Cette exposition, fruit d'un partenariat entre le Muséum national d'Histoire naturelle et l'Inrap, est à découvrir jusqu'au 7 janvier 2019 au musée de l’Homme. Elle nous plonge dans le récit de la Préhistoire, à la découverte de l’homme de Néandertal, figure majeure de l’aventure humaine.

Dernière modification
16 mai 2018

Un regard renouvelé sur Néandertal

Une molaire, une calotte crânienne, un fémur, des ossements d’animaux, des outils disséminés dans toute l’Eurasie… Voilà ce qui subsiste des Néandertaliens et de leur façon de vivre. Ces traces ténues sont les « indices » à partir desquels les préhistoriens mènent l’enquête.  Si le terrain est la source première de la connaissance en Préhistoire, de nouveaux outils d’analyse ont contribué, depuis deux décennies, à révolutionner le récit des origines. L’abondance des faits archéologiques, le croisement des disciplines et l'emploi de technologies de pointe renouvellent encore aujourd’hui l’approche de Néandertal.

L’exposition qui réunit les fossiles originaux les plus remarquables de l’homme de Néandertal, présente pour la première fois la calotte crânienne de Neander, prêtée exceptionnellement par le Musée de Bonn. Retraçant la manière dont les oeuvres d'art et les documents produits notamment au XIXe siècle, ont ancré dans l'imaginaire collectif une image biaisée de cet homme préhistorique, elle révèle une autre facette de Néandertal : habile artisan, grand chasseur et être social animé de pensées symboliques.

Le « cas » Néandertal est donc loin d’être clos. Ce « frère » qui nous a transmis quelques gènes nous questionne encore et toujours sur notre perception de la différence et sur la notion d’espèce humaine. ​

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Le quotidien du chasseur-cueilleur mais à jour par l’Inrap

Chasseur-cueilleur nomade, Néandertal possédait le savoir-faire nécessaire à la construction d’abris temporaires (huttes, tentes ou cabanes), utilisés lors de ses déplacements saisonniers pour suivre le gibier, récolter des végétaux ou s’approvisionner en silex. Les vestiges de ces structures en plein air sont d’ailleurs rares car les matériaux utilisés pour les construire (bois, végétaux, peaux…) se conservent difficilement.

Le site « La Folie », fouillé par l’Inrap au nord de Poitiers, est à ce titre un témoignage exceptionnel d’un campement dans un abri coupe-vent circulaire daté entre - 60 000 et - 50 000 ans, reconstitué partiellement à échelle réelle (10 m de diamètre) au sein de l’exposition.

Pour mettre le visiteur en situation, le sol est carroyé comme sur un site de fouille, avec indications des différentes aires d’occupation : poste de taille, aire de travail des peaux, foyer et litière. Deux vitrines au sol présentent les objets lithiques précisément trouvés à ces endroits, ainsi que le système de fixation au sol des poteaux de bois tenant la palissade. Une fresque murale représente le site en élévation et les silhouettes de ses occupants dans leurs différentes activités.
 


 

Commissariat scientifique de l’exposition
Marylène Patou-Mathis, préhistorienne, archéozoologue - directrice de recherche au CNRS rattachée au Département « Homme et environnement » du Muséum national d’Histoire naturelle.
Pascal Depaepe, préhistorien, archéologue paléolithicien - directeur régional des Hauts-de-France à l’Inrap.