Sanctuaire et atelier de potier, IIe s. av. J.-C. – IVe s.

Sous-titre

Hérault, Magalas, Les Terrasses de Montfo

Numéro DAP
6
Image d'entête
DAP 6 | Proposition de restitution du site durant la phase 3
Média
DAP 6 | Proposition de restitution du site durant la phase 3
date expertise
avril 2016
date achevement
février 2016
Paragraphes

Aujourd’hui couverte par un lotissement, la parcelle D 253 de la commune de Magalas a été occupée entre la fin du IIe siècle av. n. è. et le milieu du IVe siècle, aux abords immédiats d’un oppidum (VIe-Ier siècle av. n. è.) comptant parmi les plus importants de la zone nord-biterroise. Le site abrite un sanctuaire à partir de la fin du IIe siècle av. n. è. Durant la période augustéenne, jusque dans le courant du IIe siècle, les aménagements n’ont de cesse de faire l’objet de modifications et d’adjonctions architecturales, autant en remaniements du bâti proprement cultuel (péribole, temple, portique) que sur les aménagements profanes installés à son contact à partir du changement d’ère et voués à l’hébergement des pèlerins. Le devenir du sanctuaire nous échappe à partir du IIIe s. Les lieux sont fréquentés jusqu’au milieu du IVe siècle, mais il demeure impossible d’attribuer une date, même approximative, à l’abandon du lieu de culte. Les seuls indices disponibles concernent les deux établissements connexes ainsi qu’un atelier de potier qui vient s’installer à la lisière est du site et fonctionne durant les année 325-350.

Inconnu avant 2016, le sanctuaire des terrasses de Montfo est l’un des plus récemment fouillés en Occitanie et les résultats de sa fouille contribuent depuis 2016 au projet d’atlas Lieux de culte en Gaule du Sud (IIe s. av. J.-C. – Ve s. ap. J.-C.) dirigé par Sandrine Agusta-Boularot (UMR 5140 – LabEx ArcHiMedE). Le site sera intégré à cet atlas en cours de constitution et fera l’objet d’une communication lors du colloque prévu pour 2020 à l’issue de la sortie de l’ouvrage.

Les publications des données de la fouille du sanctuaire répondent aux préconisations du  Conseil national de la recherche archéologique (CNRA) énoncées dans l’axe 6 de la Programmation nationale consacré aux paysages religieux et aux sanctuaires d’époque romaine – notamment le sous-axe privilégiant la romanisation des lieux de culte. En effet, les éléments mis au jour à Magalas permettent de suivre la monumentalisation d’un premier lieu de culte, originellement fossoyé, puis progressivement soumis aux codes de l’architecture italique. L’évolution n’est pas qu’architecturale. Elle se perçoit également dans les gestes cultuels tels qu’en attestent, dans la diachronie, d’importants dépôts d’amphores Dressel 1a liés à des pratiques commensales ainsi que par la présence d’offrandes monétaires et céramiques.

À ce jour, ont fait l’objet d’une publication les mobiliers découverts dans le cadre du fonctionnement cultuel ainsi que les résultats de la fouille de l’atelier de potier tardo-antique. Les deux établissements adossés au péribole du début du 1er siècle de n. è. alimentent par ailleurs la réflexion développée dans un article consacré à l’organisation et à l’évolution des établissements routiers en Languedoc central entre le Ier et le VIe siècle ap. J.-C.

Sommaire

I. Données administratives, techniques et scientifiques

II. Éléments d’introduction

1. Objectifs et méthode

2. Contexte archéologique

2.1. Les routes
2.2. L’oppidum de Montfo

3. Contexte géologique et topographique

III. Résultats

1. Données archéologiques par phase

1.1. Phase 1. Traces d’occupation primitives
1.2. Phase 2. Le premier sanctuaire fossoyé
1.3. Phase 3a : le temple maçonné
1.4. Phase 3b : la « monumentalisation » du sanctuaire
1.5. Phase 3c : développement des investissements sur le flanc est du péribole
1.6. Phase 4. Les indices d’un abandon
1.7. Phase 5. Suite et fin : installation d’un atelier de potiers

2. Argumentaires chronologiques

2.1. Les ensembles de la fin de la République et du Haut-Empire

3. Études spécialisées

3.1. Les objets
3.2. Etude archéozoologique : ostéologie, conchyliologie
3.3. Le mobilier céramique du puits PT4000
3.4. Le puits PT4000 : analyse archéobotanique préliminaire
3.5. Les monnaies des Terrasses-de-Montfo
3.6. Problématiques et potentiels géoarchéologiques

4. Développements thématiques

4.1. Le sanctuaire tardo-républicain : question d’arguments
4.2. A propos des mobiliers céramiques associés au premier sanctuaire
4.3. Le puits PT5000
 4.4. Le bâtiment BAT3b et les activités potières précoces
4.5. Le temple des Terrasses de Montfo : essai de restitution
4.6. Le temple de Montfo dans son contexte régional
4.7. La cour, le temple, et le grand portique nord: questions de topographie
4.8. Le Groupe de Bâtiments Nord : quelle fonction ?
4.9. Le Groupe de Bâtiments Sud : quelle fonction ?

5. Conclusion

Bibliographie générale

Inventaire des figures

IV. Inventaires technique

Ressources

Publications

POMARÈDES, Hervé, THERNOT, Robert, BERGERET, Agnès & GINOUVEZ, Olivier (coll.). (à paraître). Organisation et évolution des établissements routiers en Languedoc central (Ier-VIe s. ap. J.-C.). Revue archéologique de Narbonnaise (suppl. 49).

FAVENNEC, Benoît. (2019). L’atelier de potiers des Terrasses de Montfo à Magals (deuxième quart du IVe s. ap. J.-C.). Dans M. Denti, M. Villette (dir.)​, Archéologie des espaces artisanaux. Fouiller et comprendre les gestes des potiers : actes du colloque international de Rennes, 27-28 nov. 2014. Lattes : ADAL.

GINOUVEZ, Olivier & RAUX, Stéphanie. (2019). Les Terrasses de Montfo à Magalas (Hérault). Dans Bertrand, Isabelle, Monteil, Martial & Raux, Stéphanie (dir.), Mobiliers et sanctuaires dans les provinces romaines occidentales (fin du Ier s. av. - Ve s. ap. J.-C.). La place des productions manufacturées dans les espaces sacrés et dans les pratiques religieuses : actes des Rencontres internationales Instrumentum, Le Mans, 3-5 juin 2015, Musée d'Histoire et d'Archéologie Carré Plantagenêt. Drémil-Lafage : Éditions Mergoil.

GINOUVEZ, Olivier. (2014). Les remplissages de deux puits d’un temple à Magalas. Archéopages, 40, 165-166. <https://doi.org/10.4000/archeopages.654>.

Citations

GINOUVEZ, Olivier (dir.), RASCALOU, Pierre (dir.), RAUX, Stéphanie (dir.), FAVENNEC, Benoit, HENRY, Éric et coll. (2019). Sanctuaire et atelier de potier, IIe s. av. J.-C. – IVe s. (Hérault, Magalas, Les Terrasses de Montfo) : rapport de fouille archéologique 2016. Paris : Inrap. (Documents d’archéologie préventive ; 6). <https://doi.org/10.34692/b8ey-kq37>.

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Rapport DAP
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Occupation de l'âge du Bronze ancien, ensemble funéraire protohistorique, occupation agricole antique

Sous-titre

Languedoc-Roussillon, Gard, Ligne Grande Vitesse, Contournement de Nîmes-Montpellier, Saint-Gervasy, Aubrespin, secteur 25

Numéro DAP
2
Image d'entête
DAP 2 | Vue de quelques fosses de plantation modernes.
Média
DAP 2 | Vue de quelques fosses de plantation modernes.
date expertise
avril 2016
date achevement
mai 2015
Paragraphes

La fouille réalisée sur la commune de Saint-Gervasy, lieu-dit Aubrespin, fait partie d’un ensemble important d’opérations généré par la construction de la Ligne à Grande Vitesse entre Nîmes et Montpellier. Malgré la modestie du décapage (un peu moins d’un hectare), les découvertes archéologiques ont le mérite de documenter un secteur peu investi par l’archéologie. Plusieurs phases chronologiques ont été reconnues et toutes témoignent d’occupation peu étendues et de courte durée. À proximité du cours du Vistre et à distance de tout habitat groupé, ces occupations s’apparentent principalement à des établissements ruraux, à l’exception de la Protohistoire, qui se matérialise par cinq enclos circulaires dont la vocation funéraire a pu être interrogée.

L’occupation de l’âge du Bronze ancien/moyen, par exemple, du fait de la rareté des découvertes, doit faire l’objet d’un article avec d’autres découvertes réalisées récemment (Bouchet, 2016). Elle se présente sous la forme de quelques structures en creux dont un silo et des fosses, un foyer démantelé et des traces ténues de sols archéologiques largement détruits par les travaux agricoles antiques et modernes. En l’état, il est difficile de se faire une idée précise de la nature de cette occupation. Le faible nombre de structures n’a pas permis une collecte importante de mobiliers ni d’écofacts susceptibles de documenter la consommation et la production agricole. L’étroitesse du décapage interdit également de mesurer l’extension de l’occupation, toutefois, les vestiges semblent être concentrés à l’est de la route départementale D3 qui pourrait être sur un axe ancien. Il semble aujourd’hui probant de penser que la nature de ces sites accentue la difficulté de les repérer en diagnostic. Durant cette phase chronologique, on est peut-être en présence d’une forme d’éclatement des groupes humains en petites entités familiales qui occupent les plaines fertiles aux abords du Vistre. La multiplication de leurs découvertes et de leurs fouilles constitue un véritable enjeu pour l’analyse et la compréhension de ce phénomène qui paraît affecter le Languedoc. Ainsi, avec toutes les réserves nécessaires compte tenu de l’indigence du corpus, la série Saint-Gervasy/Aubrespin pourrait se situer à la charnière entre le Bronze ancien et le Bronze moyen, soit entre 1850-1600 av. J.-C.

La phase d’occupation suivante se met en place plus de mille ans après. Soit une série de cinq enclos circulaires qui présentent de nombreuses caractéristiques communes. Ils sont installés de part et d’autre de la route départementale et forme une certaine concentration. Le fort niveau d’arasement lié aux travaux agricoles n’a pas favorisé la conservation des sépultures que l’on attend le plus souvent au centre de ces enclos. Ce constat qui avait déjà été réalisé à l’occasion du diagnostic a conduit le service régional de l’Archéologie d’en prescrire la fouille selon un protocole particulier. Dans l’emprise des enclos, il s’agissait de maintenir des plots témoins pour traiter par tamisage la séquence sédimentaire dans son entier afin de retrouver d’éventuels témoins de ces tombes. Durant cette phase ancienne de l’âge du Fer, les pratiques de l’inhumation et de l’incinération cohabitent et de nombreux exemples mieux conservés dans les secteurs géographiques de garrigues languedociennes montrent que les dépôts pouvaient être installés à même le sol sans creusement préalable. La mise en place de ce protocole n’a pu se faire que sur deux enclos et ce pour des surfaces réduites tant les matériaux à traiter au tamisage représentaient un cubage important. Malgré cela les résultats sont à la hauteur des moyens consentis puisqu’il a été découvert divers vestiges permettant d’établir que des os incinérés et du mobilier métallique ont été déposés au sein de l’enclos. Dans les fossés des enclos (ENC 18231), des dépôts de mobilier céramique renseigne les pratiques d’offrande aux abords de la tombe sur une structure tumulaire en terre ou directement dans le fossé. Ces ensembles céramiques peu nombreux ont tout de même permis d’apporter des arguments chronologiques permettant de fixer les ensevelissements dans la seconde moitié du VIIe siècle av. J.-C. Durant cette phase, nous ne connaissons pas la place de l’habitat, en revanche, la route départementale peut avoir succédé à un chemin ancien reliant les garrigues au nord et les lagunes et la mer vers le sud. Ce type de chemin semble témoigner des modes d’occupation des sols de la fin de l’âge du Bronze et plusieurs exemples similaires ont été mis en évidence au sud de Nîmes (Séjalon & Ratsimba, 2018 ; Séjalon, à paraître). Les prélèvements malacologiques du fossé d’enclos le mieux conservé ont livré un assemblage similaire à ceux analysés pour le Bronze ancien. Il témoigne probablement d’une exploitation du milieu comme zone de pâturage, dans un paysage ouvert de prairie.

La dernière phase d’occupation est caractérisée par la présence d’un établissement agricole antique de petite taille et d’une portion de paysage agraire. Autour d’un bâtiment établi en bordure de la route départementale, il a pu être mis en évidence un réseau de fossés entourant plusieurs réseaux de fosses de plantation, sans doute de vigne. La mise en place de cet établissement, dont l’extension peut être perçue avec les résultats du diagnostic, se situe à partir du Ier siècle av. J.-C. et va se développer durant le Haut Empire (Ier-IIe siècle apr. J.-C.). Il semble que ce soient les parcelles plantées en vigne qui marquent le début des activités agricoles. Les parcelles sont organisées selon une orientation nord-sud et semblent fonctionner en relation avec un chemin dont l’origine a déjà été évoquée. Par la suite, plusieurs bâtiments sont construits mais un seul a pu être fouillé dans l’emprise du décapage. Il est construit avec des matériaux provenant de constructions antérieures, probablement un aménagement de surface s’apparentant à une calade. Plusieurs phases d’utilisation du bâtiment ont été enregistrées et les hypothèses concernant sa vocation sont multiples. La nature des vestiges et leur conservation, associées à des analyses de phytolithes suggèrent que la fosse creusée au sein du bâti aurait pu servir de fosse de rouissage. Son remplissage de galets pourrait intervenir dans un second temps et répondre au besoin de disposer d’une plateforme solide supportant une maie de pressoir. Enfin, dans un troisième temps, la surface de galets creusée d’une rigole, l’espace aurait servi d’étable. Cette évolution des fonctions du bâtiment n’est pas contredite par la lecture que l’on peut faire de l’évolution des parcellaires qui suggère un abandon des plantations de vigne peut être au profit de cultures céréalières. Les analyses malacologiques réalisées sur la séquence sédimentaire proche du bâtiment et dans les comblements des fossés témoignent de mutation du paysage où les espaces de prairie humide reculent au bénéfice des espaces de pelouses sèches. Cette étape environnementale est marquée par une anthropisation du milieu plus forte que durant la Protohistoire. Un pastoralisme intensif ou une mise en culture des parcelles en sont les causes probables.

L’ensemble de ces résultats participent à plusieurs projets de publication en fonction de la chronologie et de la nature des vestiges. Marie Bouchet va notamment reprendre les ensembles de l’âge du Bronze pour les associer avec d’autres découvertes récentes. Les enclos circulaires sont intégrés à un projet de publication intégrant tous les monuments funéraires mis au jour ces dernières années en Languedoc oriental.

Sommaire

I. Données administratives, techniques et scientifiques

II. Résultats

1. Protocoles et méthodes

1.1. Le décapage archéologique et le levé topographique
1.2. La fouille des enclos
1.3. L’enregistrement des données

2. Approches paléo-environnementales

2.1. La séquence sédimentaire témoin
2.2. Étude malacologique
2.3. La place du Vistre dans les paysages anciens

3. L’occupation du Bronze ancien

3.1. Options méthodologiques
3.2. Présentation des structures
3.3. Étude du matériel archéologique et chronologie de l’occupation
3.4. Discussion : une implantation humaine tournée vers l’agriculture ?

4. L’occupation funéraire du premier âge du Fer

4.1. Présentation générale des enclos
4.2. Chronologie et vocation des enclos circulaires
4.3. Conclusion

5. L’occupation agraire antique

5.1. Une construction quadrangulaire
5.2. Les abords de l’édifice
5.3. Le mobilier céramique d’époque romaine
5.4. Rapport d’analyses de phytolithes
5.5. Quelle interprétation pour ces vestiges ?
5.6. Matérialisation des espaces et plantations viticoles
5.7. Conclusion sur l’occupation antique

6. Une pépinière de l’époque moderne

7. Conclusion générale

Bibliographie

Liste des illustrations

Index des US, Faits et Ensembles

III. Inventaires techniques

Ressources

Rapport de diagnostic

BOUCHET, Marie (dir.), CHEVILLOT, Pascale, COLONGE, David, MOURRE, Vincent, BONNAUD, Serge, GUERRE, Jocelyne & ​PELLÉ, Richard. (2016). La Lone et Doulouzargues : tranche 1, la Lone : Occitanie, Gard, Codognan (rapport de diagnostic). Nîmes : Inrap MED, 269 p. <http://dolia.inrap.fr/flora/ark:/64298/0145410>.

Publications

SÉJALON, Pierre & RATSIMBA, Antoine (2018). Aménagements et entretiens des voies durant la Protohistoire en Languedoc. Dans A. Villard (dir.), Architectures de l’âge du Fer en Europe occidentale et centrale : actes du colloque AFEAF, Rennes, 4-7 mai 2016 (p. 539-558). Rennes : Presses Universitaires de Rennes.

SÉJALON, Pierre. (à paraître). Essai de hiérarchisation des axes de circulation durant la Protohistoire en Languedoc. Dans Collectif, Voies, réseaux, paysages en Gaule : actes du colloque en hommage à Jean-Luc Fiches, 14-17 juin 2016, Pont-du-Gard.

 
Citations

SÉJALON, Pierre (dir.), GAILLARD, Cyril (dir.), BARBERAN, Sébastien, BEL, Valérie,  BERNARD, Marie, BOUCHET, Marie ... VERDIN, Pascal et coll. (2019). Occupation de l'âge du Bronze ancien, ensemble funéraire protohistorique, occupation agricole antique (Languedoc-Roussillon, Gard, Ligne Grande Vitesse, Contournement de Nîmes-Montpellier, Saint-Gervasy, Aubrespin, secteur 25) : rapport de fouille archéologique 2015. Paris : Inrap. (Documents d’archéologie préventive ; 2). <https://doi.org/10.34692/6fzt-vh18>.

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