Ouvrages
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Mis à jour le
11 septembre 2019
Collection
Archéopages

Se baser sur l’archéologie pour repenser les façons que les hommes ont de vivre ensemble, dans leur environnement, telle est la ligne éditoriale d’« Archéopages », revue scientifique à comité de lecture. Dans chaque numéro, un thème est développé en croisant les points de vue des archéologues de tous horizons et ceux d’autres chercheurs en sciences humaines, pour faire le point sur les apports récents de l’archéologie à la connaissance des sociétés. Une large place est aussi consacrée aux méthodes modernes de l’archéologie. La revue s’adresse aux chercheurs, aux étudiants et aux amateurs éclairés. La revue est également disponible sur Revues.org.

Édition Inrap
Archéopages HS 5

Si bon nombre de projets de recherche archéologique comportent des aspects relevant du commerce, de la production, des transports etc., la question du fonctionnement économique sur lequel se fondent ces activités est souvent laissée à l’implicite. Mais à quels modèles intellectuels nous référons-nous ? De quelles données partir et comment les réinterroger pour saisir la pluralité des formes que prennent ces commerces et leurs organisations ?

Hors-série qui fait suite à la journée d’étude interdisciplinaire co-organisée par l'Inrap et l'UMR AOrOC à l'occasion des 10 ans d’existence d'Archéopages.

Éditorial
Dominique Garcia

Archéologie, histoire, économie
Julien Zurbach​

Préambule. L’envie de monnaie
Ludovic Desmedt, Eneko Hiriart, Julien Zurbach
 

1 - La valeur, l’idéel et le matériel

L’économie est définie, classiquement, comme la production et l’allocation des biens. Les rapports que ces sphères d’activité entretiennent avec d’autres sphères unies sous l’appellation de monde idéel (cultes, représentations, valeurs, récits, tabous, parenté, institutions…) ont fait l’objet de théories englobantes connues. Karl Marx laisse le monde matériel déterminer l’idéel qui devient souvent idéologie, image inversée du réel. Karl Polanyi pose la force propre du monde idéel comme régulation des comportements et structures économiques – économie encastrée – dans toutes les sociétés, sauf l’Europe moderne où l’économie tire sa propre force du capitalisme. Ni Marx ni Polanyi n’échappent à l’européocentrisme car ils réfléchissent sur la modernité européenne et ce qui la distingue des sociétés passées. Le mouvement de balancier de l’historiographie – Marx en vogue jusque vers 1980, Polanyi ensuite – a laissé la place à nombre d’essais de synthèse entre ces deux positions au fond assez lointaines. Les divergences s’illustrent en particulier à propos de la question de l’évaluation des biens – la formation des prix est, pour les économistes orthodoxes, la tâche essentielle du marché, lieu de rencontre de l’offre et de la demande. Mais rien n’est moins évident que la notion de valeur, extrêmement discutée. Chez les économistes s’opposent les partisans de la valeur-travail et de la valeur-utilité. Pour les anthropologues, les transferts interculturels et les contextes sociaux peuvent faire changer la valeur d’un objet. Il s’agit ici de considérer diverses approches et de voir comment elles sont conciliables avec les vestiges matériels.

Les dépôts non funéraires en France (2200-800 avant notre ère) : un bel exemple de polysémie sociale
Patrice Brun

Valeur des biens, valeur des hommes. Les prix pour les vainqueurs aux jeux funéraires en l’honneur de Patrocle (Iliade XXIII, 257-897)
Stéphane Verger

La question agraire liée à l’installation des Goths en Gaule du sud et l’approche marxiste de la transition Antiquité-Moyen Âge
Jean-Luc Boudartchouk, Patrice Cabau

La valeur des choses au Moyen Âge
Laurent Feller

En lieu et place de l’« invention du marché »…
Gilles Postel-Vinay
 

2 - Formes monétaires, instruments des échanges

Plutôt que des oppositions tranchées entre grands systèmes (économies centralisées redistributives, économies de la réciprocité et du don, économies marchandes), on préfère aujourd’hui s’attacher aux coexistences, aux contextes à échelle précise, aux relations personnelles et institutionnelles qui entrent en jeu dans la production et les transferts de biens. Nombre de travaux récents explorent en parallèle la diversité de nature et de fonction de la monnaie dans ses formes les plus diverses, des coquillages aux lettres de change. La monnaie frappée métallique n’est pas une invention ex nihilo et une nouveauté radicale. Si elle marque une évolution, c’est du point de vue de la garantie étatique, et de ce seul point de vue. Divers objets ont pu tenir lieu, tour à tour ou selon les milieux et les contextes, de moyen de paiement, échelle de valeur et objet de stockage de la richesse. Des objets naturels (coquillages), des produits courants (céréales), des objets de métal non frappé (barres, haches, torques) servirent de monnaie, parfois en même temps que des pièces frappées qui elles pouvaient être pesées, coupées, testées de diverses manières. On s’interroge ici sur la signification que peut revêtir cette diversité, en rapport notamment avec l’existence de sphères d’échange diversifiées.

Les débuts de la monétarisation des échanges en Europe celtique (IIIe siècle-début du IIe siècle avant notre ère)
Eneko Hiriart

Les monnayages d’imitation dans les provinces du nord-ouest de l’Empire (2e moitié du IIIe siècle)
Fabien Pilon

3 - Échelles des échanges

La production et la consommation se jouent maintenant à l’échelle mondiale : c’est presque céder à un poncif que d’écrire cela aujourd’hui. Mais on s’interroge peut-être d’autant plus sur ce phénomène qu’on craint désormais la fin de la mondialisation, ce qui aurait été impensable il y a dix ans. Face à la globalisation, l’attitude des historiens et archéologues est souvent double : montrer qu’il n’en a pas toujours été ainsi ou chercher des cas anciens de globalisation qui rendent l’actuel plus familier ou au contraire le distinguent de tout ce qui a précédé. Du point de vue méthodologique, le renouvellement vient surtout de l’attention à toutes les échelles des productions et des échanges, et à l’imbrication de ces différents niveaux. Le grand historien polonais Witold Kula montrait dans le même livre (Théorie économique du système féodal, Paris, 1970) la dépendance des grands domaines polonais envers les débouchés d’Europe occidentale et la force de résistance et d’innovation des maisonnées paysannes. Les archéologues sont habitués aux contacts lointains parfois surprenants, à la succession des périodes d’ouverture et de repli. Ce sont ces deux aspects, diversité des acteurs et diversité des échelles, auxquels on s’attache ici, ainsi qu’à leurs imbrications et à la fragilité des systèmes de contacts lointains.

Échelles des échanges. Des économies domestiques dans la mondialisation
Florence Weber

Retour à l’horizon. Pour un espace de représentation sans carte
Denis Retaillé

Économies protohistoriques méditerranéennes
Pierre Séjalon

Réflexions sur le commerce de la céramique gallo-romaine. De l’opportunisme international au pragmatisme local
Jean-Paul Jacob

Production et commerce, quelques aspects dans le nord de la Gaule romaine (Ier-IIIe siècle de notre ère)
Michel Kasprzyk

Le commerce des grenats à l’époque mérovingienne
Thomas Calligaro, Patrick Périn

4 - Production, prédation. Exploitation et transformation des ressources naturelles

La compréhension des systèmes de production et de prédation bénéficie à la fois des avancées de la recherche archéologique de terrain et des nouvelles sources qu’elle permet de constituer (carpologie, archéozoologie, environnement), et de travaux de synthèse notamment en agronomie. François Sigaut avait coutume de souligner qu’il n’y avait pas eu invention de l’agriculture, car il n’y avait pas une mais des agricultures ; et on sait aussi qu’on ne doit pas concevoir la prédation comme un stade dépassé par la production, tant il est vrai que production et prédation coexistent et que l’exploitation des espaces non agricoles fut une variable fondamentale de presque tous les systèmes agricoles. Ces réflexions prennent aujourd’hui une dimension nouvelle car la finitude du monde apparaît de plus en plus clairement à nos sociétés de consommation, l’épuisement des ressources et la dégradation du milieu transformant la production en prédation par excellence. L’économie orthodoxe a tendance à considérer qu’un bien arrivant à épuisement sera remplacé par un autre semblable, mais le regard que nous pouvons porter sur l’histoire longue amène à d’autres conclusions.

Faut-il en finir avec les chasseurs-cueilleurs ?
Christophe Darmangeat

Les archéozoologues face à l’économie : esquisse d’une question
Anne Bridault, Stéphane Frère

Apports de l’archéologie à la connaissance des économies salicoles sur les côtes de la Manche (Protohistoire-époque moderne)
Vincent Carpentier​, Cyril Marcigny

Revue « Archéopages : archéologie & société », HS 5
2019
Format 22 x 27,5 cm
148 pages
ISSN : 1622-8545

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Année :
2019
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