Conférences
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Mis à jour le
26 juillet 2018
Colloque
Archéologie : Imagerie numérique et 3D

Ce troisième séminaire scientifique et technique s’est tenu à Rennes, au Campus universitaire de Beaulieu, les 26 et 27 juin 20178. Il a été organisé par l'Inrap (Sylvie Eusèbe, Téophane Nicolas), et l’UMR IRISA/Inria (Valérie Gouranton, Ronan Gaugne).

Les technologies d’imagerie médicale sont régulièrement testées par les archéo-anthropologues en charge de fouiller des structures liées à la crémation. Cet intérêt découle probablement d’un changement de perception des dépôts cinéraires (urne, amas d’os ou de résidus de combustion …), engagé dans les années 80, bien avant la démocratisation de l’imagerie médicale.

intervenante

  •  Isabelle Le Goff, Inrap, UMR 7206 Éco-Anthropologie et Ethnobiologie

Un autre regard s’est alors posé sur les dépôts cinéraires les percevant comme un « micro » site archéologique. Ce nouveau statut engendre des protocoles de fouille et d’enregistrement, notamment la mise en place d’un démontage raisonné de leur contenu par segmentation en une série de passes. Se dévoile finalement de quelle manière les composantes matérielles impliquées dans les funérailles sont mises en relation. Autrement dit, le dépôt cinéraire peut être regardé comme le résultat d’un processus complexe de transformation du cadavre en une entité physique et symbolique autour de laquelle se construisent les funérailles. 
Le travail de décryptage de ce processus repose sur la capacité d’acquisition de données élémentaires au cours de la fouille et de l’étude (l’identification des composantes, leur caractérisation, la détection et l’enregistrement de plans de fouille significatifs en terme de gestes funéraires, la restitution de la forme externe du dépôt...). Les dépôts cinéraires, souvent prélevés avant d’être fouillés en différé, offrent des conditions propices à l’entrée de ces contextes archéologiques dans les centres d’imageries. Par un accès non destructif à leur structure interne, la motivation invoquée touche au gain de temps, à l’efficience espérée grâce à la visualisation d’un contenu inaccessible ou encore à la prédictibilité du déroulé de la fouille. Toutefois et la plupart du temps, cette utilisation reste limitée à une simple visualisation et porte généralement sur des pièces exceptionnelles, ou à des opportunités de mises à disposition de ces technologies. Dans le cadre du projet ANR « Introspection du Mobilier Archéologique à l'ère du Numérique », nous avons testé les possibilités offertes par ces technologies d’imagerie médicale (en particulier la tomodensitométrie) et l’exploitation des données obtenues au travers de technologies issues des dernières recherches en 3D, telles que l’impression 3D ou la réalité virtuelle.
À cette fin, plusieurs dépôts osseux issus du site antique de Matouges (Marne), des nécropoles de l’âge du Bronze de Cesson et de Bussy-St-Georges (Ile-de-France) ont fait l’objet d’une acquisition par rayons X. Il est prévu ensuite un traitement 3D et des développements en réalité virtuelle. 
Cette intervention propose de restituer ces expériences d’acquisition et de traitements de données, en mettant l’accent à la fois sur les possibilités qu’offrent ces technologies d’élargir le regard posé sur les crémations, d’enrichir les protocoles existants grâce aux interactions avec les données numériques 3D, et d’optimiser la collaboration au sein des équipes de fouille en charge, notamment, d’ensembles funéraires importants.

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Une poignée. © J.-J. Bigot, Inrap

Contact :

isabelle.le-goff [at] inrap.fr

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