Fouille et mise en perspective de deux enclos funéraires fossoyés circulaires protohistoriques dans leur contexte local : Grand Est, Aube, Marigny-le-Châtel, « L’Épine Gérard »

Sous-titre

Rapport de fouille archéologique 2017

Numéro DAP
24
Image d'entête
DAP 24 | Marigny-le-Châtel « L'Épine Gérard » (Aube)
Média
DAP 24 | Marigny-le-Châtel « L'Épine Gérard » (Aube)
date expertise
décembre 2017
date achevement
septembre 2017
Paragraphes

La fouille de près de 5000 m² réalisée en 2014 sur la commune de Marigny-le-Châtel (Aube), lieu-dit « L’Epine Gérard », s’inscrit dans le cadre d’un vaste projet d’aménagement du territoire, l’implantation du gazoduc « Arc de Dierrey » sous la maîtrise d’ouvrage de GRT gaz. Celui-ci parcours plus de 300 kilomètres depuis le nord vers le centre de la France, dont près de 88 kilomètres (266 hectares) en Champagne-Ardenne (département de l’Aube et de la Haute-Marne).
L’emprise de ce tracé a fait l’objet d’une attention archéologique particulière de la part du service régional de l’archéologie, d’abord par la prescription d’un diagnostic archéologique exhaustif sur toute la largeur de la bande concernée, parfois même d’un décapage intégral immédiat des zones soupçonnées être les plus prometteuses.
L’ouvrage traverse en effet la Seine à deux reprises dans des secteurs déjà richement documentés, en particuliers les terrains alluviaux convoités par l’exploitation de granulats, le Nogentais et dans une moindre mesure le Vaudois. Il rencontre aussi des territoires peu soumis à la recherche archéologique, le sud de la Brie, le Pays d’Othe, le Barrois, et plus généralement le plateau crayeux champenois.
Au total près de 45 occupations archéologiques ont été révélées, qui se sont traduites par près de 20 ha de prescriptions (Durost, 2016).

L’emprise de cette fouille présente justement le double intérêt d’être localisée d’une part dans un de ces secteurs de la plaine crayeuse peu sujets aux opérations archéologiques, d’autre part en rase campagne, à l’écart des traditionnels secteurs d’aménagement du territoire.
La commune de Marigny-le-Châtel se trouve en effet en Champagne crayeuse dite aussi Champagne sèche, en rive gauche de la vallée de la Seine. Elle est traversée par un petit affluent de celle-ci, l’Ardusson, qui prend sa source un peu en amont sur le territoire communal de Sainte-Flavy, avant de s’écouler sur près de 27 km jusqu’à sa confluence avec le fleuve à Nogent-sur-Seine. Le tracé de la canalisation de gaz orienté nord-ouest / sud-est, recoupe celui du ruisseau à Saint-Martin de Bossenay, avant de suivre son cours à distance en rive gauche à hauteur du village de Marigny-le-Châtel. À quelques 2 kilomètres du fond de la vallée, il s’agit de l’amorce des reliefs occidentaux, une position topographique assez remarquable.
La présence du cours d’eau induit une anthropisation précoce et pérenne de ce territoire comme le montrent les quelques opérations archéologiques réalisées à proximité.
C’est notamment le cas en rive gauche, par l’implantation d’habitats dès la fin de l’âge du Bronze, au cours de l’âge du Fer et durant la période gallo-romaine (Thomas, Fechner et al., 2008 ; Alcantara et al., 2015), ainsi que celle de nécropoles afférentes pour l’âge du Bronze, l’âge du Fer (présente opération, Filipiak et al., 2018 ; Vistel et al., 2015) et l’Antiquité (Thomas, Fechner et al., 2008).
Cela se vérifie aussi en rive droite de l’Ardusson, avec toujours des occupations funéraires sur la pente pour l’âge du Bronze et l’âge du Fer (Achard-Corompt et al., 2017, Lefebvre et al., 2019 et Daroque, 2020), et probablement de l’habitat protohistorique et antique à proximité des berges (Filipiak et al., 2021).
Ces découvertes viennent confirmer le potentiel archéologique local, esquissé déjà par quelques découvertes anciennes exceptionnelles telles que les phalères discoïdes en Bronze du trésor de Saint-Martin de Bossenay (conservées au musée archéologique de Troyes et au musée des Antiquités Nationales de Saint-Germain-en-Laye), ainsi que par les nombreuses campagnes de prospections aériennes effectuées depuis les années 80 (Denajar, 2005).

Le présent décapage réalisé au lieu-dit « l’Épine Gérard » a été motivé par la découverte lors du diagnostic d’un vaste enclos fossoyé ouvert (18 mètres de diamètre) dépourvu de sépulture, dont les quelques fragments de céramique recueillis dans le comblement du fossé se rapportaient à une unique forme en usage au début du Bronze final sans doute passée au bûcher (Desmarchelier et al., 2013).
Lors de la fouille, un second enclos du même type bien que plus modeste en taille (5 mètres de diamètre) a été mis au jour à proximité du premier, toujours sans aucune tombe dans l’emprise des monuments ou sur les pourtours malgré une fenêtre d’observation étendue de part et d’autre des monuments.
À l’issue de la fouille, les éléments de datation sont malheureusement restés tenus pour asseoir la chronologie des vestiges, soit quelques tessons de céramique pouvant en effet se rapporter à l’étape initiale du Bronze final, en association à de l’industrie lithique à la chronologie peu assurée (grattoir et fragment de lame). Les datations réalisées sur des charbons issus du comblement inférieur des fossés ont livré sans surprise des fourchettes hétérogènes et globalement larges, comprises entre le Bronze ancien et La Tène ancienne pour le plus grand monument, entre le Néolithique ancien et La Tène ancienne pour le plus petit.
L’implantation des structures, relativement bien conservées, semble coïncider avec la présence d’un « petit monticule crayeux » bordé de légères dépressions au sein d’un plus vaste paléovallon colmaté et perpendiculaire au cours actuel de l’Ardusson. Il s’agit d’une probable zone d’écoulement naturelle des eaux de surface vers la vallée. Une érosion différenciée caractérise d’ailleurs les vestiges, signe d’un relief initial partiellement érodé et sans doute nivelé au cours du temps par l’action des travaux agricoles ayant pu emporter les structures funéraires associées, éventuellement des incinérations. Hors emprise, un troisième enclos reconnu par photo aérienne vient compléter cet ensemble, un pôle modeste qui s’inscrit en réalité au sein d’une vaste aire funéraire présente tout autour de Marigny.

En effet, comme énoncé dans le contexte archéologique, deux autres décapages réalisés dans le cadre du gazoduc « Arc de Dierrey » dans ce même secteur ont fait l’objet de rapports distincts. Ils concernaient principalement des vestiges funéraires protohistoriques, en particulier des monuments. Quelques centaines de mètres au nord de « L’Épine Gérard », au lieu-dit « Le Pont de Riom, Chemin de la Pèze », il s’agit de trois enclos fossoyés avec tombes, un circulaire et deux quadrangulaires, de trois enclos palissadés quadrangulaires, dont au moins un avec fosse sépulcrale, ainsi qu’une trentaine de tombes en fosses, inhumations et crémations confondus, sans doute dépourvues de monument, parfois aménagées de blocs de grès, et pour certaines richement dotées de dépôts céramiques et/ou métalliques (Filipiak et al., 2018). La chronologie de cette nécropole, bien déterminée grâce à l’abondant mobilier associé aux tombes, s’étend de l’étape initiale au début de l’étape moyenne du Bronze final. Quelques centaines de mètres au sud de l’emprise, un imposant enclos fossoyé quadrangulaire localisé au lieu-dit « Le Saussoir à Jollier », s’inscrit quant à lui dans la typologie des monuments aristocratiques de la fin du premier âge du Fer (Vistel et al., 2015), malheureusement dépourvu de tombe.
En rive droite de l’Ardusson, la nécropole fouillée en 2017 comportait quant à elle un grand enclos palissadé avec une tombe associée, un ensemble daté du premier âge du Fer, probablement l’étape moyenne du Hallstatt, et un second enclos de forme quadrangulaire, fossoyé, présentant deux états distincts, avec deux tombes associées pour une datation comprise entre La Tène A et La Tène D. Un dernier enclos fossoyé circulaire dépourvu de tombe mis en jour sur la parcelle adjacente lors d’un diagnostic vient compléter l’étendue de cette nécropole vers l’ouest. Une datation de la fin de l’âge du Bronze est ici suggérée de par le mobilier exhumé (Daroque, 2020).

Comme évoqué, la présence d’enclos dans cette vallée secondaire était reconnue depuis les campagnes de prospections aériennes des années 80. Les fouilles réalisées, en particulier celle-ci, ont permis de documenter ces vestiges funéraires en apportant des éléments de réponse concernant la datation, à partir de l’étape initiale du Bronze final puis au cours des âges du Fer, sur le choix de leur implantation, l’amorce des pentes de part et d’autre de la vallée, enfin l’organisation de l’espace, des pôles plus ou moins importants au sein d’une vaste zone concernée. Cette nécropole présente de nombreuses similitudes avec les contextes reconnus de la confluence Seine-Yonne, dans l’architecture des monuments (enclos fossoyés mais aussi palissadés), mais aussi des tombes (aménagement des fosses avec des blocs de grès), ainsi que dans la culture matérielle exhumée (céramique, parures, assemblages caractéristiques). Elles sont, par ailleurs, en lien avec quelques zones d’habitats contemporaines reconnues dans la vallée à proximité.

Les résultats de cette fouille, à la lecture du contexte archéologique local en cours d’enrichissement, s’inscrivent parfaitement dans l’axe 5 de la programmation nationale de la recherche archéologique consacré aux âges des métaux. Malgré l’étroitesse des fenêtres d’observation, n’offrant qu’une vision partielle des vestiges, l’opportunité de ce tracé linéaire a permis de documenter une nécropole très étendue dans le temps et dans l’espace, dans un secteur n’ayant que très peu de chance d’être impacté de nouveau par l’archéologie préventive. Il en ressort néanmoins quelques hypothèses sur l’organisation des espaces funéraires dans ce secteur, la nature et la matérialisation des sépultures, le lien avec les zones d’habitat, un fort potentiel à continuer d’explorer.

Sommaire

I. Données administratives, techniques et scientifiques

II. Résultats

1. État des connaissances avant l’opération

1.1. Les circonstances de l’intervention
1.2. Le contexte géographique et géologique
1.3. Le contexte archéologique

2. Stratégie et méthodes mise en œuvre

2.1. Les objectifs scientifiques de l’opération
2.2. Le déroulement de l’opération
2.3. Les contraintes rencontrées
2.4. La phase d’étude
2.5. Le contenu du rapport

3. Les résultats

3.1. Le terrain naturel encaissant
3.2. Les vestiges archéologiques
3.3. Les contraintes rencontrées
3.4. La phase d’étude
3.5. Le contenu du rapport

4. Conclusion

5. Annexes

5.1. La céramique protohistorique
5.2. Description de l’industrie lithique de l’enclos 1 de Marigny-le-Châtel « L’Épine Gérard », fouille Gazoduc Arc de Dierrey, tranche 2, zone 2
5.3. Le mobilier métallique
5.4. Étude carpologique de prélèvements issus des enclos du site de Marigny‑le-Châtel « L’Épine Gérard »
5.5. Les datations 14C

6. Bibliographie

III. Inventaires techniques

Bibliographie / Ressources

Rapport de fouille

FILIPIAK, Benoit (dir.), PEAKE, Rebecca, DAOULAS, Geneviève, LANGRY-FRANOIS Fabien (2017). Fouille et mise en perspective de deux enclos funéraires fossoyés circulaires protohistoriques dans leur contexte local : Grand Est, Aube, Marigny-le-Châtel, « L’Épine Gérard » (Rapport de fouille, 1 vol.). Metz : Inrap Grand-Est-Nord. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0147728>.

Rapports cités dans l'introduction

FILIPIAK, Benoit (dir.). (2021). Marigny-le-Châtel, Aube, « Rue des Cimetières » (Rapport de diagnostic, 1 vol.). Metz : Inrap Grand-Est. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0163569>.

DAROQUE, Carole (dir.). (2020). Enclos circulaire et extension d’une nécropole protohistorique : Marigny-le-Châtel, Aube, « 1, rue de la Glacière, Grand Est » (Rapport de diagnostic, 1 vol.). Metz :Inrap Grand-Est. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0160255>.

LEFEBVRE, Arnaud (dir.), DUBUIS, Bastien, GONNET, Adrien & LANGRY-FRANCOIS, Fabien. (2019). Trois enclos funéraires de l’âge du Fer sur les rives de l’Ardusson : Marigny-le-Châtel, Aube « Le Bas de La Glacière » (Rapport de fouille, 1 vol.). Metz : Inrap Grand-Est. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0157202>.

FILIPIAK, Benoit (dir.), DAOULAS, Geneviève, GIROS, Romain, LE GOFF, Isabelle et coll. (2018). Marigny-le-Châtel « Chemin de la Pèze, Le Pont de Riom », Une importante nécropole de l’étape initiale du Bronze final, des fosses de piégeage du Néolithique ancien et un habitat de l’époque médiévale (Rapport de fouille, 2 vol.). Metz : Inrap Grand-Est. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0148926>.

CHARD-COROMPT, Nathalie (dir.), MONNIER, Alexandre. (2017). Un ensemble funéraire du premier âge du Fer : Grand Est, Aube, Marigny-le-Châtel, « Le Bas de la Glacière » (Rapport de diagnostic, 1 vol.). Metz : Inrap Grand-Est. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0147735>.

ALCANTARA, Aurélien, MARCO, Zabeo (dir.) et coll. (2015). Marigny-le-Châtel (10), « Le Saussoir à Jollier », occupations protohistoriques et antiques. Bronze final III, Hallsatt C-D, La Tène D2, Antiquité (Ier au IVe s. ap. J.-C.) (Rapport de fouille, 5 vol.). Chaponnay : Archeodunum. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0139081>.

VISTEL, S(dir.), DEBROSSE-DEGOBERTIERE (S.), GIROS (R.), ZIPPER (K.). (2015). Un enclos du Hallstatt final/La Tène ancienne : Marigny-le-Châtel, Aube, « Le Saussoir à Jollier », Gazoduc zone 2 tranche 1 (Rapport de fouille, 1 vol.). Metz : Inrap Grand-Est-Nord. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0139286>.

DESMARCHELIER, Virginie (dir.), CARVALHO DE, Isabelle, DUFAYET, Clélia & GIROS, Romain. (2013). Canalisation de transport de gaz dite « Arc de Dierrey » Marigny-le-Châtel, Saint-Martin de Bossenay, Gélannes (Aube) (Rapport de diagnostic, 1 vol.). Metz : Inrap Grand-Est-Nord. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0129775>.

THOMAS, Y., FECHNER, K., BANDELLI, A., BOULEN, M., DELIGNE, F., DELOR-AHU, A., RICHARD, I., VAN ES, M. & YVINEC, J.-H. (2008). Marigny-le-Châtel (Aube) « Les Marnes », Occupations au Ha D3 / LT A, à La Tène D et au Haut Empire – sols, habitats et nécropole (Rapport final d’opération). Service Régional de l’Archéologie Grand Est, Châlons-en-Champagne.

Publications citées dans l'introduction

DUROST, R. (2016). De la Seine à la Seine, en passant par les plateaux : Résultats archéologiques de l’Arc de Dierrey champardennais. Bulletin de la Société archéologique champenoise, 109 (3), 49-61. Disponible sur <https://halshs.archives-ouvertes.fr/hal-02507874> (consulté le 14 février 2022).

DENAJAR, Laurent. (2005). Carte Archéologique de la Gaule. 10. L’Aube. Paris : Éditions de la Maison des sciences de l'homme.

Citations

FILIPIAK, Benoit (dir.), PEAKE, Rebecca, DAOULAS, Geneviève, LANGRY-FRANÇ​OIS, Fabien, WIETHOLD, Julian (coll.) & DESIDERIO, Anna-Maria (coll.). (2022). Fouille et mise en perspective de deux enclos funéraires fossoyés circulaires protohistoriques dans leur contexte local : Grand Est, Aube, Marigny-le-Châtel, « L’Épine Gérard » : rapport de fouille archéologique 2017 (1 vol.). Paris : Inrap. (Documents d’archéologie préventive ; 24). <https://doi.org/10.34692/29np-ph11>.

Auteur(s) / direction
Auteur(s) / collaborateur
CTRA
Chronique de site
L'Épine Gérard, Le Chemin de Riom à Marigny-le-Châtel (Aube)
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Rapport DAP
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FR
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Text

Mas de Vignoles IX : Languedoc-Roussillon, Gard, Nîmes

Sous-titre

Rapport de fouille archéologique 2012

Numéro DAP
22
Image d'entête
DAP 22 | Nîmes « Mas de Vignoles IX » (Gard)
Média
DAP 22 | Nîmes « Mas de Vignoles IX » (Gard)
date expertise
mai 2015
date achevement
août 2012
Paragraphes

La fouille de Mas de Vignoles IX s’est déroulée en 2004 et portait essentiellement sur la fouille d’une occupation rurale protohistorique accolée à un tronçon de voie probablement contemporain. Dans les emprises à décaper, un peu plus de 3 hectares, le diagnostic avait également permis la détection de vestiges du Néolithique, moyen et final, et de l’Antiquité romaine. À cette époque, c’était la première fois qu’un décapage d’une certaine ampleur portait sur l’étude d’un établissement rural gaulois à distance de l’oppidum. Les questions qui se posaient étaient de savoir si ce type d’établissement avait été habité de façon pérenne, comment il était structuré et surtout quelles activités agricoles ou autres étaient pratiquées.

Pour répondre à cet ensemble de problématiques, plusieurs stratégies d’intervention ont été envisagées. La fouille des fossés, par exemple, a été menée de façon à enregistrer le mobilier par tronçon afin de pouvoir localiser avec précision les dépotoirs domestiques. Ainsi, l’ensemble des linéaires a été fouillé manuellement et l’ensemble des mobiliers a fait l’objet de cartes de répartition. Des zones de rejets préférentielles ont pu être mises en évidence en fonction des différentes phases d’occupation. L’étude de la céramique a montré que les assemblages étaient en tous points comparables à ceux des niveaux contemporains présents sur les oppida de la région et que certains vases (cratère attique découvert dans un puits) témoignaient d’une certaine richesse des occupants. La présence de nombreux fragments d’amphore en provenance de Marseille mais également de Grande Grèce et d’Etrurie renforce cette hypothèse et laisse envisager qu’une partie des productions de l’établissement servait de contrepartie à ces échanges. L’étude des restes fauniques réalisée par Vianney Forest a montré également un niveau de consommation de viande tout à fait dans les moyennes régionales avec toutefois un particularisme concernant la viande d’équidé. Ce constat a pu être confirmé sur une autre fouille au Mas Vigier (resp. Antoine Ratsimba) et a suggéré que cette consommation de viande était probablement liée à un accès plus facile à cet animal ; nous avons proposé qu’un part de l’élevage des chevaux pouvait se faire dans ces établissements localisés en plaine.

Les puits ont également fait l’objet d’une attention soutenue. Pour cette période, les puits ne sont pas cuvelés et sont creusés directement dans un substrat limoneux qui sape assez rapidement au contact de l’eau. En fin d’opération, ils ont tous fait l’objet d’une intervention mécanisée à l’aide d’une pelle mécanique pour être certain de prélever dans les premiers niveaux d’utilisation. Certains de ces puits ont livré des restes végétaux fossiles prouvant que la nappe phréatique n’était pas descendue en dessous d’un certain seuil. D’autres moins profondément creusés n’en ont pas conservé. L’hypothèse que la profondeur des creusements était liée à la facilité d’accéder à l’eau en fonction des saisons a été proposée. Ainsi, il a été envisagé que les creusements les plus profonds avaient été pratiqués en saison sèche, plutôt l’été, contrairement aux autres, probablement aménagé à l’automne. La découverte de lots céramiques a autorisé une approche chronologique assez précise qui a permis de rattacher chaque puits à une phase d’occupation. Il a pu être proposé que chaque puits pouvait avoir une durée de vie assez courte et qu’il était nécessaire d’en creuser un de nouveau régulièrement. Faute d’éléments précis permettant d’affiner la chronologie de chaque puits, nous avons simplifié le raisonnement en proposant un puits par quart de siècle d’occupation, soit 9 puits pour une durée d’occupation de 225 ans. Ces puits, qui constituent des pièges particuliers, peuvent enregistrer les activités menées au sein des enclos délimités par les fossés. Ainsi, les études anthracologiques et carpologiques (réalisées par Isabelle Figueiral) ont apporté de nombreuses informations essentielles à la connaissance de l’environnement de l’établissement : collecte des bois de chauffe, céréales cultivées et pratiques en matière de consommation.

L’autre élément fort du dossier a été la possibilité de décaper et de fouiller une voie sur 200 mètres de long. L’analyse stratigraphique et la collecte de mobilier dans les différentes phases d’aménagement ont montré que sa mise en place remontait à la fin du VIe s. av. n. è. et qu’elle avait perduré dans le paysage jusqu’au Moyen Âge, avec une reprise par un chemin vicinal moderne avec toutefois des rythmes de fréquentation variables. Des arguments indirectes d’analyse spatiale suggère qu’elle pourrait être plus ancienne encore car de nombreux vestiges de l’âge du Bronze longe son parcours sur plusieurs centaines de mètres, au-delà des limites mêmes de la fouille de Mas de Vignoles IX.

Dans ce secteur de la plaine du Vistre, force est de constater que les séquences sédimentaires n’enregistrent pas les occupations protohistoriques et antiques. Ces dernières ont été détruites par les travaux agricoles et seules les structures dite en creux conservent en quelque sorte la mémoire de leur nature. Ainsi, le chemin du Mas de Vignoles et son importante séquence conservée a d’emblée été considéré comme un piège à sédiments permettant un enregistrement des dépôts sur près d’un millénaire. Trois grandes coupes ont été réalisées et une a été sélectionnée pour servir de coupe de référence. Une fois la coupe dessinée et enregistrée par les archéologues, un enregistrement systématique de chaque couche a été réalisée par Pascale Chevillot (géomorphologue) et un prélèvement de 10 litres a été effectué pour récupérer les coquilles de mollusques pour être étudiées par Sophie Martin (malacologue). L’ensemble de ces études a permis de mieux connaître l’environnement immédiat de la voie, d’envisager des pratiques agricoles et un statut des terres en fonction des différentes périodes. Cela a aussi permis de mesurer les rythmes de sédimentation et les épisodes de colmatage important nécessitant pour les utilisateurs le curage des fossés mais aussi des réaménagements successifs des bandes de roulement. Plusieurs fenêtres de fouille ont livré des niveaux de circulation bien conservés où l’on a pu observer des réseaux d’ornières témoignant d’une fréquentation importante dès l’âge du Fer.

C’est donc grâce au dialogue et à la confiance réciproque entre le prescripteur des services de l’État, en l’occurrence Christophe Pellecuer, et les archéologues que cette fouille a permis pour la première fois dans le secteur nîmois d’étudier dans le détail un établissement agricole protohistorique. Les résultats ont fait l’objet de plusieurs publications de différentes natures en fonction des supports et des problématiques des colloques auxquels l’équipe a pu intervenir (voir ressources liées).

Sommaire

VOLUME 1 - Les synthèses

I. Données administratives, techniques et scientifiques

II. L’opération archéologique

1. Présentation générale de l’opération

1.1. Cadre administratif de l’opération
1.2. Moyens mis en œuvre et constitution de l’équipe
1.3. Déroulement de l’opération et stratégie d’intervention
1.4. Documentations et clefs d’accès

2. Contexte d’intervention

2.1. Le cadre géographique
2.2. L’environnement archéologique
2.3. Les données du diagnostic

3. Approches paléo-environnementales

4. Présentation générale des résultats archéologiques de la
fouille

4.1. Les vestiges du Néolithique
4.2. L’âge du Bronze
4.3. L’occupation protohistorique
4.4. Les vestiges antiques
4.5. Les vestiges médiévaux
4.6. Une inhumation d’époque moderne
4.7. Conclusion générale

5. Présentation des études thématiques

5.1. L’étude du mobilier métallique
5.2. L’apport des restes végétaux à l’étude de l’environnement passé et des rapports
homme/milieu
5.3. Étude archéozoologique : ostéologie, conchyliologie

Bibliographie générale

Liste des figures

III. Inventaires techniques


VOLUME 2 - Le chemin du Mas de Vignoles

1. Introduction

2. Historique de l’intervention

3. Protocoles d’enregistrement

4. Contexte stratigraphique et évolution géomorphologique
dans le secteur 1

4.1. Localisation du secteur 1
4.2. Synthèse des résultats de l’étude paléoenvironnementale
4.3. Inventaire des US et Faits enregistrés dans le secteur 1

5. Analyse stratigraphique et évolution dans le secteur 2

5.1. Localisation du secteur 2
5.2. Analyse synthétique du secteur 2
5.3. Inventaire des US et Faits enregistrés dans le secteur 2

6. Analyse stratigraphique et évolution dans le secteur 3

6.1. Localisation du secteur 3
6.2. Analyse synthétique du secteur 3
6.3. Inventaire des US et Faits enregistrés dans le secteur 3

7. Analyse stratigraphique et évolution dans le secteur 4

7.1. Localisation du secteur 4
7.2. Analyse synthétique du secteur 4
7.3. Inventaire des US et Faits enregistrés dans le secteur 4

8. Analyse stratigraphique et évolution dans le secteur 5

8.1. Localisation du secteur 5
8.2. Analyse synthétique du secteur 5
8.3. Inventaire des US et Faits enregistrés dans le secteur 5

9. Analyse stratigraphique et évolution dans le secteur 6

9.1. Localisation du secteur 6
9.2. Analyse synthétique du secteur 6
9.3. Inventaire des US et Faits enregistrés dans le secteur 6

10. Analyse stratigraphique et évolution dans le secteur 7

10.1. Localisation du secteur 7
10.2. Analyse synthétique du secteur 7
10.3. Inventaire des US et Faits enregistrés dans le secteur 7

11. Évolution générale de la voie VOI2008

11.1. Conservation et chronologie
11.2. Évolution des tracés

12. En guise de conclusion

12.1. Le chemin du Mas de Vignoles dans la plaine du Vistre
12.2. Un chemin plus ancien...

Bibliographie générale

Liste des figures

Inventaire des données malacologiques


VOLUME 3 - Documentation zone 1


VOLUME 4 - Documentation zone 2 et 3

Bibliographie / Ressources

Rapport de fouille

SEJALON, Pierre (dir.). (20212). Mas de Vignoles IX : Languedoc-Roussillon, Gard, Nîmes (Rapport de fouilles, 4 vol.). Nîmes : Inrap Méditerranée.  <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0125848>.

Rapport de diagnostic

SÉJALON, Pierre & NORET, Christelle. (2003). Mas de Vignoles VIII à Nîmes (Gard) (Rapport de diagnostic). Nîmes : Inrap Méditerranée.

Publications

SÉJALON, Pierre. (2019). Essai de hiérarchisation des axes de circulation durant la Protohistoire en Languedoc. Dans Cl. Raynaud (dir.), Voies, réseaux, paysages en Gaule :  Actes du colloque en hommage à Jean Luc Fiches, Pont-du-Gard, juin 2016 (Supplément à la Revue Archéologique de Narbonnaise, 49).

SÉJALON, Pierre & RATSIMBA, Antoine. (2018). Aménagements et entretiens des voies durant la Protohistoire en Languedoc. Dans : A. Villard-Le Tiec (dir.), Y. Menez et P. Maguer, Architectures de l’âge du Fer en Europe occidentale et centrale : Actes du 40e colloque international de l’AFEAF, Rennes, 4-7 mai 2016 (p.539-558). Rennes : Presses Universitaires de Rennes.

FIGUEIRAL, Isabel & SÉJALON, Pierre. (2014). Archeological wells in southern France :Late Neolithic to Roman plant remains from Mas de Vignoles IX (Gard) and their implications for the study of settlement, economy and environment. Environmental Archeology, 19 (1), 23-38.

SÉJALON, Pierre, CAYN, Philippe, CHARDENON, Nathalie, FIGUEIRAL, Isabel & FOREST, Vianney. (2013). Aménagements et évolution de l’exploitation agricole du Mas de Vignoles IX entre la fin du VIe et le IVe s. av. n. è. à Nîmes (Gard). Document d’Archéologie Méridionale, 36, 235-270. <https://doi.org/10.4000/dam.2398>.

SÉJALON, Pierre, RATSIMB, Antoine & FOREST, Vianney. (2012). L’élevage du cheval en Languedoc. Le rôle des exploitations agricoles protohistoriques. Archéopages, 35, 18-25. <https://doi.org/10.4000/archeopages.285>.

SÉJALON, Pierre, BEL, Valérie, BREUIL, Jean-Yves & POMARÈDES, Hervé. (2009). Définition et organisation des terroirs protohistoriques de Nîmes, Gard (de la fin du VIe au Ier s. av. J.-C.). Dans : I. Bertrand, A. Duval, J. Gomez de Soto et P. Maguer (dir.), Habitats et paysages ruraux en Gaule et regards sur d’autres régions du monde celtique : Actes du 31e colloque AFEAF, Chauvigny, 17-20 mai 2007 (tome II, p. 153-180).

Citations

L'ensemble

SÉJALON, Pierre (dir.), BEL, Valérie, CAMMAS, Cécilia, CAYN, Philippe, CHARDENON, Nathalie, CHEVILLOT, Pascale, GEORJON, Cathy, ESCALLON, Gilles, FIGUEIRAL-ROWE, Isabel, FOREST, Vianney, GRECK, Sandra, MARTIN, Sophie, NORET, Christelle, PELLÉ, Richard, ROCHETTE, Marie et coll. (2022). Mas de Vignoles IX : Languedoc-Roussillon, Gard, Nîmes : rapport de fouille archéologique 2012 (4 vol.). Paris : Inrap. (Documents d’archéologie préventive ; 22). <https://doi.org/10.34692/W74Y-WF38>.

Le volume 1

SÉJALON, Pierre (dir.), BEL, Valérie, CAMMAS, Cécilia, CAYN, Philippe, CHARDENON, Nathalie, CHEVILLOT, Pascale, GEORJON, Cathy, ESCALLON, Gilles, FIGUEIRAL-ROWE, Isabel, FOREST, Vianney, GRECK, Sandra, MARTIN, Sophie, NORET, Christelle, PELLÉ, Richard, ROCHETTE, Marie et coll. (2022). Mas de Vignoles IX : Languedoc-Roussillon, Gard, Nîmes : rapport de fouille archéologique 2012. Vol. 1, Les synthèses. Paris : Inrap. (Documents d’archéologie préventive ; 22). <https://doi.org/10.34692/W74Y-WF38>.

Le volume 2

SÉJALON, Pierre (dir.), BEL, Valérie, CAMMAS, Cécilia, CAYN, Philippe, CHARDENON, Nathalie, CHEVILLOT, Pascale, GEORJON, Cathy, ESCALLON, Gilles, FIGUEIRAL-ROWE, Isabel, FOREST, Vianney, GRECK, Sandra, MARTIN, Sophie, NORET, Christelle, PELLÉ, Richard, ROCHETTE, Marie et coll. (2022). Mas de Vignoles IX : Languedoc-Roussillon, Gard, Nîmes : rapport de fouille archéologique 2012. Vol. 2, Le chemin du Mas de Vignoles. Paris : Inrap. (Documents d’archéologie préventive ; 22). <https://doi.org/10.34692/W74Y-WF38>.

Le volume 3

SÉJALON, Pierre (dir.), BEL, Valérie, CAMMAS, Cécilia, CAYN, Philippe, CHARDENON, Nathalie, CHEVILLOT, Pascale, GEORJON, Cathy, ESCALLON, Gilles, FIGUEIRAL-ROWE, Isabel, FOREST, Vianney, GRECK, Sandra, MARTIN, Sophie, NORET, Christelle, PELLÉ, Richard, ROCHETTE, Marie et coll. (2022). Mas de Vignoles IX : Languedoc-Roussillon, Gard, Nîmes : rapport de fouille archéologique 2012. Vol. 3, Documentation zone 1. Paris : Inrap. (Documents d’archéologie préventive ; 22). <https://doi.org/10.34692/W74Y-WF38>.

Le volume 4

SÉJALON, Pierre (dir.), BEL, Valérie, CAMMAS, Cécilia, CAYN, Philippe, CHARDENON, Nathalie, CHEVILLOT, Pascale, GEORJON, Cathy, ESCALLON, Gilles, FIGUEIRAL-ROWE, Isabel, FOREST, Vianney, GRECK, Sandra, MARTIN, Sophie, NORET, Christelle, PELLÉ, Richard, ROCHETTE, Marie et coll. (2022). Mas de Vignoles IX : Languedoc-Roussillon, Gard, Nîmes : rapport de fouille archéologique 2012. Vol. 4, Documentation zone 2 et 3. Paris : Inrap. (Documents d’archéologie préventive ; 22). <https://doi.org/10.34692/W74Y-WF38>.

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Nouvelles observations sur l'occupation laténienne (IIe s. av. J-C.) et gallo-romaine (Ier-IIe s. ap. J-C.) de Bas-en-Basset (Haute-Loire), Le Maray II

Sous-titre

Rapport de fouille archéologique 2015

Numéro DAP
20
Image d'entête
DAP 20 | Bas-en-Basset « Le Maray 2 » (Haute-Loire)
Média
DAP 20 | Bas-en-Basset « Le Maray 2 » (Haute-Loire)
date expertise
janvier 2016
date achevement
mars 2015
Paragraphes

L’identification des « agglomérations ouvertes » de la fin de l’âge du Fer (IIIe-Ier s. av. J.-C.) au sein de l’actuelle Auvergne, dont les limites recouvrent celles des territoires gaulois des Arvernes (Puy-de-Dôme, Cantal, Allier), des Vellaves (Haute-Loire) et des Ambluarètes (Allier), est relativement récente. Les premières hypothèses formulées en ce sens ont d’abord concerné le bassin de Clermont-Ferrand avec la mise en évidence, vers 1980, d’une première grande agglomération, connue dans la littérature archéologique sous le nom de site « d’Aulnat », quelques kilomètres à l’est de la métropole clermontoise. Dans le courant de la décennie suivante, un second site est localisé à une trentaine de kilomètres plus au nord, à l’emplacement de l’actuelle localité d’Aigueperse. Depuis, le dossier s’est considérablement enrichi et une dizaine d’agglomérations gauloises non fortifiées sont aujourd’hui identifiées de façon plus ou moins assurée en Auvergne : Les Martres-de-Veyre, Saint-Flour, Saint-Paulien, Brioude, Bas-en-Basset ; auxquelles peuvent s’ajouter, bien que moins certaines, La Roche Blanche, Lezoux et Ambert (Deberge, Kurzaj & Lauranson, 2019). Bien que la connaissance de ces sites soit encore souvent très largement lacunaire, les fouilles réalisées sur certains d’entre eux permettent d’en préciser les caractéristiques (chronologie, taille, la structuration interne...).

Localisée dans le nord du territoire des Vellaves, la commune de Bas-en-Basset a pour particularité d’accueillir un « pôle » proto-urbain constitué de trois sites implantés à peu de distance les uns des autres : l’agglomération ouverte de « Basset », située en rive droite de la Loire et occupée principalement au cours du IIe s. av. J.-C. ; le site fortifié du « Mont Malorum » perché sur une éminence surplombant la plaine ; l’agglomération ouverte de Bas localisée en rive gauche de la Loire à mi-distance des deux sites précédents.
Si l’agglomération de Basset et l’oppidum du Mont Malorum ne sont connus que par des observations très ponctuelles, le site de Bas est un peu mieux documenté. Plusieurs diagnostics ainsi que de deux fouilles y ont été conduits depuis 2005 ce qui permet de proposer certaines hypothèses concernant son extension, sa datation et son mode d’occupation. L’intervention la plus étendue, qui reste toutefois d’emprise très limitée (2800 m² au total), a permis la mise en évidence d’une occupation stratifiée. Bien que les vestiges aient été assez largement dégradés par des terrassements pratiqués sans surveillance archéologique, cette occupation se développe de façon continue de la fin du IIe s. av. J.-C. au début du IIIe s. ap. J.-C.

Pour la période laténienne (de La Tène D1b à La Tène D2b) les aménagements mis en évidence dans les secteurs les moins impactés par les destructions récentes sont exclusivement de nature domestique. Des trous de poteau (181 ex.) et des sablières (18 ex.) déterminent des constructions qui s’installent le long d’un axe de circulation empierré. Des fosses dépotoir (36 ex.), un puits et de nombreuses soles de foyer (13 ex.) sont situées à proximité ou à l’intérieur de ces bâtiments aux sols de terre battue. Les données stratigraphiques témoignent de reconstructions réalisées à intervalles rapprochés. La densité et la superficie des aménagements construits, avec six constructions accolées qui occupent environ 270 m² d’emprise au sol, indiquent qu’il s’agit d’un site densément occupé.
Les traces d’artisanat sont absentes mais à l’inverse les amphores italiques (265 individus) et les monnaies (53 exemplaires) sont nombreuses étant donnée l’exiguïté de la surface fouillée. Il semble que ce site soit plus spécifiquement impliqué dans les activités commerciales ce dont témoigne également son implantation sur le cours de la Loire, navigable à cet emplacement, et la proximité de la frontière avec le territoire ségusiave.
Cette occupation s’apparente nettement, d’un point de vue typologique et organisationnel, à celles dégagées sur les sites de Feurs ou de Roanne, localisés en aval sur le cours du fleuve. Ces habitats groupés de la fin de l’âge du Fer, également étudiés sur des superficies restreintes, ont livré des vestiges comparables avec une chronologie toutefois étendue au plein IIe s. av. J.-C.

Pour la période gallo-romaine (Ier-IIIe s. ap. J.-C.), les résultats sont également significatifs même si, comme pour la fin de l’âge du Fer, la modestie des dégagements réalisés et la faiblesse du corpus mobilier collecté constituent des freins à l’analyse. Ces vestiges recouvrent directement les aménagements gaulois. Il s’agit principalement de constructions installées sur des fondations en tranchées, dotées de murs ou de solins maçonnés et de sols de terre battue ou en béton de tuileau. Leurs plans sont différents : sur cours à galerie de façade, à plan centré, à abside… Leur architecture semble toutefois relativement modeste avec des élévations n’utilisant que très peu les liants à la chaux.
L’organisation mise en place à la période laténienne n’est pas remise en cause et certaines constructions sont édifiées à l’emplacement même des bâtiments plus anciens dont elles reprennent les limites. Cette occupation structurée s’appuie sur deux axes viaires disposés perpendiculairement. Des structures de délimitation (fossés, palissades et murs de clôtures) contribuent à séparer ces zones de circulation des espaces privés. Ce secteur est assez densément occupé avec, sur les 2 800 m² fouillés, trois bâtiments d’une surface comprise entre 60 et 200 m² à vocation probablement résidentielle. Un petit bâtiment de stockage, des constructions annexes ainsi qu’un hypothétique balnéaire (privé ?) sont également présents. Deux puits et quelques fosses ont aussi été dégagés à leur périphérie.
Le mobilier, globalement peu abondant, permet d’envisager que cette occupation fait suite, sans solution de continuité, à l’habitat laténien et se poursuit au moins jusqu’au début du IIIe s. ap. J.-C. Comme à l’âge du Fer, les activités documentées sur le site semblent essentiellement d’ordre domestique et aucun indice probant ne signale l’exercice d’un artisanat développé ou une quelconque fonction agricole.

Enfin, il est à noter que malgré des conditions d’intervention assez peu satisfaisantes, des vestiges relativement ténus (traces de sablières basses, effondrements de parois en terre, sols de terre battue…) sont conservés, ce qui montre le potentiel du site pour documenter la diversité des solutions architecturales employées dans les constructions domestiques vellaves au cours de l’Antiquité.

Cette intervention confirme finalement la présence d’une occupation continue de la fin de la période laténienne à la fin du Haut-Empire dans ce secteur de la commune de Bas-en-Basset. Les caractéristiques des vestiges gaulois orientent vers l’hypothèse d’un habitat de type agglomération ouverte. En ne prenant en compte que les secteurs étudiés dans le cadre de l’archéologie préventive, la superficie de ce site proto-urbain avoisinerait environ 6 ha. La nature de l’occupation gallo-romaine est plus difficile à définir même si l’éventualité qu’il puisse s’agir d’une agglomération secondaire est envisageable. Une telle identification apparaîtrait en tout cas logique si l’on prend comme exemples les sites de Feurs et de Roanne où l’agglomération antique fait suite à l’habitat groupé laténien. Les aménagements dégagés à Bas trouvent néanmoins des parallèles aussi bien dans le domaine rural que sur les ensembles périurbains. Reste que d’autres vestiges antiques sont localisés à peu de distance dans ce secteur de la commune. Dans leur extension maximale, il couvre une superficie d’environ 14 ha.

Sommaire

VOLUME 1

I. Données administratives, techniques et scientifiques

II. Résultats

1. Contexte de l’intervention

1.1. Origine du projet
1.2. Les étapes de l’intervention : calendrier, méthode et contraintes
1.3. Contexte géographique et archéologique

2. Résultats de l’opération de 2014 : présentation des
vestiges immobiliers et mobiliers

2.1. Position, état de conservation et densité des vestiges
2.2. Organisation générale et dynamique de l’occupation
2.3. Vestiges de la Protohistoire ancienne
2.4. L’occupation du second âge du Fer
2.5. L’occupation gallo-romaine (Haut-Empire)
2.6. Vestiges modernes et/ou contemporains

3. Synthèse

Bibliographie
Table des illustrations

Annexe : planches de mobiliers

VOLUME 2

III. Inventaires techniques

Bibliographie / Ressources

Rapport de fouille

DEBERGE, Yann. (2015). Bas-en-Basset (Haute-Loire) : Nouvelles observations sur l'occupation laténienne (II e s. av. J-C.) et gallo-romaine (I er-II e s. ap. J-C.) de Bas-en-Basset : Le Maray II : rapport de fouilles (Rapport de fouilles, 2 vol.). Bron : Inrap Auvergne-Rhône-Alpes. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0137104>.

Rapports de diagnostic

ALFONSO, Guy. (2008). Bas-en-Basset (Haute-Loire), Le Maray (Rapport de diagnostic, 1 vol.). Bron : Inrap Auvergne-Rhône-Alpes. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/018016>.

Publication citée dans l'introduction

DEBERGE, Yann, KURZAJ, Marie-Caroline & LAURANSON, Romain. (2019). Les agglomérations ouvertes de la fin de l’âge du Fer en territoires arvene et vellave (nord-est du Massif central, France). Dans S. Fichtl, G. Pierrevelcin, M. Schönfelder, Les agglomérations ouvertes de l’Europe celtique (IIIe-Ier s. av. J.-C.) : actes de la table ronde internationale de Glux-en-Glenne, oct. 2015 (p. 171-209). Strasbourg : MAGE. (Mémoires d’Archéologie du Grand-Est ; 4).

Citations

L'ensemble

DEBERGE, Yann (dir.), CABANIS, Manon, CAILLAT, Pierre, GARCIA, Magali, LOUGHTON, Matthew, PASTY, Jean-François, SIMON, Laure, WITTMANN, Alain. (2021). Nouvelles observations sur l'occupation laténienne (IIe s. av. J-C.) et gallo-romaine (Ier-IIe s. ap. J-C.) de Bas-en-Basset (Haute-Loire), Le Maray II : rapport de fouille archéologique 2015 (2 vol.). Paris : Inrap. (Documents d’archéologie préventive ; 20). <https://doi.org/10.34692/ayws-b292>.

Le volume 1

DEBERGE, Yann (dir.), CABANIS, Manon, CAILLAT, Pierre, GARCIA, Magali, LOUGHTON, Matthew, PASTY, Jean-François, SIMON, Laure, WITTMANN, Alain. (2021). Nouvelles observations sur l'occupation laténienne (IIe s. av. J-C.) et gallo-romaine (Ier-IIe s. ap. J-C.) de Bas-en-Basset (Haute-Loire), Le Maray II : rapport de fouille archéologique 2015. Vol. 1, Texte et illustrations. Paris : Inrap. (Documents d’archéologie préventive ; 20). <https://doi.org/10.34692/ayws-b292>.

Le volume 2

DEBERGE, Yann (dir.), CABANIS, Manon, CAILLAT, Pierre, GARCIA, Magali, LOUGHTON, Matthew, PASTY, Jean-François, SIMON, Laure, WITTMANN, Alain. (2021). Nouvelles observations sur l'occupation laténienne (IIe s. av. J-C.) et gallo-romaine (Ier-IIe s. ap. J-C.) de Bas-en-Basset (Haute-Loire), Le Maray II : rapport de fouille archéologique 2015. Vol. 2, Inventaires techniques. Paris : Inrap. (Documents d’archéologie préventive ; 20). <https://doi.org/10.34692/ayws-b292>.

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Occupations de La Tène finale et de l'époque gallo-romaine à Bas-en-Basset (Haute-Loire)
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Cercles de l'âge du Bronze et exploitation rurale antique, Lamballe (La Grande Chapelle, Avenue Georges Clémenceau, Côtes d'Armor)

Sous-titre

Rapport de fouille archéologique 2016

Numéro DAP
16
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DAP 16 | Lamballe « La Grande Chapelle » (Côtes d’Armor)
Média
DAP 16 | Lamballe « La Grande Chapelle » (Côtes d’Armor)
date expertise
septembre 2016
date achevement
janvier 2016
Paragraphes

La fouille préventive effectuée en 2013 à Lamballe dans les Côtes-d’Armor, au lieu-dit la Grande Chapelle, fait suite à un diagnostic Inrap réalisé en 2008 par É. Roy (Roy, 2008). Étudiées sur une surface de 1,5 ha, les occupations se déploient sur le versant nord-est d’un plateau qui domine la vallée du Gouessant et dans un environnement archéologique particulièrement riche. Le site de La Tourelle, fouillé en 2006-2007 par S. Blanchet (Inrap), se trouve ainsi en rebord de ce plateau, à quelques centaines de mètres au sud de l’opération. Occupé dès le Néolithique, l’âge du Bronze verra la réalisation d’une enceinte ovalaire à fossé interrompu et doublé d’un rempart, enserrant un espace de près d’1 ha. Par son aspect monumental, l’enceinte imprégnera durablement le paysage, depuis la fin du Premier âge du Fer jusqu’au haut Moyen-Âge. Enclos et systèmes parcellaires successifs se grefferont en effet sur celle-ci et sur un axe de circulation certainement déjà présent dans le paysage dès l’âge du Bronze (Blanchet et al., 2017).

Si sur ce secteur la période romaine est illustrée seulement par quelques indices (four, sépulture…), tel n’est pas le cas de l’environnement de La Grande Chapelle. Un enclos trapézoïdal présumé antique a été repéré en 1997 en prospection aérienne, dans une parcelle contigüe à l’intervention. À 500 m au sud-ouest de la fouille, un gisement de surface livrant des tuiles, des moellons et des morceaux de mortier, matérialise peut-être l’emplacement d’un établissement rural de type villa.

L’occupation la plus ancienne de La Grande Chapelle est illustrée par deux cercles funéraires jumelées, dont un seul a été complètement étudié dans le cadre de la fouille. Son diamètre de 17 m le classe d’emblée parmi les plus grands actuellement connus en Bretagne. Malgré l’absence de découverte de sépulture, quelques céramiques issues des comblements des fossés autorisent une datation transition Bronze final/premier âge du Fer. Tout naturellement, les deux cercles sont corrélés à l’enceinte de La Tourelle. Sans doute visibles depuis celle-ci, ils devaient constituer un marqueur topographique et signaler le contrôle du territoire par une famille de haut rang.

Il faut ensuite attendre plusieurs siècles pour percevoir une modification du paysage. L’occupation antique, héritée peut-être d’un enclos du début du Haut-Empire en grande partie hors emprise, se caractérise par une succession de petites parcelles et par un chemin encadré de fossés. Les lopins de terre, datés pour les plus anciens du milieu du Ier s., accueillent des édifices sur poteaux plantés ou des clôtures, voire des activités artisanales, à l’exemple d’un four. Une modeste unité funéraire du Haut-Empire se trouve à l’écart de ceux-ci et de l’axe de circulation. Le milieu du IIe siècle signe l’abandon de ce dernier, traduisant une réorganisation foncière que l’emprise de l’étude ne permet pas d’apprécier finement. L’occupation se poursuit sans encombre jusqu’à la fin du IIIe siècle et les mobiliers les plus récents fixent son retrait au cours de la première moitié du IVe siècle.

D’une manière générale, la modestie des aménagements souligne le rattachement des organisations antiques à un ensemble plus vaste, une exploitation agricole, dont le siège serait en dehors de l’emprise de la fouille. L’hypothèse d’une dépendance vis-à-vis de l’enclos repéré par avion est la plus crédible du fait de sa proximité. La piste d’une sujétion au site de La Corne de Cerf ne saurait être totalement exclue. La découverte en 2013 de fragments de marbre et d’une dalle de sol en schiste impliquent en effet un édifice cossu à proximité, peut-être une villa. Le site de La Grande Chapelle serait alors une des composantes de sa pars rustica. Néanmoins, régionalement, les concepts de pars rustica/pars urbana sont à utiliser avec précaution ; les fouilles les plus récentes associant rarement ces deux éléments du siège d’un domaine. Dans certaines situations, à l’exemple de la grande villa de La Guyomerais en Ille-et-Vilaine, la notion même de pars rustica est fortement remise en cause (Ferrette, 2021).

Cette opération constitue en définitive un nouveau jalon sur l’occupation antique en milieu rural encore assez méconnue dans ce secteur des Côtes-d’Armor. Elle abonde à une échelle régionale la réflexion sur l’organisation propre des établissements ruraux, peut-être moins classique au premier abord que dans d’autres régions. En ce sens, elle s’intègre pleinement dans l’axe 10 de la programmation du Conseil national de la recherche archéologique (CNRA).

Sommaire

I. Données administratives, techniques et scientifiques

II. Résultats

1. Présentation de l’opération

1.1. Le cadre de l’intervention
1.2. Les résultats du diagnostic et les problématiques de l’opération
1.3. Descriptif technique et scientifique de l’opération

2. Les vestiges de la parcelle 53

2.1. Organisation générale des réseaux fossoyés
2.2. Les fossés du groupe 1 et les aménagements associés
2.3. Les fossés du groupe 2 et les aménagements associés
2.4. Synthèse sur les aménagements du groupe 2
2.5. Les fossés du groupe 3 et les aménagements associés
2.6. Les aménagements du groupe 4

3. Éléments de synthèse et conclusions

3.1. Les occupations de l’âge du Bronze final/Premier âge du Fer
3.2. La période romaine
3.3. Le site de La Grande Chapelle après l’Antiquité

4. Bibliographie

III. Études annexes et inventaires

1. Étude de la céramique des périodes protohistoriques – T.
Nicolas
2. Étude de la céramique et des terres cuites des périodes
historiques – R. Delage
3. Étude des monnaies – P.-A. Besombes
4. Étude du verre – L. Simon
5. L’outillage lithique et macro lithique de La Grande Chapelle – V.
Brisoto, H. Morzadec
6. Les sépultures du premier Âge du fer et du Haut-Empire – M. Le Puil-Texier
7. Datation radiocarbone – Beta Analytic
Inventaires

Bibliographie / Ressources

Rapport de fouille

FERRETTE, Romuald (dir.). (2016). Cercles de l'âge du Bronze et exploitation rurale antique, Lamballe, (Côtes d'Armor) : La Grande Chapelle, Avenue Georges Clémenceau (Rapport de fouille, 1 vol.). Cesson-Sévigné : Inrap Grand-Ouest. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0139793>.

Rapports cités dans l'introduction

FERRETTE, Romuald (dir.). (2021). La villa de La Guyomerais, une illustration de l’aristocratie municipale de Rennes : 34, rue des potiers, Noyal-Châtillon, (Ille-et-Vilaine) (Rapport de fouille, 4 vol.). Cesson-Sévigné : Inrap Grand-Ouest. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0162003>.

ROY, Eddie. (2008). Diagnostic archéologique avant la construction d'un lotissement au lieu-dit « la grande chapelle » à Lamballe (Côtes d'Armor) (Rapport de diagnostic). Cesson-Sévigné : Inrap Grand-Ouest. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/015552>.

Publication citée dans l'introduction

BLANCHET, Stéphane, NICOLAS, Théophane & FILY, Muriel. (2017). L’habitat et l’occupation du sol : premier bilan synthétique pour la Bretagne. Dans L. Carozza, C. Marcigny & M. Talon, L’habitat et l’occupation des sols à l’âge du Bronze et au début du premier âge du Fer (p. 79-93). Paris : CNRS Éditions, Inrap. (Recherches archéologiques, 12). <https://hal-univ-rennes1.archives-ouvertes.fr/hal-01940854>.

Citations

FERRETTE, Romuald (dir.), BESOMBES, Paul-André, BRISOTTO, Vérane, DELAGE, Richard, DESFONDS, Arnaud, HURTIN, Stéphanie, LE BERRE, Stéphanie, LE PUIL-REXIER, Myriam, MORZADEC, Hervé, NICOLAS, Théophane, POMMIER, Vincent & SIMON, Laure. (2021). Cercles de l'âge du Bronze et exploitation rurale antique, Lamballe (La Grande Chapelle, Avenue Georges Clémenceau, Côtes d'Armor) : rapport de fouille archéologique 2016. Paris : Inrap. (Documents d'archéologie préventive ; 16). <https://doi.org/10.34692/qpch-bm13>.

Auteur(s) / direction
CTRA
Pactols chronologie
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Rapport DAP
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Text

Occupation de l'âge du Bronze ancien, ensemble funéraire protohistorique, occupation agricole antique (Languedoc-Roussillon, Gard, Ligne Grande Vitesse, Contournement de Nîmes-Montpellier, Saint-Gervasy, Aubrespin, secteur 25)

Sous-titre

Rapport de fouille archéologique 2015

Numéro DAP
2
Image d'entête
DAP 2 | Saint-Gervasy / Aubrespin « Contournement de Nîmes-Montpellier » (Gard)
Média
DAP 2 | Saint-Gervasy / Aubrespin « Contournement de Nîmes-Montpellier » (Gard)
date expertise
avril 2016
date achevement
mai 2015
Paragraphes

La fouille réalisée sur la commune de Saint-Gervasy, lieu-dit Aubrespin, fait partie d’un ensemble important d’opérations généré par la construction de la Ligne à Grande Vitesse entre Nîmes et Montpellier. Malgré la modestie du décapage (un peu moins d’un hectare), les découvertes archéologiques ont le mérite de documenter un secteur peu investi par l’archéologie. Plusieurs phases chronologiques ont été reconnues et toutes témoignent d’occupation peu étendues et de courte durée. À proximité du cours du Vistre et à distance de tout habitat groupé, ces occupations s’apparentent principalement à des établissements ruraux, à l’exception de la Protohistoire, qui se matérialise par cinq enclos circulaires dont la vocation funéraire a pu être interrogée.

L’occupation de l’âge du Bronze ancien/moyen, par exemple, du fait de la rareté des découvertes, doit faire l’objet d’un article avec d’autres découvertes réalisées récemment (Bouchet, 2016). Elle se présente sous la forme de quelques structures en creux dont un silo et des fosses, un foyer démantelé et des traces ténues de sols archéologiques largement détruits par les travaux agricoles antiques et modernes. En l’état, il est difficile de se faire une idée précise de la nature de cette occupation. Le faible nombre de structures n’a pas permis une collecte importante de mobiliers ni d’écofacts susceptibles de documenter la consommation et la production agricole. L’étroitesse du décapage interdit également de mesurer l’extension de l’occupation, toutefois, les vestiges semblent être concentrés à l’est de la route départementale D3 qui pourrait être sur un axe ancien. Il semble aujourd’hui probant de penser que la nature de ces sites accentue la difficulté de les repérer en diagnostic. Durant cette phase chronologique, on est peut-être en présence d’une forme d’éclatement des groupes humains en petites entités familiales qui occupent les plaines fertiles aux abords du Vistre. La multiplication de leurs découvertes et de leurs fouilles constitue un véritable enjeu pour l’analyse et la compréhension de ce phénomène qui paraît affecter le Languedoc. Ainsi, avec toutes les réserves nécessaires compte tenu de l’indigence du corpus, la série Saint-Gervasy/Aubrespin pourrait se situer à la charnière entre le Bronze ancien et le Bronze moyen, soit entre 1850-1600 av. J.-C.

La phase d’occupation suivante se met en place plus de mille ans après. Soit une série de cinq enclos circulaires qui présentent de nombreuses caractéristiques communes. Ils sont installés de part et d’autre de la route départementale et forme une certaine concentration. Le fort niveau d’arasement lié aux travaux agricoles n’a pas favorisé la conservation des sépultures que l’on attend le plus souvent au centre de ces enclos. Ce constat qui avait déjà été réalisé à l’occasion du diagnostic a conduit le service régional de l’Archéologie d’en prescrire la fouille selon un protocole particulier. Dans l’emprise des enclos, il s’agissait de maintenir des plots témoins pour traiter par tamisage la séquence sédimentaire dans son entier afin de retrouver d’éventuels témoins de ces tombes. Durant cette phase ancienne de l’âge du Fer, les pratiques de l’inhumation et de l’incinération cohabitent et de nombreux exemples mieux conservés dans les secteurs géographiques de garrigues languedociennes montrent que les dépôts pouvaient être installés à même le sol sans creusement préalable. La mise en place de ce protocole n’a pu se faire que sur deux enclos et ce pour des surfaces réduites tant les matériaux à traiter au tamisage représentaient un cubage important. Malgré cela les résultats sont à la hauteur des moyens consentis puisqu’il a été découvert divers vestiges permettant d’établir que des os incinérés et du mobilier métallique ont été déposés au sein de l’enclos. Dans les fossés des enclos (ENC 18231), des dépôts de mobilier céramique renseigne les pratiques d’offrande aux abords de la tombe sur une structure tumulaire en terre ou directement dans le fossé. Ces ensembles céramiques peu nombreux ont tout de même permis d’apporter des arguments chronologiques permettant de fixer les ensevelissements dans la seconde moitié du VIIe siècle av. J.-C. Durant cette phase, nous ne connaissons pas la place de l’habitat, en revanche, la route départementale peut avoir succédé à un chemin ancien reliant les garrigues au nord et les lagunes et la mer vers le sud. Ce type de chemin semble témoigner des modes d’occupation des sols de la fin de l’âge du Bronze et plusieurs exemples similaires ont été mis en évidence au sud de Nîmes (Séjalon & Ratsimba, 2018 ; Séjalon, à paraître). Les prélèvements malacologiques du fossé d’enclos le mieux conservé ont livré un assemblage similaire à ceux analysés pour le Bronze ancien. Il témoigne probablement d’une exploitation du milieu comme zone de pâturage, dans un paysage ouvert de prairie.

La dernière phase d’occupation est caractérisée par la présence d’un établissement agricole antique de petite taille et d’une portion de paysage agraire. Autour d’un bâtiment établi en bordure de la route départementale, il a pu être mis en évidence un réseau de fossés entourant plusieurs réseaux de fosses de plantation, sans doute de vigne. La mise en place de cet établissement, dont l’extension peut être perçue avec les résultats du diagnostic, se situe à partir du Ier siècle av. J.-C. et va se développer durant le Haut Empire (Ier-IIe siècle apr. J.-C.). Il semble que ce soient les parcelles plantées en vigne qui marquent le début des activités agricoles. Les parcelles sont organisées selon une orientation nord-sud et semblent fonctionner en relation avec un chemin dont l’origine a déjà été évoquée. Par la suite, plusieurs bâtiments sont construits mais un seul a pu être fouillé dans l’emprise du décapage. Il est construit avec des matériaux provenant de constructions antérieures, probablement un aménagement de surface s’apparentant à une calade. Plusieurs phases d’utilisation du bâtiment ont été enregistrées et les hypothèses concernant sa vocation sont multiples. La nature des vestiges et leur conservation, associées à des analyses de phytolithes suggèrent que la fosse creusée au sein du bâti aurait pu servir de fosse de rouissage. Son remplissage de galets pourrait intervenir dans un second temps et répondre au besoin de disposer d’une plateforme solide supportant une maie de pressoir. Enfin, dans un troisième temps, la surface de galets creusée d’une rigole, l’espace aurait servi d’étable. Cette évolution des fonctions du bâtiment n’est pas contredite par la lecture que l’on peut faire de l’évolution des parcellaires qui suggère un abandon des plantations de vigne peut être au profit de cultures céréalières. Les analyses malacologiques réalisées sur la séquence sédimentaire proche du bâtiment et dans les comblements des fossés témoignent de mutation du paysage où les espaces de prairie humide reculent au bénéfice des espaces de pelouses sèches. Cette étape environnementale est marquée par une anthropisation du milieu plus forte que durant la Protohistoire. Un pastoralisme intensif ou une mise en culture des parcelles en sont les causes probables.

L’ensemble de ces résultats participent à plusieurs projets de publication en fonction de la chronologie et de la nature des vestiges. Marie Bouchet va notamment reprendre les ensembles de l’âge du Bronze pour les associer avec d’autres découvertes récentes. Les enclos circulaires sont intégrés à un projet de publication intégrant tous les monuments funéraires mis au jour ces dernières années en Languedoc oriental.

Sommaire

I. Données administratives, techniques et scientifiques

II. Résultats

1. Protocoles et méthodes

1.1. Le décapage archéologique et le levé topographique
1.2. La fouille des enclos
1.3. L’enregistrement des données

2. Approches paléo-environnementales

2.1. La séquence sédimentaire témoin
2.2. Étude malacologique
2.3. La place du Vistre dans les paysages anciens

3. L’occupation du Bronze ancien

3.1. Options méthodologiques
3.2. Présentation des structures
3.3. Étude du matériel archéologique et chronologie de l’occupation
3.4. Discussion : une implantation humaine tournée vers l’agriculture ?

4. L’occupation funéraire du premier âge du Fer

4.1. Présentation générale des enclos
4.2. Chronologie et vocation des enclos circulaires
4.3. Conclusion

5. L’occupation agraire antique

5.1. Une construction quadrangulaire
5.2. Les abords de l’édifice
5.3. Le mobilier céramique d’époque romaine
5.4. Rapport d’analyses de phytolithes
5.5. Quelle interprétation pour ces vestiges ?
5.6. Matérialisation des espaces et plantations viticoles
5.7. Conclusion sur l’occupation antique

6. Une pépinière de l’époque moderne

7. Conclusion générale

Bibliographie

Liste des illustrations

Index des US, Faits et Ensembles

III. Inventaires techniques

Bibliographie / Ressources

Rapport de fouille

SÉJALON, Pierre & GAILLARD, Cyril (dir.). (2015). Occupation de l'âge du Bronze ancien, ensemble funéraire protohistorique, occupation agricole antique : Saint-Gervasy, Aubrespin : Languedoc-Roussillon, Hérault : Ligne à grande vitesse, contournement Nîmes-Montpellier : secteur 25 (Rapport de fouille, 1 vol.). Nîmes : Inrap Méditerranée. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0143425>.

Rapport cité dans l'introduction

BOUCHET, Marie (dir.), CHEVILLOT, Pascale, COLONGE, David, MOURRE, Vincent, BONNAUD, Serge, GUERRE, Jocelyne & ​PELLÉ, Richard. (2016). La Lone et Doulouzargues : tranche 1, la Lone : Occitanie, Gard, Codognan (Rapport de diagnostic, 1 vol.). Nîmes : Inrap Méditerranée. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0145410>.

Publications

SÉJALON, Pierre. (2021). Essai de hiérarchisation des axes de circulation durant la Protohistoire en Languedoc. Dans Cl. Raynaud (dir.), Voies, réseaux, paysages en Gaule : Actes du colloque en hommage à Jean-Luc Fiches, Pont-du-Gard, 14-17 juin 2016 (p. 51-64). Montpellier : Presses universitaires de la Méditerranée. (Revue archéologique de Narbonnaise, suppl. 49).

SÉJALON, Pierre & RATSIMBA, Antoine (2018). Aménagements et entretiens des voies durant la Protohistoire en Languedoc. Dans A. Villard (dir.), Architectures de l’âge du Fer en Europe occidentale et centrale : actes du colloque AFEAF, Rennes, 4-7 mai 2016 (p. 539-558). Rennes : Presses Universitaires de Rennes.

Citations

SÉJALON, Pierre (dir.), GAILLARD, Cyril (dir.), BARBERAN, Sébastien, BEL, Valérie,  BERNARD, Marie, BOUCHET, Marie ... VERDIN, Pascal et coll. (2019). Occupation de l'âge du Bronze ancien, ensemble funéraire protohistorique, occupation agricole antique (Languedoc-Roussillon, Gard, Ligne Grande Vitesse, Contournement de Nîmes-Montpellier, Saint-Gervasy, Aubrespin, secteur 25) : rapport de fouille archéologique 2015. Paris : Inrap. (Documents d’archéologie préventive ; 2). <https://doi.org/10.34692/6fzt-vh18>.

Auteur(s) / direction
Chronique de site
Aubrespin à Saint-Gervasy (Gard)
Département
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Rapport DAP
Droits
Tous droits réservés
Langage
FR
Format
text/xml
Type
Text

L'occupation d'une terrasse en rive droite du Lot du Bronze final au XIIe siècle ap. J.-C. (Aquitaine, Lot-et-Garonne, Saint-Sylvestre-sur-Lot, Bourg Est et Bourg Nord, ZAC de La Mariniesse)

Sous-titre

Rapport de fouille archéologique 2015

Numéro DAP
1
Image d'entête
DAP 1 | Saint-Sylvestre-sur-Lot « ZAC de La Mariniesse » (Lot-et-Garonne)
Média
DAP 1 | Saint-Sylvestre-sur-Lot « ZAC de La Mariniesse » (Lot-et-Garonne)
date expertise
février 2016
date achevement
août 2015
Paragraphes

L’opération archéologique réalisée à Saint-Sylvestre-sur-Lot est le prolongement d’un diagnostic mené par Frédéric Sergent (2010) sur environ 10 ha, dont les résultats étaient suffisamment riches et pertinents pour qu’ils conduisissent le service régional de l’Archéologie à prescrire l’ouverture d’une fouille sur un secteur de 3,2 ha. Les résultats de cette fouille sont ici directement livrés à la suite des expertises réalisées par la Commission territoriale de la recherche archéologique de l’interrégion Sud-Ouest.
Localement le secteur demeurait jusqu’alors peu exploré par l’archéologie ; il était toutefois attendu qu’y soit détectée une occupation humaine sur une longue durée : terrasse en limite de zone inondable, exposition plein sud, proximité d’un cours d’eau (le Lot) et d’un point de passage d’une rive à l’autre. Ainsi, ont pu être identifiées quatre occupations entre le Bronze final et le XIe siècle de notre ère, cela malgré les difficultés d’observations archéologiques propre à un terroir qui fut mis en culture par la suite, jusqu’à nos jours, entraînant arasement ou disparition des vestiges antérieurs et « fugacité » des indices.

Il convient de signaler la présence de quelques silex taillés : soit qu’il s’agisse de rares témoins d’une fréquentation très ancienne (en particulier au Néolithique), soit qu’il s’agisse de remplois, voire d’une industrie protohistorique. La première occupation bien caractérisée du lieu, sise sur sa partie la plus haute, est un habitat du Bronze final IIb-IIIa dont la partie proprement « domestique » n’a toutefois pu être repérée. Les témoins de cette occupation consistent en plusieurs fosses, probablement des silos transformés en dépotoirs, riches en mobiliers céramiques et matériels de mouture. Environ 1 200 tessons appartenant au minimum à 89 objets ont permis notamment de dater le site outre une analyse C14 sur charbon de bois. C’est là un des apports importants de cette fouille que d’avoir mis en évidence dans un secteur peu exploré un site de cette période.
Au premier âge du Fer, l’endroit demeure occupé, toujours au sein de la zone la plus élevée. À des fosses-dépotoirs ayant livré un ensemble de vases domestiques s’associent quatre tombes à incinération dont les dépôts de mobiliers sont remarquables : ensembles de récipients, gobelets et vases polis ; et, pour une des tombes, torque, fibule et bracelet.

Curieusement, aucune trace du second âge du Fer n’a pu être repérée tandis qu’au Haut Empire un petit domaine agricole s’est installé, peut-être dès le milieu du 1er siècle avant notre ère. Il comprend notamment un bâtiment résidentiel qui présentait une galerie de façade et s’organisait en plusieurs pièces, escaliers menant à l’étage et tours d’angle ; le tout selon un plan symétrique conçu sur la base de pieds romains. Diverses structures appartiennent à cette phase d’occupation dont un important fossé est-ouest parallèle au bâtiment principal. L’occupation perdure jusqu’à l’Antiquité tardive comme en témoignent quelques fosses et petit bâtiment semi-excavé.

Si l’endroit semble abandonné au très haut Moyen Âge, en revanche aux XI-XIIe siècles un ensemble de vestiges marquent une nouvelle occupation située à l’ouest des précédentes : deux bâtiments sur poteaux auxquels s’associent un long fossé reconnu sur plus de 150 m et surtout un ensemble de silos et 6 fours culinaires répartis autour d’une fosse.

Sommaire

VOLUME 1 : textes

I. Données administratives, techniques et scientifiques

II. Résultats

1. État des connaissances avant l’opération

1.1 Circonstances de l’intervention
1.2 Historique des recherches
1.3 Éléments de toponymie
1.4 Contexte géologique et géographique 

2. Stratégie, méthodes et techniques mises en œuvre

2.1 Présentation du projet et problématique scientifique
2.2 Calendriers de réalisation
2.3 Protocole de fouille et d’enregistrement
2.4 Traitements des données
2.5 Organisation des moyens humains et techniques
2.6 Coordination administrative et scientifique
2.7 Communication et diffusion scientifique

3. Un bruit de fond préhistorique ou une industrie lithique sommaire protohistorique et historique ? 

4. Une présence humaine attestée au Bronze final

4.1 La fosse FS1120 et le dépôt DP1140​
4.2 La fosse FS2073​
4.3 La fosse FS2114​
4.4 La fosse FS2118​
4.5 Synthèse sur l’occupation de l’âge du Bronze final

5. Une occupation du premier âge du Fer : fosses de rejets domestiques et fosses sépulcrales

5.1 Les témoins d’un habitat
5.2 Un ensemble sépulcral de quatre fosses à dépôt de crémation
5.3 Deux isolats céramiques, marqueurs altimétriques d’appui de poteau ?
5.4 Caractères de l’occupation du 1er âge du Fer à Saint-Sylvestre-sur-Lot

6. Un domaine agricole en activité au Haut-Empire…

6.1 Le bâtiment BAT 2140
6.2 Le four FR2124​
6.3 La fosse FS2123, vidange(s) de chauffe(s) indéterminée(s)
6.4 Le fossé FO1099 : l’un des éléments du parcellaire agricole ?
6.5 D’autres aménagements antiques, dispersés et mal datés
6.6 Caractérisation de l’occupation du Haut-Empire

7. … qui perdure au Bas-Empire

7.1 La fosse FS2057 : un bâtiment semi-enterré ?
7.2 La fosse FS2060, associée aux trous de poteau PO 2059 et 2061 ?
7.3 Des fosses d’extraction ? Les fosses FS2104 et FS2175​
7.4 Le lambeau de fosse ( ?) FS4105 : un indice lacunaire tardif du VIe siècle
7.5 Conclusion

8. Un habitat médiéval rural au XI-XIIe siècle

8.1 Un fossé à terminaison courbe (FO3012)
8.2 Deux constructions sur trous de poteau et un bâtiment excavé…
8.3 Des silos
8.4 A l’ouest, un ensemble de fours et de fosses associées
8.6 Caractéristiques de l’occupation médiévale

9. Exploitations agricoles modernes et contemporaines de la terrasse

9.1 Les aménagements du bord du talus
9.2 Les traces agricoles récentes

10. Vestiges dispersés et occupations multiphasées : des attributions chronologiques parfois complexes

10.1 Les leurres chronologiques
10.2 Les structures non datées

11. Études spécialisées

11.1 La céramique de la Protohistoire ancienne : L’âge du Bronze final
11.2 La céramique du premier âge du Fer
11.3 La céramique antique
11.4 La céramique médiévale
11.5 La terre comme matériau de construction
11.6 La vaisselle en verre
11.7 Catalogue de l’instrumentum11.8 Le matériel de mouture
11.9 Les scories
11.10 Note sur le mobilier lithique
11.11 Les restes osseux de crémations​
11.12 Rapport d’anthracologie​
11.13 Les tests carpologiques​
11.14 Inventaire de la faune
11.15 Datations radiocarbones

12. Conclusion : l’occupation cyclique d’un terroir

13. Bibliographie

14. Liste des figures


VOLUME 2 : Annexes et inventaires

I. Annexes

1. Mobilier archéologique lithique
2. La céramique protohistorique
3. La céramique antique
4. Mesures des tuiles
5. Le verre
6. La céramique médiévale
7. Anthropologie
8. Les meules
9. Descriptif des scories
10. Carpologie
11. La faune

II. Inventaires techniques

Bibliographie / Ressources

Rapport de fouille

MERLEAU, Marie-Luce (dir.). (2015). Saint-Sylvestre-sur-Lot (47), Bourg Est et Bourg Nord, ZAC de la Mariniesse - L'occupation d'une terrasse en rive droite du Lot, du Bronze final au XIIe s. ap. J.-C. (Rapport de fouille, 2 vol.). Bègles : Inrap Grand Sud-Ouest. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0140781>.

Publications

MERLEAU, Marie-Luce. (2018). Le site de la « La Mariniesse » à Saint-Sylvestre-sur-Lot (Lot-et-Garonne) : l’occupation cyclique d’un rebord de terrasse en rive droite du Lot. Aquitania, 34, 293-310.

LAGARRIGUE, Anne & MERLEAU Marie-Luce. (2016). Le mobilier céramique des fosses Bronze final II de la Mariniesse à Saint-Sylvestre-sur-Lot (Lot-et-Garonne). Dans C.-A. De CHAZELLES & M. SCHWALLER (dir.), Vie quotidienne, tombes et symboles des sociétés proto-historiques de Méditerranée nord occidentale. Mélanges offerts à Bernard Dedet (vol. 1, p. 745-762). Lattes : UMR 5140 ASM-CNRS, Éditions de l’ADAL.

Rapport cité dans l'introduction

SERGENT, Frédéric, BERTRAN, Pascal, JARRY, Marc & ROUQUET, Jérôme. (2010). Saint-Sylvestre-sur-Lot (47), Bourg Est, Bourg Nord (Rapport de diagnostic, 1 vol.). Pessac : Inrap Grand Sud-Ouest. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0120135>.

Citations

L'ensemble

MERLEAU, Marie-Luce (dir.), BALLARIN, Catherine, CORNARDEAU, Sophie, DIETSCH-SELLAMI, Marie-France, LAGARRIGUE, Anne, MALATRAY, Marc … VIAROUGE, Marion. (2019). L'occupation d'une terrasse en rive droite du Lot du Bronze final au XIIe siècle ap. J.-C. (Aquitaine, Lot-et-Garonne, Saint-Sylvestre-sur-Lot, Bourg Est et Bourg Nord, ZAC de La Mariniesse) : rapport de fouille archéologique 2015. Paris : Inrap. (Documents d’archéologie préventive ; 1).<https://doi.org/10.34692/fqcx-4675>.

Le volume 1

MERLEAU, Marie-Luce (dir.), BALLARIN, Catherine, CORNARDEAU, Sophie, DIETSCH-SELLAMI, Marie-France, LAGARRIGUE, Anne, MALATRAY, Marc … VIAROUGE, Marion. (2019). L'occupation d'une terrasse en rive droite du Lot du Bronze final au XIIe siècle ap. J.-C. (Aquitaine, Lot-et-Garonne, Saint-Sylvestre-sur-Lot, Bourg Est et Bourg Nord, ZAC de La Mariniesse) : rapport de fouille archéologique 2015. Vol 1, Textes. Paris : Inrap. (Documents d’archéologie préventive ; 1). <https://doi.org/10.34692/fqcx-4675>.

Le volume 2

MERLEAU, Marie-Luce (dir.), BALLARIN, Catherine, CORNARDEAU, Sophie, DIETSCH-SELLAMI, Marie-France, LAGARRIGUE, Anne, MALATRAY, Marc … VIAROUGE, Marion. (2019). L'occupation d'une terrasse en rive droite du Lot du Bronze final au XIIe siècle ap. J.-C. (Aquitaine, Lot-et-Garonne, Saint-Sylvestre-sur-Lot, Bourg Est et Bourg Nord, ZAC de La Mariniesse) : rapport de fouille archéologique 2015. Vol 2, Annexes et inventaires. Paris : Inrap. (Documents d’archéologie préventive ; 1). <https://doi.org/10.34692/fqcx-4675>.

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FR
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Errata

Page 104, figure 108 : le groupe de vase est au centre du contour de fosse (comme le montre la figure 102, p. 102)

Sépulture SP 2077, proposition de restitution du dépôt originel vue de profil. L’étoile signale le dépôt osseux et métallique

Figure 108 : Sépulture SP 2077, proposition de restitution du dépôt originel vue de profil. L’étoile signale le dépôt osseux et métallique. [Saint-Sylvestre-sur-Lot, ZAC de La Mariniesse]

Relevé de terrain M. Tregret, céramiques A. Lagarrigue, hypothèse M.-L. Merleau, DAO M. Viarouge, Inrap

Page 113 - ligne 11, 2nd paragraphe : Lire « 2254/2250 » (et non « 225-2260 »).

Page 122 - ligne 10, 4e paragraphe : Lire « les urnes 5002 et 5006 de la tombe SP5000 » (et non « l'urne E de la tombe SP2036 ​»)

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