussures adaptées aux conditions de chantier

Aménagement SCCV le Clos Saint-Faron
Contrôle scientifique Service régional de l’Archéologie (Drac Île-de-France)
Recherche archéologique Inrap
Responsable scientifique David Couturier, Inrap