À Erquy, en Côtes-d’Armor, des archéologues de l’Inrap ont découvert trois tumuli et une foisonnante variété de vestiges datant de la fin de l’âge du Bronze jusqu’au haut Moyen Âge. La topographie très favorable du site, aux abords du plateau dominant la baie d’Erquy, expliquerait cette densité de vestiges et d’habitations.

Dernière modification
13 février 2019

Prescrites par le service régional de l’Archéologie (Drac Bretagne), en amont de l’aménagement d’un Ehpad par la société DomusVi, les fouilles qui sont menées sur le site des Prés Biard à Erquy révèlent de multiples périodes d’occupations et des activités diversifiées. Beaucoup d’incertitudes se posent encore sur les datations de ces occupations, qui pourront être précisées pendant la phase de recherches et d’analyses, après le terrain.

En partie basse du site, un espace funéraire de l’âge du Bronze
 

La première zone de fouille, située en partie basse, a révélé un espace funéraire daté de la fin de l’âge du Bronze (vers 1000 avant notre ère). Dans ce secteur peut-être déjà fréquenté au Néolithique, à proximité du vallon et de son ruisseau, trois tumuli ont été découverts. Il s’agit de tombes surmontées d’une masse circulaire de terre (voire de pierres) délimitée par des dalles en grès. Si aucune n’a livré d’ossement humain, deux d’entre elles présentaient des dépôts de céramique. Dans la troisième, le coffrage en bois était toujours visible dans la chambre funéraire. Ces monuments, dont les diamètres avoisinent les 6 mètres, marquaient le paysage. Plusieurs autres petites tombes, d’architecture plus modeste, venaient se greffer contre les cercles de pierre des tumuli.

En partie haute, des vestiges de l’âge du Fer

Sur la partie haute, aux abords du plateau, les archéologues ont mis au jour des vestiges d’occupations humaines datant de l’âge du Fer, dont une ferme gauloise. Ce grand bâtiment ovale d’une quinzaine de mètres de longueur, est ceint d'un profond fossé. Des tessons de céramique du IVe siècle avant notre ère ont été retrouvés dans les trous aménagés pour recevoir les poteaux de la construction.

L’exploitation du pourpre

À une époque postérieure, l'exploitation d'un coquillage a probablement été pratiquée sur le site. Il s’agit de la fabrication du colorant pourpre, issu des mollusques (non comestibles) du même nom, qui étaient récoltés sur la plage à 200 mètres en contrebas. Les brisures des coquilles (pour récupérer les glandes) et les indices de cuisson (pour concentrer la substance) semblent témoigner de cet artisanat particulier.

Antiquité et haut Moyen Âge

Plusieurs fossés et leurs recoupements ont été mis au jour, témoignant de la mise en place et de l’évolution d’un réseau de parcelles. Les traces de fondations d’un grand bâtiment ont été également repérées. Son ossature en bois sur poteaux présente un plan carré de 15 mètres de côté. Les vestiges de ses fondations, 5 travées de 5 poteaux, témoignent d’importants travaux de réfection et de renfort. Il pourrait s’agir d’une vaste grange, de halles ou bien encore d’une construction ostentatoire. Des traces de petits bâtiments et d’activités artisanales viennent compléter ces vestiges, comme des tessons de céramique utilisée du IIe au IVe siècle et d’autres remontant au haut Moyen Âge.

Des études vont être menées en laboratoire sur les objets, la céramique, les pollens, les coquillages, les restes de faune, prélevés ou récoltés pendant la fouille. Ces recherches permettront de restituer une histoire et une chronologie précise de ces occupations très diverses sur le site.

Aménageur : DomusVi
Contrôle Scientifique : DRAC Bretagne
Recherches archéologiques : Inrap
Adjoint Scientifique et technique : Michel-Alain Baillieu, Inrap
Responsable scientifique : Mélanie Levan, Inrap