À l’occasion du premier anniversaire de l’incendie, le documentaire « Sauver Notre-Dame » est diffusé, mardi 14 avril, sur France 2. L’Inrap, l’un des coproducteurs du film, est immédiatement intervenu à l’intérieur de Notre-Dame pour fouiller dans la nef, l’ensemble des matériaux effondrés (poutres, pierres, métal), à l’aide d'engins téléguidés et de relevés photogrammétriques.

Dernière modification
14 avril 2020

Dès le lendemain de l’incendie, les archéologues ont été appelés au chevet de la cathédrale. La loi d’exception du 29 juillet 2019 a confié à l’Inrap la responsabilité des interventions archéologiques préventives liées à ce chantier de restauration hors norme. C’est donc sur prescription de l’État (Drac Île-de-France) que les équipes de l’Inrap œuvrent depuis, à un programme de diagnostics, de fouilles et prospections archéologiques, pour accompagner le projet de restauration de la cathédrale.

Un an après… le documentaire évènement

À l’occasion du premier anniversaire de l’incendie, « Sauver Notre-Dame » est diffusé, mardi 14 avril à 20H50, sur France 2, et en 28 langues dans 160 pays.
Réalisé par Quentin Domart et Charlène Gravel, ce film est produit par Gédéon Programmes et l’Inrap, l’un de ses nombreux coproducteurs. Le documentaire-évènement de 100 minutes, est une immersion, sans équivalent, à la découverte des différents corps de métier engagés dans ce chantier d’exception : architectes, archéologues, cordistes, charpentiers ou échafaudeurs…

Parmi les équipes d’archéologues, de nombreuses spécialités ont été sollicitées : céramologie, anthracologie, mais aussi spécialistes du métal, de la géophysique, des carrières et des matériaux de construction, tous formés à travailler en milieu pollué ou contaminé.
 

Notre-Dame, une urgence archéologique

Face à l’urgence de la mise en sécurité du site, les archéologues sont immédiatement intervenus à l’intérieur de Notre-Dame pour fouiller dans la nef, l’ensemble des matériaux effondrés (poutres, pierres, métal), à l’aide d'engins téléguidés et de relevés photogrammétriques.

Afin de préserver ces vestiges fondamentaux pour la recherche, les études et la restauration de l’édifice, les modalités de prélèvement ont été mises en œuvre dans le cadre d’un protocole scientifique élaboré conjointement par le service régional de l’archéologie de la DRAC et le laboratoire de recherche des monuments historiques. Tous les vestiges prélevés ont été conservés afin d’être ensuite étudiés et analysés, en collaboration avec des laboratoires de recherche du CNRS. Les bois de charpente, les blocs maçonnés ont été échantillonnés et géo-localisés par orthophotographie, en collaboration avec les spécialistes du Laboratoire de recherche des monuments historiques (LRMH), du service régional de l’archéologie (DRAC), et du Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF).

Des interventions archéologiques non invasives sont parallèlement privilégiées et une prospection géophysique débutera prochainement afin de détecter cavités et maçonneries inconnues.

Fouille au sud-est du chevet de la cathédrale

Les archéologues de l’Inrap sont également intervenus à l’extérieur, au sud-est du chevet de la cathédrale. Ce chantier préventif s’est déroulé avant l’implantation de la gigantesque grue de 80 mètres de hauteur et destinée au retrait de l’échafaudage autour de la flèche de la cathédrale, fondu lors de l’incendie. Cette zone de fouille, en amont de l’île de la Cité est peu connue des archéologues. Ils ont ainsi remis au jour un épais mur, entrevu au printemps 1918, à l’occasion de terrassements destinés à remplir des sacs de terre pour protéger la cathédrale des bombardements allemands.

Dans la durée… études et recherche

L’étude des vestiges effondrés ou en place, celle du contexte global de la cathédrale, livrera d’importantes informations sur l’approvisionnement en matériau, notamment la pierre et les modes d’exploitation des carrières médiévales parisiennes. Chaque poutre calcinée de la charpente du XIIIe siècle désormais échantillonnée, constitue un élément de l’Histoire de la cathédrale, mais aussi du paysage, de l’environnement, du climat. Les anthracologues de l’Inrap associés au groupe de recherche mis en place par le CNRS, étudieront ces charbons de bois, pour identifier les essences d’arbres employées dans les charpentes.

Par ses missions, l’Inrap a une grande expérience des chantiers en co-activité (recherche et construction) sur des sites où se côtoient des architectures conservées, mais aussi effondrées, des structures enfouies, pouvant couvrir différentes périodes. Parallèlement, l’Institut intervient sur des monuments classés, au titre des monuments historiques ou au patrimoine mondial de l’Unesco.

Contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie (Drac Île-de-France)
Recherche archéologique : Inrap
Responsable scientifique : Marc ViréInrap