Une fouille de l'Inrap dans l’actuelle basse-ville d’Auch apporte de nouvelles connaissances sur un quartier périphérique de la cité antique encore méconnu.

Dernière modification
11 mai 2021

Une équipe d’archéologues de l’Inrap fouille actuellement, sur prescription de l’État (Drac Occitanie), en amont d’un aménagement individuel, une partie encore méconnue de l’actuelle basse-ville d’Auch. Ces recherches révèlent deux bâtiments d’habitation datant du Ier siècle de notre ère et situées à environ 350 mètres du forum de la cité antique d’Auch. Elles apportent de nouvelles connaissances sur l’aménagement urbain et l’occupation humaine dans ce secteur, alors périphérique de la cité d’Eliumberris-Augusta Ausciorum, très largement méconnue d’un point de vue archéologique.

Des habitations du Ier siècle

Débutée il y a trois semaines, la fouille a permis de mettre au jour les vestiges d’un vaste bâtiment et d’un ensemble de constructions dont la fonction reste à déterminer. L’occupation de ce probable habitat se concentre principalement sur le Ier siècle de notre ère. Une première phase se caractérise par la présence d'un large bâtiment doté de sols de terre battue dont les limites restent encore à appréhender. Les observations réalisées durant le diagnostic ont montré la présence de trois principales recharges de sol au sein de cet habitat. Une seconde phase est matérialisée par d’autres constructions organisées autour d’une cour bordée par un fossé. Le mobilier recueilli au sein de ces structures témoigne d’une activité domestique classique et le nombre important de pesons (poids de métier à tisser antique) mis au jour pourrait être associé à une activité artisanale : une partie de la production aurait pu être dévolue à la revente.

L’abandon du secteur semble précoce, probablement dans le courant de la première moitié du IIe siècle de notre ère. Le site est ensuite sporadiquement fréquenté durant la fin de l’Antiquité, période où de nombreux murs sont en partie récupérés.

Des éléments d’un système viaire et un puits

Entre les zones bâties, les archéologues ont mis au jour un chemin empierré qui devrait être connecté à un système de rues restant encore à appréhender. La suite de l’opération archéologique devrait permettre de vérifier cette hypothèse qui, si elle s’avère exacte, apportera de précieuses informations pour la connaissance de la trame viaire de cette zone.

Levée topographique des vestiges d'Auch.

Levée topographique des vestiges d'Auch.



© Julie Imbert


Enfin, l’étude d’un puits, découvert lors du diagnostic dans la partie nord de l’emprise, par la Cellule d’intervention sur les structures archéologiques profondes (Cisap) pourrait livrer de nombreux éléments de mobilier qui viendront préciser la nature des précédents vestiges et enrichir l’histoire de la vie quotidienne des Auscitains.

Fouille d’un puits découvert lors du diagnostic par intervention de la CISAP.

Fouille d’un puits découvert lors du diagnostic par intervention de la CISAP.

© Julie Imbert

Contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie (Drac d’Occitanie)
Recherche archéologique : Inrap
Responsable scientifique : Pascal Lotti, Inrap