Bash Tapa : vue du sondage à la base du tell lors de son ouverture en 2013

Mission archéologique de Bash Tapa (Kurdistan Irakien)

Responsable(s) :
MARTI Lionel (UMR CNRS 7192, Collège de France), NICOLLE Christophe (UMR CNRS 7192, Collège de France), KAWAH Shawaly (UMR CNRS 7192)
Année(s) :
2013-2018
Kurdistan irakien
Mis à jour le
09 avril 2018

La mission archéologique française de fouille du tell de Bash Tapa (MAE, UMR CNRS 7192) vise à documenter la culture matérielle ancienne de la région d’Erbil encore mal connue et pourtant primordiale avec l'apparition des premières cultures urbaines des IVe et IIIe millénaires et la formation de l'empire assyrien, dans la seconde moitié du IIe millénaire.

Le projet et ses objectifs

La mission archéologique française de Bash Tapa est un projet de fouilles créé en 2013, en accord avec la DGA de la région autonome du Kurdistan irakien et le Ministère français des Affaires étrangères. Il vise à documenter et à étudier la culture matérielle des périodes préclassiques de la région d’Erbil qui fut pour des raisons politiques, jusqu’en 2011, une quasi terra incognita archéologique. Pourtant, la documentation provenant des régions limitrophes mieux connues signalait son importance, tant pour l’apparition des premières cultures urbaines des IVe et IIIe millénaires que pour l’histoire de l’empire assyrien, de sa période de formation dans la seconde moitié du IIe millénaire jusqu’à sa fin vers 612 av. J.-C.

Présentation du tell de Bash Tapa

Le site de Bash Tapa a été sélectionné suite à une prospection réalisée dans la région d’Erbil en mai 2012, grâce à un financement de l’UMR 7192 et au soutien de la DGA d’Erbil et l’Institut d’Archéologie de l’université de Salahaddin (Erbil). Ce tell, d’environ 4 ha et de 25 m de haut, est localisé au cœur de l’Assyrie, à 34,5 km au sud d’Erbil, dans une riche plaine agricole irriguée par un important système de wadis qui alimentent le Petit Zab, un affluent majeur du Tigre. L’environnement de cette plaine est actuellement particulièrement favorable tant à l’agriculture qu’à l’élevage et devait donc représenter une situation tout aussi idéale aux époques plus anciennes confortée par son insertion dans les différents systèmes d’échange et de contrôle. De telles conditions expliquent sans doute que Bash Tapa a connu de longues phases d’occupation pendant lesquelles il fut à plusieurs reprises intégré dans les ensembles étatiques qui se sont succédé au Proche-Orient ancien.

Prospection de surface et missions de fouilles

Dans le cadre d’un quadriennal (2013-2016), financé par le Ministère des Affaires étrangères et placée sous la direction de L. Marti (UMR 7192) avec comme co-responsables K. Shawaly (UMR 7192) et C. Nicolle (UMR 7192), une première mission de fouille s’est déroulée en septembre 2013. Elle a permis l’identification de différentes périodes d’occupation tant sur le tell que dans ses alentours immédiats.

Une prospection de surface a révélé que les principales phases d’occupation du tell couvraient la période Ninivite V (début du IIIe millénaire) jusqu’à l’époque néo-assyrienne (1ère moitié du Ier millénaire). Des occupations ultérieures moins importantes sont toutefois identifiées dans certaines parties du tell (période hellénistique) ou dans ses environs immédiats (période parthe).

Les trois missions de fouilles réalisées jusqu’à présent ont permis de sonder le tell sur sa partie sud-est par le biais de sondages (un au sommet du tell et l’autre sur la pente) afin de compléter les résultats de la prospection de surface.

l'agglomération et son environnement

Dans le sondage implanté sur le versant du tell, l’occupation la plus ancienne découverte en 2013 date de la période Ninivite V. Il s’agit d’une agglomération déjà importante sans doute construite sur des terrasses en briques crues.

Au sommet du tell, le sondage  a livré une partie d’un grand bâtiment de l’époque médio-assyrienne (XIVe siècle – fin du IIe millénaire av. n. è.) dans lequel du matériel céramique a été retrouvé in situ (jarres de stockage, coupes, assiettes, etc.).

Une reconnaissance géomorphologique et une étude géoarchéologique des dépôts et matériaux de construction sont menées en parallèle de la fouille pour comprendre et définir les modalités d’implantation du tell dans son paysage. Celui-ci est marqué par un réseau de wadis, dont les divagations ont sans nul doute érodé la partie nord-est du tell.

Bibliographie

MARTI (Lionel) dir., NICOLLE (Christophe) dir.,  SHAWALI (Kawah) dir. — Recherches en Haute-Mésopotamie II. Mission archéologique de Bash Tapa (campagnes 2012-2013) et les enjeux de la recherche dans la région d’ErbilMémoires de NABU 17. SÉPOA : Paris, 2015. 219 p.

Responsables
MARTI Lionel, UMR CNRS 7192 / Collège de France
NICOLLE Christophe, UMR CNRS 7192 / Collège de France
SHAWALI Kawah, UMR CNRS 7192
Collaborateurs
ANGEVIN Raphaël, SRA Auvergne-Rhône-Alpes
MAS Juliette, Université de Liège
FROUIN Millena, Inrap Centre - Île-de-France
PHAN CHAN THÉ Xavier, UMR CNRS 7192
Kurdistan irakien
Contact(s)

MARTI Lionel
lionel.marti [at] college-de-france.fr

NICOLLE Christophe
christophe.nicole [at] college-de-france.fr

KAWAH Shawaly
kawahshawaly [at] yahoo.fr

Partenaire(s)
UMR 7192 - PROCLAC
Collège de France
MEAE