La fouille archéologique préventive conduite actuellement place Benoît-Crépu à Lyon par une équipe de l'Inrap vient d'aborder les niveaux les plus anciens de l'occupation de ce secteur de la rive droite de la Saône. La découverte de trois épaves antiques (Ier-IIe siècles après J.- C.) ces derniers jours confirme l'importance des informations que les archéologues recueillent avant la construction du parc de stationnement.

Dernière modification
04 mars 2016

Il s'agit d'embarcations à fond plat, composées d'éléments en bois assemblés par cloutage. Elles se différencient des bateaux possédant un élément axial longitudinal (la quille) ou des structures flottantes obtenues par évidage du tronc (pirogues monoxyles). Cette forme de bateau est parfaitement adaptée pour évoluer sur les eaux intérieures grâce à son faible tirant d'eau. Par leurs dimensions imposantes, elles pourraient avoir transporté des cargaisons importantes.

Trois embarcations presque bi-millénaire

La première épave dégagée est conservée sur une longueur de 15,40 m et sur une largeur de 3 m. Le fond plat et sa membrure sont en chêne. Un bordé est conservé sur une hauteur de 1 m. La deuxième épave a été sectionnée par la paroi moulée du parking. Seul le fond plat garni de ses membrures est conservé sur une longueur de 11,30 m et une largeur de 2,50 m. La troisième embarcation, la plus au nord, est la mieux préservée. Sa longueur est de 15 m et sa largeur atteint 4 m. Les deux bordés ont une hauteur de 1,20 m.

Un modèle de bateau repris au cours des siècles

La simplicité de ce mode de construction en fait une forme architecturale dont la ligne générale n'évoluera plus guère fondamentalement. Seules des variations techniques différencieront les époques de construction. Ici, le calfatage est fait de tissu, sur l'épave du XVIIIe siècle, découverte sur le même site en avril 2003, il est fait de mousse.
L'absence totale de traces écrites et la rareté des représentations iconographiques font de ces nouveaux témoins archéologiques une source documentaire exceptionnelle sur la connaissance de l'architecture fluviale à l'époque antique et plus précisément gallo-romaine. L'étroite collaboration initiée avec la découverte du bateau moderne au printemps entre archéologues, spécialistes des études environnementales (étude et datation des bois, étude des sédiments, etc. ) et spécialistes de la batellerie va être renforcée.
Rappelons qu'une autre épave gallo-romaine a été découverte lors d'une fouille d'archéologie préventive en 1989, place Tolozan à Lyon. Elle est actuellement conservée au laboratoire Arc Nucléar de Grenoble à qui les épaves du Parc Saint-Georges sont confiées pour traitement de conservation et de restauration.
Archéologue responsable d'opération : Grégoire Ayala (Inrap)
Contrôle scientifique : Direction régionale des Affaires culturelles, service régional de l'Archéologie.
Aménageur : Lyon Parc Auto.
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