L’Inrap et Eiffage Immobilier ont signé le 8 novembre 2016 un accord de mécénat en faveur de la sauvegarde et de l’étude d’une collection de cuirs et d’objets en bois des Ier et IIe siècles de notre ère.

Chronique de site
Dernière modification
16 janvier 2017

Témoins du travail des peaux à Bordeaux durant l’Antiquité, ces mobiliers ont été découverts en 2011 lors de fouilles préventives conduites par l’Inrap sur prescription de l’État dans le quartier Mériadeck, au 12 rue Jean Fleuret, 18 cours Clémenceau, à l’emplacement de l’actuel bâtiment de Bordeaux Métropole.

À l’issue du programme de conservation, ces vestiges seront exposés en 2018, en partenariat avec la communauté d’agglomération bordelaise.

Sauvegarde d’une collection de cuirs antiques

Le niveau d’apparition des vestiges de la rue Jean Fleuret se situe sous la nappe phréatique. Ce milieu anaérobie a eu pour conséquence la préservation des matières ordinairement périssables, comme le sont le bois et les peaux tannées. Une fois extraits de leur milieu, ces artefacts ont fait l’objet d’un conditionnement et d’un stockage particulier, voués à les maintenir humides et à enrayer leur dégradation.

Aujourd’hui, ils nécessitent une intervention urgente de stabilisation et de conservation. Ce programme de pérennisation d’un patrimoine important mais fragile a été élaboré par l’Inrap en concertation avec Bordeaux Métropole. Il permettra notamment sa présentation au public dans les espaces d’exposition de la Communauté d’agglomération en 2018.

Des découvertes sur l’artisanat bordelais aux Ier et IIe siècles de notre ère

La parcelle fouillée en 2011 s’inscrit au cœur du quartier artisanal qui bordait durant l’Antiquité les rives du Peugue, ruisseau affluent de la Garonne. Les artisans qui l’ont occupée au cours des Ier et IIe siècles de notre ère y travaillaient le cuir, traitant essentiellement les peaux de petits ruminants comme les chèvres et les moutons. Les milliers de chutes de cuir découvertes ainsi que la présence d’outils en métal montrent également la présence de cordonniers sur le site.

Les données collectées lors de l’opération font du site du 12 rue Jean Fleuret une référence qui servira à l’étude future d’autres ateliers du même type. Les mobiliers archéologiques exhumés sont révélateurs de l'urbanisation de la ville antique de Bordeaux, de son activité économique, de la vitalité de son artisanat ainsi que des flux commerciaux. Ils illustrent le savoir-faire des artisans gallo-romains du Haut-Empire.

Un mécénat d’Eiffage Immobilier

Eiffage Immobilier accompagne l’Inrap et Bordeaux Métropole dans ce projet grâce à un mécénat. Ce soutien illustre l’ancrage de cette entreprise en Aquitaine et son engagement en faveur du patrimoine bordelais.