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Découverte de tombes aristocratiques mérovingiennes à Saint-Dizier (Haute-Marne)

Publié le 2 septembre 2009 · Mis à jour le 10 décembre 2010
code opération : 200769401
Trois sépultures aristocratiques franques (fin du Ve - début du VIe siècle après J.-C.) ont été découvertes il y a quelques jours à Saint-Dizier (Haute-Marne), à l'occasion de l'aménagement par la DDE d'une aire de service de la déviation sud de la RN4.
Deux hommes, l'un d'âge mûr, l'autre jeune, et une adolescente ont été inhumés avec un mobilier d'une rare richesse, témoin de leur haut rang au sein de la société mérovingienne. Chaque individu repose dans un cercueil de bois à renfort métallique et est entouré de dépôts funéraires. Les deux hommes ont à leur côté une hache, une épée, un scramasaxe. Dans leur chambre funéraire, sont présents un bouclier, deux récipients en bronze et un en verre. Le jeune homme a une lance et un angon, mais aussi des éléments de harnachement à mettre en relation avec la tombe d'un cheval découverte à proximité.
La jeune femme porte un collier de perles d'ambre, une bague d'or à chaton de pierre ou de verre rouge, un bracelet de bronze ou d'argent. Une cinquantaine de perles d'ambre, de bronze, d'or, de pâte de verre et de cristal de roche étaient probablement cousues sur un vêtement retenu par deux paires de fibules, l'une cloisonnée, l'autre digitée en argent. À ses côtés, se trouvent un couteau en fer, un récipient de terre cuite, un bassin en bronze, deux en verre et une monnaie d'argent.
Aujourd'hui, les sépultures de Saint-Dizier s'inscrivent dans un ensemble plus vaste de découvertes. De telles « tombes de chefs » ont été reconnues à Charleville-Mézières (Ardennes), Lavoye (Meuse), Chaouilley (Meurthe-et-Moselle). Toutes pourraient correspondre à la première expansion franque par Clovis dans cette région après la bataille dite de Soissons, en 486, contre Syagrius, représentant de l'autorité romaine en Gaule. Ces quelques tombes d'époque précoce en seraient les témoins archéologiques.

Archéologue responsable d’opération

Marie-Cécile Truc (Inrap Grand-Est)

Contrôle scientifique

Robert Neiss (SRA/DRAC de Champagne-Ardenne)

Aménageur

DDE de Haute-Marne

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  • Une des tombes masculines
    Une des tombes masculines
    L. de Cargoüet/Inrap
  • Une des tombes masculines
    Une des tombes masculines
    L. de Cargoüet/Inrap
  • Relevé des ossements et des objets de la chambre funéraire d'une des tombes masculines
    Relevé des ossements et des objets de la chambre funéraire d'une des tombes masculines
    L. de Cargoüet/Inrap
  • Ces fermoirs d'aumônière ont été retrouvés dans le dos des défunts. Ils ont un décor cloisonné de grenats et de verre figurant des têtes de chevaux. Ces objets servaient à fermer une sacoche en cuir portée par les hommes dans leur dos. L'une contenait une paire de forces, une pince à épiler en bronze et un fermoir d'aumônière en fer usagé, l'autre renfermait un petit couteau.
    Ces fermoirs d'aumônière ont été retrouvés dans le dos des défunts. Ils ont un décor cloisonné de grenats et de verre figurant des têtes de chevaux. Ces objets servaient à fermer une sacoche en cuir portée par les hommes dans leur dos. L'une contenait une paire de forces, une pince à épiler en bronze et un fermoir d'aumônière en fer usagé, l'autre renfermait un petit couteau.
    L. de Cargoüet/Inrap
  • Cette bague en or, à chaton plat non décoré et aux épaules ornées d'une filigrane d'or, a été retrouvée à l'emplacement de la main droite du défunt.
    Cette bague en or, à chaton plat non décoré et aux épaules ornées d'une filigrane d'or, a été retrouvée à l'emplacement de la main droite du défunt.
    L. de Cargoüet/Inrap
  • Cette boucle de ceinture en cristal de roche et à ardillon en argent se trouvait en avant à droite de l'abdomen du défunt. Elle était accompagnée de trois rivets scutiformes permettant la fixation du cuir de la ceinture.
    Cette boucle de ceinture en cristal de roche et à ardillon en argent se trouvait en avant à droite de l'abdomen du défunt. Elle était accompagnée de trois rivets scutiformes permettant la fixation du cuir de la ceinture.
    L. de Cargoüet/Inrap
  • Les deux fibules retrouvées au cou de la défunte ne comportent que des différences mineures dans leur décor. Toutes deux sont constituées d'une boîtier métallique et présentent un décor cloisonné de grenats. Leur pourtour extérieur s'orne en outre d'une damasquinure de cuivre.
    Les deux fibules retrouvées au cou de la défunte ne comportent que des différences mineures dans leur décor. Toutes deux sont constituées d'une boîtier métallique et présentent un décor cloisonné de grenats. Leur pourtour extérieur s'orne en outre d'une damasquinure de cuivre.
    L. de Cargoüet/Inrap
  • Deux fibules ansées asymétriques ont été retrouvées à hauteur de la taille de la défunte. Elles sont en argent et leur tête est prolongée de cinq digitations, chacune incrustée d'un grenat semi-circulaire. Le pied est également terminé par l'incrustation d'un grenat rectangulaire.
    Deux fibules ansées asymétriques ont été retrouvées à hauteur de la taille de la défunte. Elles sont en argent et leur tête est prolongée de cinq digitations, chacune incrustée d'un grenat semi-circulaire. Le pied est également terminé par l'incrustation d'un grenat rectangulaire.
    L. de Cargoüet/Inrap
  • Les deux umbos provenant des tombes masculines sont identiques : il consistent en une calotte conique en fer surmontée d'un bouton terminal et fixée à l'origine à la partie en bois du bouclier par des gros clous en fer. Les deux boucliers avaient été disposés debout, en appui contre la paroi droite du cercueil.
    Les deux umbos provenant des tombes masculines sont identiques : il consistent en une calotte conique en fer surmontée d'un bouton terminal et fixée à l'origine à la partie en bois du bouclier par des gros clous en fer. Les deux boucliers avaient été disposés debout, en appui contre la paroi droite du cercueil.
    L. de Cargoüet/Inrap
  • Les deux haches retrouvées sont identiques. Il s'agit de haches dites profilées, des armes de jet assimilables au francisques connues par la littérature. Les traces de bois dans les douilles montrent que les manches étaient en frêne, essence classiquement utilisée pour les armes de jets. Elles ont été posées debout, tranchant vers la terre, contre la paroi droite des cercueils.
    Les deux haches retrouvées sont identiques. Il s'agit de haches dites profilées, des armes de jet assimilables au francisques connues par la littérature. Les traces de bois dans les douilles montrent que les manches étaient en frêne, essence classiquement utilisée pour les armes de jets. Elles ont été posées debout, tranchant vers la terre, contre la paroi droite des cercueils.
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  • Chacune des deux épées avaient été placées contre l'épaule droite des défunts. Longues de 90 cm environ, elles étaient conservées dans leur fourreau en bois d'aulne. Leur pommeau, de forme pyramidale, est en argent doré et comporte des petits clous en or. Les bouterolles et les gouttières de suspensions sont en argent avec un décor de triangles niellés.
    Chacune des deux épées avaient été placées contre l'épaule droite des défunts. Longues de 90 cm environ, elles étaient conservées dans leur fourreau en bois d'aulne. Leur pommeau, de forme pyramidale, est en argent doré et comporte des petits clous en or. Les bouterolles et les gouttières de suspensions sont en argent avec un décor de triangles niellés.
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  • La face supérieure de ce pommeau d'épée présente un décor zoomorphe constitué de trois chefs d'oiseau gravés et disposés en triangle.
    La face supérieure de ce pommeau d'épée présente un décor zoomorphe constitué de trois chefs d'oiseau gravés et disposés en triangle.
    L. de Cargoüet/Inrap
  • La face inférieure de ce pommeau d'épée est gravée d'une inscription runique. Il s'agit de la première inscription runique mérovingienne provenant d'une sépulture masculine en France (étude Svante Fischer).
    La face inférieure de ce pommeau d'épée est gravée d'une inscription runique. Il s'agit de la première inscription runique mérovingienne provenant d'une sépulture masculine en France (étude Svante Fischer).
    L. de Cargoüet/Inrap
  • Le tiers supérieur de ce fourreau d'épée est orné de deux appliques cylindriques, l'une en ivoire, l'autre en pierre surmontée d'un motif en or enroulé. Appelés aussi perles (Schwertperlen), ces appliques seraient issues d'une tradition orientale progressivement arrivée vers 500 en Europe centrale et en Angleterre sous la poussée hunnique. Les auteurs s'accordent à leur conférer un rôle prophylactique.
    Le tiers supérieur de ce fourreau d'épée est orné de deux appliques cylindriques, l'une en ivoire, l'autre en pierre surmontée d'un motif en or enroulé. Appelés aussi perles (Schwertperlen), ces appliques seraient issues d'une tradition orientale progressivement arrivée vers 500 en Europe centrale et en Angleterre sous la poussée hunnique. Les auteurs s'accordent à leur conférer un rôle prophylactique.
    L. de Cargoüet/Inrap
  • Ce mors de cheval, incomplet, est en fer damasquiné d'argent. Il se trouvait sur le plancher de la chambre funéraire et peut-être sa présence est-elle à mettre en relation avec la tombe de cheval toute proche.
    Ce mors de cheval, incomplet, est en fer damasquiné d'argent. Il se trouvait sur le plancher de la chambre funéraire et peut-être sa présence est-elle à mettre en relation avec la tombe de cheval toute proche.
    L. de Cargoüet/Inrap
  • Principales verreries retrouvées dans les trois tombes.
    Principales verreries retrouvées dans les trois tombes.
    L. de Cargoüet/Inrap
  • Ce bassin en bronze, à rebord orné de perles obtenues au repoussé, a été déposé en position retournée sur le cercueil de la jeune fille, à hauteur des pieds.
    Ce bassin en bronze, à rebord orné de perles obtenues au repoussé, a été déposé en position retournée sur le cercueil de la jeune fille, à hauteur des pieds.
    L. de Cargoüet/Inrap
  • Ce bassin en bronze avait été posé en position retournée sur le plancher de la chambre funéraire, à côté du seau.
    Ce bassin en bronze avait été posé en position retournée sur le plancher de la chambre funéraire, à côté du seau.
    L. de Cargoüet/Inrap
  • Ce seau a été retrouvé sur le plancher d'une des chambres funéraires masculines, aux côtés du bassin. Il est composé d'une armature en bronze ornée d'ocelles et soulignée dans sa partie inférieure par vingt-et-une appliques triangulaires estampées d'un masque humain. Ce type de seau trouve des parallèles en Allemagne et est l'apanage des tombes riches.
    Ce seau a été retrouvé sur le plancher d'une des chambres funéraires masculines, aux côtés du bassin. Il est composé d'une armature en bronze ornée d'ocelles et soulignée dans sa partie inférieure par vingt-et-une appliques triangulaires estampées d'un masque humain. Ce type de seau trouve des parallèles en Allemagne et est l'apanage des tombes riches.
    L. de Cargoüet/Inrap
  • Ce chaudron en bronze est d'un type fréquemment retrouvé en Scandinavie orientale et très rarement en France. Il avait été posé sur le cercueil d'un des défunt, à côté du bassin. Sa fouille en laboratoire à révélé qu'au fond se trouvaient une coupe en verre posée sur une écuelle en bois d'érable.
    Ce chaudron en bronze est d'un type fréquemment retrouvé en Scandinavie orientale et très rarement en France. Il avait été posé sur le cercueil d'un des défunt, à côté du bassin. Sa fouille en laboratoire à révélé qu'au fond se trouvaient une coupe en verre posée sur une écuelle en bois d'érable.
    L. de Cargoüet/Inrap