Torcé (Ille-et-Vilaine), La Grande Maçonnais : forge antique du IIe siècle, habitat du Xe-XIe siècle

Sous-titre

Rapport de fouille 2015

Numéro DAP
29
Image d'entête
DAP 29 | Torcé « La Grande Maçonnais » (Ille-et-Vilaine)
Média
DAP 29 | Torcé « La Grande Maçonnais » (Ille-et-Vilaine)
date expertise
septembre 2015
date achevement
mai 2015
Paragraphes

Le site de « La Grande Maçonnais » à Torcé (Ille-et-Vilaine), sur le tracé de la LGV Rennes-Le Mans, a fait l’objet d’une fouille archéologique en 2013 sur une surface de 2,3 hectares, suite à un diagnostic archéologique (Juhel et al., 2010). Ce dernier a d’ailleurs permis de révéler un second site au lieu-dit « Vassé » (800 m à l’est) mis aussi en ligne dans cette collection (Cahu et al., 2014). Ces deux opérations de fouilles archéologiques se placent au sud et au sud-est du bourg de Torcé, à moins d’un kilomètre de son église. Cette dernière, avec sa crypte et son sarcophage en plomb, non datés, comporte des éléments architecturaux du XIe siècle. Sa dédicace à Saint Médard (évêque du VIe siècle) pourrait être un indice de plus grande ancienneté. Juste à côté, la découverte de sarcophages en calcaire coquillier, lors du nivellement de la motte castrale au XIXe siècle, en ajoute un supplémentaire. Ce mode d’inhumation, le plus prestigieux pour la période et la région, est en usage du VIe aux Xe-XIe siècles.
Entre ces deux opérations de fouille et le bourg de Torcé, il faut encore noter un diagnostic archéologique qui a mis en avant des éléments mobiliers antiques mais également d’époque mérovingienne (Le Boulanger et al., 2012). Dans le cadre du PCR sur l’habitat rural du haut Moyen Âge en Bretagne, des caramels de cuisson d’un pot issu de ce diagnostic ont récemment fait l’objet d’une datation radiocarbone : Ils offrent une datation calibrée à deux sigmas (95,4% de probabilités) comprise entre 433 et 592 (1545+/-30 BP).
Plus à l’est, à près d’1,7 km, la fouille de « Mauzé » dévoile une installation romaine, où de nombreux rejets suggèrent de probables ateliers de tuiliers et de céramique commune (Robert et al., 2012).
Ainsi, le site de « La Grande Maçonnais », de l’époque antique au Xe-XIe siècle, se place certainement dans un terroir organisé, proche d’un probable lieu de culte et très probablement de pouvoir dès le haut Moyen Âge.

Sur « La Grande Maçonnais », la fouille a révélé une longue occupation.
Les premiers indices anthropiques datent du Néolithique et sont strictement mobiliers (céramique et lithique).
L’âge du Fer se distingue principalement par la création d’un réseau parcellaire. Deux fosses complètent les vestiges de cette période. L’une d’elles fournit un lot de céramiques domestiques du Ve siècle av. J.-C provenant d’un possible habitat à proximité de l’emprise étudiée.
La période antique se caractérise par deux grands temps. D’abord, la trame parcellaire préexistante évolue au cours des Ier-IIe siècles. Dans la seconde moitié du IIe siècle, un atelier de forge, associé à un puits, s’installe dans la partie ouest de l’emprise. L’ensemble occupe une aire de 400 m². Ensuite, côté est, reprenant une trame fossoyée antique, un chemin nord-sud se met en place.

Un nouveau changement s’opère à partir des VIe-VIIe siècles. S’appuyant sur cet axe viaire antique, l’occupation du haut Moyen Âge se caractérise d’abord par un parcellaire fossoyé qui scinde l’emprise de fouille entre espace agricole ou boisé et espace habité. Les indices d’habitat se concentrent alors à l’est et le long de la limite sud d’emprise, tandis qu’une une parcelle vierge de structures (champs, bois ?) d’une surface minimum de 1,4 hectares (143 m sur 100 m) se dégage dans toute la partie nord-ouest de la fouille.
Autour des Xe-XIe siècles, trois espaces bâtis sur poteaux ont été reconnus.
Le premier, au sud, composé d’un unique bâtiment et de quelques fosses, est construit le long d’un fossé parcellaire de direction est-ouest. Au nord du fossé, l’espace semble délaissé ; au sud, quelques fosses et trous de poteau épars se remarquent. On ne peut exclure que cette occupation modeste puisse se développer plus amplement hors emprise.
Le second, à l’est du chemin, correspond à une unité domestique liée au premier espace par un large passage entre deux fossés. Elle se développe autour d’un bâtiment central de 42 m2 sur 8 poteaux, qu’une datation C14 cale entre 890 et 1030. A proximité, quelques trous de poteau dont l’organisation reste floue, une ample fosse très charbonneuse, un grenier sur poteaux et un éventuel gerbier complètent cet ensemble.
Enfin, un troisième espace, côté ouest à proximité de la limite nord de l’emprise, est constitué par une partie d’enclos fossoyé. Plusieurs indices permettent de placer cet espace vers les VIe-VIIe siècles. Lui succède au Xe-XIe siècle un ample bâtiment sur poteaux associé à une fosse de rejet.
Cette dernière construction développe un plan atypique par l’ampleur de ses trous de poteau et surtout par son plan qui se caractérise par deux modules de quatre poteaux de fort diamètre, juxtaposés et alignés, dégageant un éventuel passage interne large de 6,50 m. La construction occupe une surface de 80 m2. Ces avant-trous pour la pose des pièces de bois et la portée nécessaire à certains écartements (6,50 m), suggèrent une construction imposante avec un probable étage. Son plan évoque celui des édifices de type manorial qui se développent dans la seconde moitié du Moyen Âge, à savoir les logis-portes, mais il paraît, dans notre contexte, fort anachronique.
Enfin, dans un dernier mouvement, à partir de la fin du Moyen Âge, nous observons la mise en place progressive d’un parcellaire lanièré.

L’essentiel du mobilier céramique provient de la fosse de rejet située au pied de cette construction. Le vaisselier se compose presque uniquement de formes hautes fermées, pots destinés à la cuisson de bouillies et gruaux, ainsi qu’au stockage ; il faut noter la présence d’un pied de lampe certainement d’importation. La majorité du lot métallique est aussi en relation avec cet ensemble : il s’agit essentiellement de clous de charpente provenant sans doute de l’imposante bâtisse citée précédemment.

Pour la période médiévale, l’étude anthracologique nous renseigne sur un environnement boisé de type chênaie-hêtraie dense à côté d’espaces semi-ouverts, de friches, de landes et d’une zone ripisylve. L’approvisionnement en bois se fait dans ces différents milieux, mais la chênaie encore dense et sans doute proche est privilégiée. Avec une très mauvaise conservation des graines, la carpologie met tout de même en avant le triptyque blé- avoine-seigle que nous retrouvons à une échelle régionale plus large. Sur le site voisin de « Vassé » (VIIe-IXe siècle ; Cahu et al., 2014), une place prépondérante est faite à la céréaliculture, et les légumineuses sont largement en retrait. Sur « La Grande Maçonnais », les données sont pauvres, mais elles semblent y faire écho.

Cette fouille s’intègre assurément dans la programmation nationale de la recherche archéologique (CNRA), et plus particulièrement dans celle de l’étude de l’espace rural, du peuplement et des productions agricoles aux époques gallo-romaine, médiévale et moderne (axe 10). En outre, le bâtiment atypique pourrait avoir une résonance élitaire et s’intègre assurément dans l’axe 11 consacré aux constructions élitaires, fortifiées ou non, du début du haut Moyen Âge à la période moderne. À l’échelle nationale et régionale, ce site participe à un important renouvellement des connaissances acquises autour de ces thèmes depuis une vingtaine d’années. Et cette contribution se place dans un contexte archéologique fort centré sur la paroisse de Torcé, dans l’est du département de l’Ille-et-Vilaine.

Enfin, répondant à cet accroissement des données et aux préconisations du CNRA, le site de « La Grande Maçonnais » s’intègre parfaitement à la recherche mise en place en Bretagne depuis 2019 dans le cadre d’un projet commun de recherche (PCR) dédié au premier Moyen Âge : Formes, nature et implantation des occupations rurales en Bretagne du IVe au XIe siècle de notre ère. Ce travail en cours devrait déboucher sur un colloque et une publication.

Sommaire

I. Données administratives, techniques et scientifiques

II. Résultats

1. Cadre général de l'intervention archéologique

1.1. Cadre naturel
1.2. Cadre historique et archéologique
1.3. L'intervention archéologique. Stratégie, méthodes et contraintes

2. L'occupation archéologique

2.1. Diagnostic archéologique à l'ouest de la RD 406
2.2. À l'est de la RD 406, la zone de fouille: du Néolithique à l'époque contemporaine

3. Étude de la céramique protohistorique

4. Étude de la céramique antique

5. Étude de la céramique médiévale

6. Étude du mobilier lithique

7. Analyse du mobilier métallique

8. Étude paléométallurgique

9. Étude anthracologique

10. Étude carpologique

11. Étude pétrographique de la céramique

12. Conclusion

Bibliographie

Liste des figures

III. Inventaires techniques

Bibliographie / Ressources

Rapports d'opération

CAHU, Didier (dir.),  BLANCHET, Stéphane, DIEU, Yoann, HALLAVANT, Charlotte, MORZADEC, Hervé, NICOLAS, Théophane, SEIGNAC, Hélène, SIMON, Laure & ZAOUR, Nolwenn. (2015). Torcé (Ille-et-Vilaine), La Grande Maçonnais, forge antique du IIe siècle, habitat du Xe-XIe siècle (Rapport de fouille, 1 vol.). Cesson-Sévigné : Inrap Grand Ouest. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0136763>.

JUHEL, Laurent (dir.), LABAUNE-JEAN, Françoise, NICOLAS, Théophane, OEIL DE SALEYS, Sébastien, AH-THON, Emmanuelle, BÉLANGER, Céline & BOUMIER, Frédéric. (2010). Louvigné-de-Bais, Torcé, Etrelles, Argentré-du-Plessis (Ille-et-Vilaine), LGV, secteur 3. Occupations du Néolithique à l’époque moderne sur le tracé de la LGV Rennes-Le Mans (Rapport de diagnostic, 1 vol.). Cesson-Sévigné : Inrap Grand-Ouest. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0118667>.

Rapports cités dans l'introduction

CAHU, Didier (dir.), BOULINGUIEZ, Philippe, BRISOTTO, Vérane, DUPRÉ, Mathilde, HALLAVANT, Charlotte, LABAUNE-JEAN, Françoise, MORZADEC, Hervé, ROBIN, Boris & SEIGNAC, Hélène. (2014). Torcé (Ille-et-Vilaine), Vassé, habitat enclos fin VIIe-IXe siècle (Rapport de fouille, 1 vol.). Cesson-Sévigné : Inrap Grand Ouest. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0131276>.

LE BOULANGER, Françoise (dir.), CONAN, Julie, LABAUNE-JEAN, Françoise, NICOLAS, Théophane & POIPRÉ, Pierre. (2012). Torcé (Ille-et-Vilaine), La Petite Gatellerie, indices d’occupation du Néolithique et du haut Moyen Âge (Rapport de diagnostic, 1 vol.). Cesson-Sévigné : Inrap Grand Ouest. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0122660>.

ROBERT B., DAVERAT L., AOUSTIN D., BERNIER M., COUTELAS A., GUTEL G., MARCOUX N., VISSAC C. & WARDIUS C. (2012). Torcé (Ille-et-Vilaine), Mauzé, LGV Le Mans-Rennes (Rapport de fouille). SRA Bretagne : France Archéologie.

Citations

CAHU, Didier (dir.), BLANCHET, Stéphane, DIEU, Yoann, HALLAVANT, Charlotte, MORZADEC, Hervé, NICOLAS, Théophane, SEIGNAC, Hélène, SIMON, Laure & ZAOUR, Nolwenn. (2022). Torcé (Ille-et-Vilaine), La Grande Maçonnais : forge antique du IIe siècle, habitat du Xe-XIe siècle : Rapport de fouille 2015 (1 vol.). Paris : Inrap. (Documents d’archéologie préventive ; 29). <https://doi.org/10.34692/ec4e-zx89>.

Auteur(s) / direction
CTRA
Chronique de site
La Grande Maçonnais à Torcé (Ille-et-Vilaine)
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Rapport DAP
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Port-en-Bessin-Huppain (Calvados) : Les vestiges antiques de l’avenue du général de Gaulle

Sous-titre

Rapport de fouille 2015

Numéro DAP
27
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DAP 27 | Port-en-Bessin-Huppain « Avenue du général de Gaulle » (Calvados)
Média
DAP 27 | Port-en-Bessin-Huppain « Avenue du général de Gaulle » (Calvados)
date expertise
décembre 2015
date achevement
juin 2015
Paragraphes

Une fouille a été réalisée en juin 2013 sur 4215 m² en rive gauche du fond d’estran, près du cimetière et de l’ancienne église disparue de Port-en-Bessin (Calvados), sur des terrains destinés à la construction de logements par la société Parthélios Habitat. Les vestiges découverts se développent au-delà de l’emprise décapée. La première implantation est matérialisée par deux angles de fossés du côté ouest de l’emprise. Faute de mobilier dans les comblements, ces aménagements sont placés avant le début de l’Antiquité par le biais de la stratigraphie.

Au Ier s. av. J.-C. et jusqu'au début du Ier s. ap. J.-C., une occupation antique pérenne et structurée, délimitée par un imposant fossé, voit la mise en place d’un bâtiment maçonné à contreforts et d’un mur de clôture. Entre le Ier s. et le début du IIIe s. ap. J.-C. s’ouvre la principale phase de développement et de fonctionnement du site, qui se décompose en trois séquences qui demeurent encore difficiles à dater précisément.

Dans la séquence 1, les éléments de la phase précédente sont maintenus et complété par de nouveaux fossés et par un appentis adossé contre la face extérieure du mur de clôture. La seconde séquence voit la disparition du bâtiment à contreforts au profit d’un édifice rectangulaire à exèdre possédant un foyer en son centre. À cette occasion, le passage dans le mur d’enceinte est réduit et la limite de propriété vient presque s’accoler au bâtiment. La dernière séquence est marquée par une ultime modification des architectures maçonnées, avec le remplacement de l’édifice précédant par une nouvelle construction plus exiguë, au nord-ouest du passage dans le mur d’enceinte, et la remise en service du premier fossé. Un bâtiment à ossature de bois prend place dans la bande de terrain récupérée entre le mur d’enceinte et le fossé. Entre le IIIe et le IVe s. ap. J.-C. l’abandon et le démantèlement du site sont effectifs et cette phase n’est marquée que par des pertes monétaires autour des bâtiments désaffectés.

Enfin, de la fin de l’Antiquité jusqu’à nos jours on signalera les traces d’ornières correspondant à un possible chemin conduisant à l’église (?), antérieur à la pose d’un câble électrique, datant peut-être de la Seconde Guerre mondiale.

Cette première opération archéologique préventive, conduite dans le périmètre de signalement de vestiges antiques situés la rive gauche de l’estran, a ouvert une fenêtre extrêmement instructive sur la nature, la qualité et la chronologie des aménagements conservés. Elle fut également l’occasion de rouvrir le débat sur le possible exutoire maritime du chef-lieu de cité antique, l’hypothèse d’une agglomération portuaire, le caractère stratégique qui en découle, etc., en repartant de la documentation disponible et en dépassant le contexte restrictif de la plaine fermée de Commes/Port-en-Bessin. Sur cette question, le travail d’analyse du réseau ancien conduit dans le cadre du PCR Arbano, a démontré en 2015 (Allinne et Léon, 2015, p. 332‑333) que la relation terrestre de Bayeux – Augustodurum, chef-lieu de cité des Baïocasses – à Port-en-Bessin – « portus » principal désigné par l’historiographie – ne s’établissait pas de manière aussi directe et flagrante que l’on pourrait l’attendre dans un tel cas de figure.

Ainsi, en 2014, lors de la rédaction du rapport, les données relatives à la relation au littoral ou plus largement au domaine maritime (commerce et exploitation) par l’intermédiaire du mobilier apparaissaient limitées et peu explicites. Les quelques pièces de l’instrumentum qui évoquaient des activités de pêche (poids, harpon…) ne constituaient pas un corpus suffisamment étoffé pour l’envisager dans le cadre d’une exploitation à grande échelle et à des fins d’exportation. Les quantités et le panel de coquillage rejetés n’étaient pas davantage démonstratifs. Pour une part collectée sur le littoral (moule, coques, Saint-Jacques, bulots, patelles) et pour une autre sans doute importée (huîtres), ils traduisent avant tout des produits consommés sur place. Toutefois, la présence d’un grand clou en bronze à tête prismatique , Type Feugère D2 (Feugère, 2004, p. 205) dans les couches en relation avec le bâtiment à contrefort, exemplaire caractéristique de la charpenterie navale au regard des comparaisons disponibles [1] mais insuffisamment pris en compte à l’époque, évoque franchement l’existence d’un chantier de construction de navire autour du site.

Enfin, si l’existence d’un bâtiment à contreforts orientait vers la fonction de stockage et par extension vers l’éventualité d’un entrepôt en relation avec une activité portuaire au sein d’une agglomération, la faible densité de la dotation architecturale et le périmètre fort peu étendu des découvertes anciennes (à peine 3 ha autour de l’ancienne église, site actuel compris) ajoutés à l’absence d’un mobilier caractéristique, ne militaient pas pour une telle activité ou pour une configuration d’habitat aggloméré. Cette analyse est aujourd’hui fortement à nuancer. L’hypothèse que Port-en-Bessin puisse être un port actif à l’époque romaine peut s’envisager dans le cadre plus large et non exclusif de la seule relation au chef-lieu, par exemple celui de l’exploitation artisanale des ressources marines, de la pêche vivrière ou de la redistribution de produits par cabotage tout le long du littoral de la Baie de Seine. La présence de telles activités est désormais attestée sur le site voisin de Commes où les pourpres Nucella Lapillus servent à fabriquer des teintures (Allinne et al., 2021 ; Allinne, 2021). On trouve également sur ce site un bâtiment à contreforts (Allinne, 2019). Le PCR « Face à la Mer », engagé en 2019, intègre ces perspectives de recherches et le site de Port-en-Bessin fait partie des principaux acteurs de cette relecture (Paez-Rezende dans Léon et al., 2021, p. 51‑53).

1

Comparable à des exemplaires sortis du Rhône et présentés au musée départemental de Arles Antique, ou à celui de Martigues, Les Laurons.

Sommaire

I. Données administratives, techniques et scientifiques

II. Résultats

1. Présentation de l’opération

1.1. Situation géographique et cadre de l’intervention
1.2. Rappel des résultats du diagnostic
1.3. Problématique et objectifs de l’intervention
1.4. Déroulement de l’intervention et méthodologie
1.5. Bilan technique et opérationnel

2. Présentation générale du site et de son environnement

2.1. Le site dans son contexte naturel
2.2. Les données archéologiques couvrant la période gallo-romaine

3. Analyse descriptive et fonctionnelle des vestiges

3.1. État de conservation des vestiges et stratigraphie
3.2. Les réseau de fossés
3.3. Les architectures
3.4. Les vestiges d’accompagnement de l’habitat et des activités
3.5. Les traces d’une voirie
3.6. Un vestige contemporain

4. Les études

4.1. La céramique antique
4.2. L’instrumentum
4.3. Le numéraire
4.4. Le verre
4.5. Rapport d’inventaire de la faune
4.6. Un vestige contemporain

5. L’organisation des vestiges par phases

5.1. Les vestiges non phasés et les vestiges présumés gallo-romains au sens large
5.2. Les vestiges antérieurs au début de l’Antiquité (phase 1)
5.3. L’implantation d’une occupation antique structurée (phase 2 : Ier s. av. J.-C. – début du Ier s. ap.
J.-C.)
5.4. La phase principale de développement et de fonctionnement (phase 3 : Ier s. – début du IIIe s. ap. J.-C.)
5.5. L’abandon et le démantèlement ? (phase 4 : IIIe – IVe s. ap. J.-C.)
5.6. Les traces post-antiques (phase 5)

6. Éléments de synthèse

6.1. Un point sur l’organisation du site et sur l’architecture
6.2. Discussion autour de la qualification du site
6.3. Situation de Port-en-Bessin dans le réseau de circulation ancien

Bibliographie et documents

Liste des figures

III. Inventaires techniques

Bibliographie / Ressources

Rapports d'opération

PAEZ-REZENDE, Laurent (dir.). (2015). Port-en-Bessin, Calvados, Les vestiges antiques de l’avenue du Général de Gaulle (Rapport de fouille, 1 vol.). Cesson-Sévigné : Inrap Grand-Ouest. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0137360>.

CARPENTIER, Vincent (dir.). (2013). Port-en-Bessin, Calvados, Vestiges d’un vicus portuaire antique, avenue du Général de Gaulle (Rapport de diagnostic, 1 vol.). Cesson-Sévigné : Inrap Grand-Ouest. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0127424>.

Rapports d'activités cités dans l'introduction

LÉON, Gaël, FLOTTÉ, David, GHESQUIÈRE, Emmanuel, LEPAUMIER, Hubert, MARCIGNY, Cyril, PAEZ-REZENDE, Laurent, ROPARS, Anne & THEVENET, Corinne. (2021). FALM - Face à la Mer : Projet Collectif de Recherche (Rapport d'activité 2019-2020). Bourguébus : Inrap Grand-Ouest. 150 p.

ALLINNE, Cécile & LÉON, Gaël. (2015). Arbano, L’Antiquité en Basse-Normandie : Projet collectif de recherche (Rapport d'activité 2015, 5e année). Caen : Groupe Antiquité. 497 p.

Publications citées dans l'introduction

ALLINNE, Cécile. (2021). Commes – Le Dessous des Cotis. Programme d’analyses (2018). ADLFI. Archéologie de la France - Informations. <https://journals.openedition.org/adlfi/74678>.

ALLINNE, Cécile, QUÉVILLON, Sophie, THIERRY, Marc-Antoine, DUPONT, Catherine, RUPIN, Gwendoline & GUIHARD, Pierre-Marie. (2021). Commes – Le Bourg. Programme d’analyses (2017). ADLFI. Archéologie de la France - Informations. <https://journals.openedition.org/adlfi/72728>.

ALLINNE, Cécile. (2019). Commes – Lotissement « Le Dessous des Cotis ». Fouille programmée (2015). ADLFI. Archéologie de la France - Informations. <https://journals.openedition.org/adlfi/24122>.

FEUGÈRE, Michel. (2004). Annexe [Les nécropoles de Vernègues (B.-du-Rh.). Deux ensembles funéraires du Haut-Empire à la périphérie d'une agglomération secondaire]. Pour une typologie de la clouterie antique. Revue archéologique de Narbonnaise, 37 (1), 205‑209. <https://www.persee.fr/doc/ran_0557-7705_2004_num_37_1_1694>.

Citations

PAEZ-REZENDE, Laurent (dir.), BARTHÉLÉMY, Céline, CHANSON, Karine, GUIHARD, Pierre-Marie, LÉON, Gaël, MARIE, Amélie, PALLUAU, Jean-Marc, VIPARD, Laurent & WARDIUS, Christophe. (2022). Port-en-Bessin-Huppain (Calvados) : Les vestiges antiques de l’avenue du général de Gaulle  : Rapport de fouille 2015 (1 vol.). Paris : Inrap. (Documents d’archéologie préventive ; 27). <https://doi.org/10.34692/0p6b-x698>.

Auteur(s) / direction
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Chronique de site
Avenue du Général de Gaulle à Port-en-Bessin-Huppain (Calvados)
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Rapport DAP
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Fouille et mise en perspective de deux enclos funéraires fossoyés circulaires protohistoriques dans leur contexte local : Grand Est, Aube, Marigny-le-Châtel, « L’Épine Gérard »

Sous-titre

Rapport de fouille archéologique 2017

Numéro DAP
24
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DAP 24 | Marigny-le-Châtel « L'Épine Gérard » (Aube)
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DAP 24 | Marigny-le-Châtel « L'Épine Gérard » (Aube)
date expertise
décembre 2017
date achevement
septembre 2017
Paragraphes

La fouille de près de 5000 m² réalisée en 2014 sur la commune de Marigny-le-Châtel (Aube), lieu-dit « L’Epine Gérard », s’inscrit dans le cadre d’un vaste projet d’aménagement du territoire, l’implantation du gazoduc « Arc de Dierrey » sous la maîtrise d’ouvrage de GRT gaz. Celui-ci parcours plus de 300 kilomètres depuis le nord vers le centre de la France, dont près de 88 kilomètres (266 hectares) en Champagne-Ardenne (département de l’Aube et de la Haute-Marne).
L’emprise de ce tracé a fait l’objet d’une attention archéologique particulière de la part du service régional de l’archéologie, d’abord par la prescription d’un diagnostic archéologique exhaustif sur toute la largeur de la bande concernée, parfois même d’un décapage intégral immédiat des zones soupçonnées être les plus prometteuses.
L’ouvrage traverse en effet la Seine à deux reprises dans des secteurs déjà richement documentés, en particuliers les terrains alluviaux convoités par l’exploitation de granulats, le Nogentais et dans une moindre mesure le Vaudois. Il rencontre aussi des territoires peu soumis à la recherche archéologique, le sud de la Brie, le Pays d’Othe, le Barrois, et plus généralement le plateau crayeux champenois.
Au total près de 45 occupations archéologiques ont été révélées, qui se sont traduites par près de 20 ha de prescriptions (Durost, 2016).

L’emprise de cette fouille présente justement le double intérêt d’être localisée d’une part dans un de ces secteurs de la plaine crayeuse peu sujets aux opérations archéologiques, d’autre part en rase campagne, à l’écart des traditionnels secteurs d’aménagement du territoire.
La commune de Marigny-le-Châtel se trouve en effet en Champagne crayeuse dite aussi Champagne sèche, en rive gauche de la vallée de la Seine. Elle est traversée par un petit affluent de celle-ci, l’Ardusson, qui prend sa source un peu en amont sur le territoire communal de Sainte-Flavy, avant de s’écouler sur près de 27 km jusqu’à sa confluence avec le fleuve à Nogent-sur-Seine. Le tracé de la canalisation de gaz orienté nord-ouest / sud-est, recoupe celui du ruisseau à Saint-Martin de Bossenay, avant de suivre son cours à distance en rive gauche à hauteur du village de Marigny-le-Châtel. À quelques 2 kilomètres du fond de la vallée, il s’agit de l’amorce des reliefs occidentaux, une position topographique assez remarquable.
La présence du cours d’eau induit une anthropisation précoce et pérenne de ce territoire comme le montrent les quelques opérations archéologiques réalisées à proximité.
C’est notamment le cas en rive gauche, par l’implantation d’habitats dès la fin de l’âge du Bronze, au cours de l’âge du Fer et durant la période gallo-romaine (Thomas, Fechner et al., 2008 ; Alcantara et al., 2015), ainsi que celle de nécropoles afférentes pour l’âge du Bronze, l’âge du Fer (présente opération, Filipiak et al., 2018 ; Vistel et al., 2015) et l’Antiquité (Thomas, Fechner et al., 2008).
Cela se vérifie aussi en rive droite de l’Ardusson, avec toujours des occupations funéraires sur la pente pour l’âge du Bronze et l’âge du Fer (Achard-Corompt et al., 2017, Lefebvre et al., 2019 et Daroque, 2020), et probablement de l’habitat protohistorique et antique à proximité des berges (Filipiak et al., 2021).
Ces découvertes viennent confirmer le potentiel archéologique local, esquissé déjà par quelques découvertes anciennes exceptionnelles telles que les phalères discoïdes en Bronze du trésor de Saint-Martin de Bossenay (conservées au musée archéologique de Troyes et au musée des Antiquités Nationales de Saint-Germain-en-Laye), ainsi que par les nombreuses campagnes de prospections aériennes effectuées depuis les années 80 (Denajar, 2005).

Le présent décapage réalisé au lieu-dit « l’Épine Gérard » a été motivé par la découverte lors du diagnostic d’un vaste enclos fossoyé ouvert (18 mètres de diamètre) dépourvu de sépulture, dont les quelques fragments de céramique recueillis dans le comblement du fossé se rapportaient à une unique forme en usage au début du Bronze final sans doute passée au bûcher (Desmarchelier et al., 2013).
Lors de la fouille, un second enclos du même type bien que plus modeste en taille (5 mètres de diamètre) a été mis au jour à proximité du premier, toujours sans aucune tombe dans l’emprise des monuments ou sur les pourtours malgré une fenêtre d’observation étendue de part et d’autre des monuments.
À l’issue de la fouille, les éléments de datation sont malheureusement restés tenus pour asseoir la chronologie des vestiges, soit quelques tessons de céramique pouvant en effet se rapporter à l’étape initiale du Bronze final, en association à de l’industrie lithique à la chronologie peu assurée (grattoir et fragment de lame). Les datations réalisées sur des charbons issus du comblement inférieur des fossés ont livré sans surprise des fourchettes hétérogènes et globalement larges, comprises entre le Bronze ancien et La Tène ancienne pour le plus grand monument, entre le Néolithique ancien et La Tène ancienne pour le plus petit.
L’implantation des structures, relativement bien conservées, semble coïncider avec la présence d’un « petit monticule crayeux » bordé de légères dépressions au sein d’un plus vaste paléovallon colmaté et perpendiculaire au cours actuel de l’Ardusson. Il s’agit d’une probable zone d’écoulement naturelle des eaux de surface vers la vallée. Une érosion différenciée caractérise d’ailleurs les vestiges, signe d’un relief initial partiellement érodé et sans doute nivelé au cours du temps par l’action des travaux agricoles ayant pu emporter les structures funéraires associées, éventuellement des incinérations. Hors emprise, un troisième enclos reconnu par photo aérienne vient compléter cet ensemble, un pôle modeste qui s’inscrit en réalité au sein d’une vaste aire funéraire présente tout autour de Marigny.

En effet, comme énoncé dans le contexte archéologique, deux autres décapages réalisés dans le cadre du gazoduc « Arc de Dierrey » dans ce même secteur ont fait l’objet de rapports distincts. Ils concernaient principalement des vestiges funéraires protohistoriques, en particulier des monuments. Quelques centaines de mètres au nord de « L’Épine Gérard », au lieu-dit « Le Pont de Riom, Chemin de la Pèze », il s’agit de trois enclos fossoyés avec tombes, un circulaire et deux quadrangulaires, de trois enclos palissadés quadrangulaires, dont au moins un avec fosse sépulcrale, ainsi qu’une trentaine de tombes en fosses, inhumations et crémations confondus, sans doute dépourvues de monument, parfois aménagées de blocs de grès, et pour certaines richement dotées de dépôts céramiques et/ou métalliques (Filipiak et al., 2018). La chronologie de cette nécropole, bien déterminée grâce à l’abondant mobilier associé aux tombes, s’étend de l’étape initiale au début de l’étape moyenne du Bronze final. Quelques centaines de mètres au sud de l’emprise, un imposant enclos fossoyé quadrangulaire localisé au lieu-dit « Le Saussoir à Jollier », s’inscrit quant à lui dans la typologie des monuments aristocratiques de la fin du premier âge du Fer (Vistel et al., 2015), malheureusement dépourvu de tombe.
En rive droite de l’Ardusson, la nécropole fouillée en 2017 comportait quant à elle un grand enclos palissadé avec une tombe associée, un ensemble daté du premier âge du Fer, probablement l’étape moyenne du Hallstatt, et un second enclos de forme quadrangulaire, fossoyé, présentant deux états distincts, avec deux tombes associées pour une datation comprise entre La Tène A et La Tène D. Un dernier enclos fossoyé circulaire dépourvu de tombe mis en jour sur la parcelle adjacente lors d’un diagnostic vient compléter l’étendue de cette nécropole vers l’ouest. Une datation de la fin de l’âge du Bronze est ici suggérée de par le mobilier exhumé (Daroque, 2020).

Comme évoqué, la présence d’enclos dans cette vallée secondaire était reconnue depuis les campagnes de prospections aériennes des années 80. Les fouilles réalisées, en particulier celle-ci, ont permis de documenter ces vestiges funéraires en apportant des éléments de réponse concernant la datation, à partir de l’étape initiale du Bronze final puis au cours des âges du Fer, sur le choix de leur implantation, l’amorce des pentes de part et d’autre de la vallée, enfin l’organisation de l’espace, des pôles plus ou moins importants au sein d’une vaste zone concernée. Cette nécropole présente de nombreuses similitudes avec les contextes reconnus de la confluence Seine-Yonne, dans l’architecture des monuments (enclos fossoyés mais aussi palissadés), mais aussi des tombes (aménagement des fosses avec des blocs de grès), ainsi que dans la culture matérielle exhumée (céramique, parures, assemblages caractéristiques). Elles sont, par ailleurs, en lien avec quelques zones d’habitats contemporaines reconnues dans la vallée à proximité.

Les résultats de cette fouille, à la lecture du contexte archéologique local en cours d’enrichissement, s’inscrivent parfaitement dans l’axe 5 de la programmation nationale de la recherche archéologique consacré aux âges des métaux. Malgré l’étroitesse des fenêtres d’observation, n’offrant qu’une vision partielle des vestiges, l’opportunité de ce tracé linéaire a permis de documenter une nécropole très étendue dans le temps et dans l’espace, dans un secteur n’ayant que très peu de chance d’être impacté de nouveau par l’archéologie préventive. Il en ressort néanmoins quelques hypothèses sur l’organisation des espaces funéraires dans ce secteur, la nature et la matérialisation des sépultures, le lien avec les zones d’habitat, un fort potentiel à continuer d’explorer.

Sommaire

I. Données administratives, techniques et scientifiques

II. Résultats

1. État des connaissances avant l’opération

1.1. Les circonstances de l’intervention
1.2. Le contexte géographique et géologique
1.3. Le contexte archéologique

2. Stratégie et méthodes mise en œuvre

2.1. Les objectifs scientifiques de l’opération
2.2. Le déroulement de l’opération
2.3. Les contraintes rencontrées
2.4. La phase d’étude
2.5. Le contenu du rapport

3. Les résultats

3.1. Le terrain naturel encaissant
3.2. Les vestiges archéologiques
3.3. Les contraintes rencontrées
3.4. La phase d’étude
3.5. Le contenu du rapport

4. Conclusion

5. Annexes

5.1. La céramique protohistorique
5.2. Description de l’industrie lithique de l’enclos 1 de Marigny-le-Châtel « L’Épine Gérard », fouille Gazoduc Arc de Dierrey, tranche 2, zone 2
5.3. Le mobilier métallique
5.4. Étude carpologique de prélèvements issus des enclos du site de Marigny‑le-Châtel « L’Épine Gérard »
5.5. Les datations 14C

6. Bibliographie

III. Inventaires techniques

Bibliographie / Ressources

Rapport de fouille

FILIPIAK, Benoit (dir.), PEAKE, Rebecca, DAOULAS, Geneviève, LANGRY-FRANOIS Fabien (2017). Fouille et mise en perspective de deux enclos funéraires fossoyés circulaires protohistoriques dans leur contexte local : Grand Est, Aube, Marigny-le-Châtel, « L’Épine Gérard » (Rapport de fouille, 1 vol.). Metz : Inrap Grand-Est-Nord. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0147728>.

Rapports cités dans l'introduction

FILIPIAK, Benoit (dir.). (2021). Marigny-le-Châtel, Aube, « Rue des Cimetières » (Rapport de diagnostic, 1 vol.). Metz : Inrap Grand-Est. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0163569>.

DAROQUE, Carole (dir.). (2020). Enclos circulaire et extension d’une nécropole protohistorique : Marigny-le-Châtel, Aube, « 1, rue de la Glacière, Grand Est » (Rapport de diagnostic, 1 vol.). Metz :Inrap Grand-Est. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0160255>.

LEFEBVRE, Arnaud (dir.), DUBUIS, Bastien, GONNET, Adrien & LANGRY-FRANCOIS, Fabien. (2019). Trois enclos funéraires de l’âge du Fer sur les rives de l’Ardusson : Marigny-le-Châtel, Aube « Le Bas de La Glacière » (Rapport de fouille, 1 vol.). Metz : Inrap Grand-Est. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0157202>.

FILIPIAK, Benoit (dir.), DAOULAS, Geneviève, GIROS, Romain, LE GOFF, Isabelle et coll. (2018). Marigny-le-Châtel « Chemin de la Pèze, Le Pont de Riom », Une importante nécropole de l’étape initiale du Bronze final, des fosses de piégeage du Néolithique ancien et un habitat de l’époque médiévale (Rapport de fouille, 2 vol.). Metz : Inrap Grand-Est. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0148926>.

CHARD-COROMPT, Nathalie (dir.), MONNIER, Alexandre. (2017). Un ensemble funéraire du premier âge du Fer : Grand Est, Aube, Marigny-le-Châtel, « Le Bas de la Glacière » (Rapport de diagnostic, 1 vol.). Metz : Inrap Grand-Est. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0147735>.

ALCANTARA, Aurélien, MARCO, Zabeo (dir.) et coll. (2015). Marigny-le-Châtel (10), « Le Saussoir à Jollier », occupations protohistoriques et antiques. Bronze final III, Hallsatt C-D, La Tène D2, Antiquité (Ier au IVe s. ap. J.-C.) (Rapport de fouille, 5 vol.). Chaponnay : Archeodunum. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0139081>.

VISTEL, S(dir.), DEBROSSE-DEGOBERTIERE (S.), GIROS (R.), ZIPPER (K.). (2015). Un enclos du Hallstatt final/La Tène ancienne : Marigny-le-Châtel, Aube, « Le Saussoir à Jollier », Gazoduc zone 2 tranche 1 (Rapport de fouille, 1 vol.). Metz : Inrap Grand-Est-Nord. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0139286>.

DESMARCHELIER, Virginie (dir.), CARVALHO DE, Isabelle, DUFAYET, Clélia & GIROS, Romain. (2013). Canalisation de transport de gaz dite « Arc de Dierrey » Marigny-le-Châtel, Saint-Martin de Bossenay, Gélannes (Aube) (Rapport de diagnostic, 1 vol.). Metz : Inrap Grand-Est-Nord. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0129775>.

THOMAS, Y., FECHNER, K., BANDELLI, A., BOULEN, M., DELIGNE, F., DELOR-AHU, A., RICHARD, I., VAN ES, M. & YVINEC, J.-H. (2008). Marigny-le-Châtel (Aube) « Les Marnes », Occupations au Ha D3 / LT A, à La Tène D et au Haut Empire – sols, habitats et nécropole (Rapport final d’opération). Service Régional de l’Archéologie Grand Est, Châlons-en-Champagne.

Publications citées dans l'introduction

DUROST, R. (2016). De la Seine à la Seine, en passant par les plateaux : Résultats archéologiques de l’Arc de Dierrey champardennais. Bulletin de la Société archéologique champenoise, 109 (3), 49-61. Disponible sur <https://halshs.archives-ouvertes.fr/hal-02507874> (consulté le 14 février 2022).

DENAJAR, Laurent. (2005). Carte Archéologique de la Gaule. 10. L’Aube. Paris : Éditions de la Maison des sciences de l'homme.

Citations

FILIPIAK, Benoit (dir.), PEAKE, Rebecca, DAOULAS, Geneviève, LANGRY-FRANÇ​OIS, Fabien, WIETHOLD, Julian (coll.) & DESIDERIO, Anna-Maria (coll.). (2022). Fouille et mise en perspective de deux enclos funéraires fossoyés circulaires protohistoriques dans leur contexte local : Grand Est, Aube, Marigny-le-Châtel, « L’Épine Gérard » : rapport de fouille archéologique 2017 (1 vol.). Paris : Inrap. (Documents d’archéologie préventive ; 24). <https://doi.org/10.34692/29np-ph11>.

Auteur(s) / direction
Auteur(s) / collaborateur
CTRA
Chronique de site
L'Épine Gérard, Le Chemin de Riom à Marigny-le-Châtel (Aube)
Pactols chronologie
Pactols peuple
Département
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Rapport DAP
Droits
Tous droits réservés
Langage
FR
Format
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Type
Text

Riom, Chemin des Vignes (Puy-de-Dôme, Auvergne)

Sous-titre

Rapport de fouille archéologique 2015

Numéro DAP
19
Image d'entête
DAP 19 | Riom « Chemin des Vignes » (Puy-de-Dôme)
date expertise
décembre 2015
date achevement
juillet 2015
Paragraphes

Le projet de construction d’un pavillon résidentiel est à l’origine de cette fouille de 1000 m2, située à quelques dizaines de mètres de la chapelle prieurale de Saint Don à Riom (Puy-de-Dôme). La commune de Riom est une des trois villes médiévales de la Limagne avec Montferrand et Clermont sur la voie Regordane, qui relie le bassin parisien au Languedoc. Au début du Moyen Âge, le site est à mi-distance entre Riom et l’abbaye mérovingienne de Mozac. La fouille a révélé une occupation du haut Moyen Âge (IXe s.), non stratifiée, composée d’un bâtiment d’habitation excavé et d’une petite construction sur poteaux, implantés dans deux parcelles laniérées fossoyées. Le tout est complété par des structures agraires de type fosses et fosses-silos. Si les sols médiévaux ont logiquement disparu sur ce terrain en pente à faible recouvrement sédimentaire, les comblements des structures en creux ont livré du mobilier et des écofacts abondants et dans un bon état de conservation. Ainsi l’étude du bâtiment excavé, comprenant un volet micro-morphologique, permets de proposer une restitution des élévations : les murs bâtis sur le périmètre externe du creusement, sont constitués de solins maçonnés et d’élévation en terre (pisé probable) soutenant la charpente. Un drain souterrain, réutilisant des éléments d’hypocauste de la villa antique voisine, permets d’évacuer les eaux infiltrées. Après un effondrement de tout ou partie des superstructures, le bâtiment connaît une seconde vie avec la reconstruction des murs en terre et une nouvelle charpente à deux pans reposant en partie sur des poteaux axiaux. Le sol est alors surélevé, rendant alors obsolète l’ancien système d’évacuation des eaux. 

Ce modeste habitat rural permet d’aborder les questions des productions agricoles, grace aux restes carbonisés ou minéralisés conservés dans les bâtiments et les structures de stockage. La culture de la vigne est attestée sur le site grace à l’association de pépins et de charbons de vignes, ainsi que celles des céréales et des légumineuses. Une activité artisanale est également identifiée par la présence d’outils en fer en forme de spatules associés à des fiches bélières.

Cette étude s’inscrit naturellement dans l’axe 10 de la programmation du CNRA consacré à l’espace rural, à ses peuplements et à ses productions agricoles. Ces problématiques ont été abordées sur le plan régional par le projet collectif de recherche  sur l’habitat rural auvergnat et bourbonnais. Celui-ci a fait l’objet d’une publication comprenant des synthèses - notamment sur les structures d’habitat  et les productions agricoles - alimentées par des notices monographiques (Charmoillaux & Gaime, 2019).

Concernant le site de Saint-Don, il présentait l’image d’un habitat bien structuré, avec une organisation spatiale cardinalisée. Les études de l’instrumentum, de la céramique et du verre permettaient d’évoquer la vie quotidienne et les activités de ses habitants. Quant au terroir, les études paléoenvironnnementales suggèrent une mosaïque paysagère avec des champs de blé amidonnier, de millet et d’orge qui devaient côtoyer des vignes, des pâturages, des prairies et une chênaie-hêtraie dans les environs.
Le site semblait toutefois déconnecté des deux occupations antérieure et postérieure voisines, à savoir un établissement agricole antique dont les bâtiments en dur se développaient à une centaine de mètres au sud-est de l’emprise (Vernet, 1995) et la chapelle « romane » de Saint Don, vestige d’un prieuré rattaché à l’abbaye Saint-Amable de Riom, à cinquante mètre à l’est.
Depuis cette première intervention, trois diagnostics et deux fouilles supplémentaires ont eu lieu sur les trois parcelles adjacentes de la première intervention, à l’est, au sud et au sud-est, ce qui porte la fenêtre d’étude à 4000 m2. Par ailleurs, le recouvrement sédimentaire de la troisième fouille, localisée en bas de pente, permet d’établir une stratigraphie complexe pour un site en milieu rural.
Les nouvelles interventions ont révélé des occupations de l’antiquité tardive en lien avec la villa voisine, une aire funéraire évoluant vers un cimetière paroissial (étude de V. Gallien dans Gauthier, 2021) contemporaine de l’habitat rural de la première fouille. Des phases d’habitat, avec des bâtiments excavés puis de plain-pied entre les Xe et XIIe s. ont également été mis à jour. Quant à l’ensilage, il perdure jusqu’au début du XIIIe s.

Cette modeste fenêtre d’observation permet de percevoir la genèse et l’évolution spatiale d’un petit habitat groupé des deux premiers Moyen Âge, en bordure de la Grande Limagne auvergnate, avec une variété de structures absentes des sites du corpus publié dans la synthèse régionale. Un projet de monographie du site est logiquement en préparation.

Sommaire

I. Données administratives, techniques et scientifiques

II. Résultats

1. Introduction

1.1. Conditions d’intervention : origine, objectif, déroulement
1.2. Les acquis : état des connaissances et problématiques
1.3. Le cadre géologique

2. L’occupation du haut Moyen Âge : Les structures de
l’habitat rural

2.1. Le fossé F2, un élément structurant majeur
2.2. Le bâtiment 1
2.3. La structure F29 : un second bâtiment ?
2.4. L’aire d’ensilage
2.5. Les autres structures

3. Les mobiliers

3.1. Le mobilier céramique par Alban Hory
3.2. Le mobilier métallique par Christian Cécillon
3.3. Le verre par Laure Simon
3.4. Les monnaies par Christian Cécillon
3.5. Autres artefacts

4. Les études

4.1. Analyse de résidus organiques dans un objet en pierre chauffé par Nicolas Garnier
4.2. Étude pétrographique des matériaux présents sur le site par Gérard Vernet
4.3. La faune par Pierre Caillat
4.4. Étude archéobotanique par Manon Cabanis

5. Les occupations postérieures de la fin de l’époque moderne et de
l’époque contemporaine (périodes 2 et 3)

5.1. Une restructuration au début de l’époque moderne : les fossés F6 et F25 (période 2)
5.2. Les traces d’occupation de la fin de l’époque moderne et de l’époque contemporaine (période 3)

6. Synthèse et discussions générales

6.1. Discussions chronologiques
6.2. Organisation spatiale et caractéristiques de l’occupation médiévale

7. Conclusion

Bibliographie

Table des illustrations

Annexe : glossaire anthracologie/carpologie

III. Inventaires techniques

Bibliographie / Ressources

Rapports de fouille

GAUTHIER, Fabrice (dir.). (2020). Riom, 4, chemin des Vignes (Rapport de fouille). Bron : Inrap Auvergne-Rhône-Alpes.

GAUTHIER, Fabrice (dir.). (2015). Une occupation carolingienne à Saint Don (Riom) (Rapport de fouille). Bron : Inrap Auvergne-Rhône-Alpes.

GAUTHIER, Fabrice (dir.). (2015). Riom (Puy-de-Dôme), Chemin des Vignes (Rapport de fouille, 1 vol.). Bron : Inrap Auvergne-Rhône-Alpes. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0138800>.

Rapports de diagnostic

GAUTHIER, Fabrice (dir.). (2016). Riom (Puy-de-Dôme) : 2 impasse des Roseaux (Rapport de diagnostic, 1 vol.). Bron : Inrap Auvergne-Rhône-Alpes. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0139783>.

GAUTHIER, Fabrice. (2014). Riom (Puy-de-Dôme), 4 Chemin des Vignes (Rapport de diagnostic, 1 vol.). Bron  : Inrap Auvergne-Rhône-Alpes. <https://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0132762>.

Publication

GAUTHIER, Fabrice. (2020). Un corpus inédit : les trois fouilles du village médiéval de Saint-Don à Riom. Archéopages, 47, 112-113.

Rapports cités dans l'introduction

GAUTHIER, Fabrice (dir.). (2021). Riom, 2, Impasse des Roseaux (Rapport de fouille). Bron : Inrap Auvergne-Rhône-Alpes.

VERNET, Gérard (dir.). (1995). Sépultures médiévales et vestiges antiques. Sondages archéologiques dans les parcelles n°640, 767 et 770 au lieu-dit « La Chapelle » à Riom (63) (Rapport d’opération archéologique). Bron : AFAN RAA, SRA Auvergne.

Publication citée dans l'introduction

CHARMOILLAUX, Julie & GAIME, Sébastien (dir.). (2019). Les formes de l’habitat rural au Moyen Âge en Limagne septentrionale et dans la Sologne bourbonnaise. Paris : CNRS Édition, Inrap. 456 p. (Recherches archéologiques ; 17). <https://hal-inrap.archives-ouvertes.fr/hal-02295848>.

Citations

GAUTHIER, Fabrice (dir.), CABANIS, Manon, CAILLAT, Pierre, CÉCILLON, Christian, FOURNAND, Sandrine, FRANC, Odile, GARNIER, Nicolas, GRÉLOIS, Emmanuel, HORRY, Alban, LEFÈVRE, Jean-Claude, SIMON, Laure & VERNET, Gérard. (2021). Riom, Chemin des Vignes (Puy-de-Dôme, Auvergne) : rapport de fouille archéologique 2015. Paris : Inrap. (Documents d'archéologie préventive ; 19). <https://doi.org/10.34692/ascd-bh53>.

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