À Faux-Fresnay, dans la Marne, une équipe d’archéologues de l’Inrap a découvert des vestiges de deux villages de l’âge du Bronze et de l’âge du Fer qui témoignent d’une importante activité agricole. Des silos où reposent des restes d’animaux interrogent sur des rituels qui auraient impliqué le cheptel. Cette fouille est réalisée en amont de l’aménagement d’un poste électrique par RTE.

Dernière modification
12 mars 2019

Au Néolithique, un environnement forestier riche en gibiers

Des fosses de chasse datant du Néolithique – entre 5000 et 2000 avant notre ère – ont été mises au jour par les archéologues. Certaines contiennent des animaux complets : un auroch, ancêtre du bœuf aujourd’hui disparu, ainsi qu’un sanglier et un cerf. Les squelettes quasi complets de ces animaux vont permettre de préciser leur apparence dans ces périodes anciennes : stature, morphologie… La fouille a révélé un paysage très différent de celui d’aujourd’hui avec une couverture forestière très dense à la période néolithique où le gibier pullulait.

Deux habitats de l’âge du Bronze

Les archéologues ont retrouvé les traces de deux villages de l’âge du Bronze, entre 1100 et 900 avant notre ère. Le premier, qui s’étale sur environ deux hectares, compte plusieurs grandes fosses et des fours à pierres chauffantes. Le second, également de deux hectares, comprend environ 25 bâtiments dont les archéologues ont retrouvé les trous des poteaux porteurs. Ces habitats sont structurés. Les maisons sont construites selon une même orientation et suivent des alignements. Des zones de circulations ont été identifiées. Les deux zones d’habitat ne sont probablement pas contemporaines mais décalées d’une ou deux générations, une pratique courante à l’âge du Bronze, l’espace disponible le permettant aisément. À proximité de ces habitats et en lien avec eux, un monument funéraire, un tumulus de 20 mètres de diamètre, a été mis au jour. Il était cerné d’une palissade en bois. Les archéologues ont trouvé les traces de deux incinérations en périphérie qui feront l’objet d’examens en laboratoire.

Silos, sépultures et rituels à la période gauloise

Le site comporte une vingtaine de silos organisés en batterie et datant de 450 à 350 avant notre ère (âge du Fer). De toutes dimensions, ils servaient au stockage des céréales et indiquent une communauté agricole importante. Plusieurs de ces silos ont été réemployés en tant que sépultures, une pratique déjà observée pour la période gauloise. Trois individus ont d’ores et déjà été retrouvés. Deux autres occupent le même silo : un individu complet déposé ventre contre terre et, entre ses jambes, la tête d’une seconde personne (mais sans le restant du corps). Ces dépôts intentionnels feront l’objet d’une étude ultérieure.
Pratique moins fréquente, des animaux domestiques ont également bénéficié d’une inhumation en silo : un chien et un poulain qui souffrait d’une infection importante sur la jambe. Un troisième silo contient des restes de plusieurs animaux brûlés, principalement bœufs et moutons. Les circonstances de ce dépôt sont plus difficiles à appréhender, mais concernent un épisode de la vie du site impliquant des animaux du cheptel qui aura son intérêt dans l’étude. En marge de ces découvertes, deux sépultures isolées, dont une datant du Moyen Âge (VIIe-VIIIe siècles), ont été prélevées par les archéologues.

Aménagement :  RTE
Prescription et contrôle scientifique :  Service régional de l’Archéologie, Drac Grand Est
Recherche archéologique :  Inrap
Responsable scientifique :  Vincent Riquier, Inrap